‹ Mémoires historiques de la Duchesse de BerriChapitre 7 sur 24 · LA NAISSANCE DU DUC DE DOTIDF. AUX · texte numérisé non relu

LA NAISSANCE DU DUC DE DOTIDF. AUX

O joie! ô triomphe 1 ô mystère!

Il est né l’enfant glorieux ,

L’ange que promit à la terre Un martyr partant pour les cieux !

L'avenir voilé se révéle :

Salut à la flamme nouvelle Qui ranime l’ancien flambeau !

Honneur à U première aurore ,

O jeune lis qui viens d’éclore ,

Tendre fleur qui sors d’un tombeau.

C'est Dieu qui Va donné, le Dieu de ia lumière !

La cloche, balancée autour du sanctuaire Comme aux jours du repos , y rappelle nos pas.

C’est Dieu qui Va donné , le Dieu de la victoire!

f)4 MÉMOIRES DE S. A. R.

spirituelle et abondante parole. (Tétait là aussi qu’on voyait M. de Lacretelle émouvoir par ses improvisations pleines de larmes et toutes chaudes d’un ardent

Chez les vieux martyrs de la gloire ,

Les canons ont tonné comme aux jours des combats. Ce bruit si cher à ton oreille ,

Joint aux voix des temples bénis ,

N’a-t-il donc rien qui te réveille ,

O toi qui dors à Saint-Denis ?

Lève-toi ! Henri doit te plaire Au sein du berceau populaire ;

Accours , A père triomphant !

Enivre sa lèvre trompée ,

Et viens voir si ta grande épée Pèse aux mains du royal enfant.

Honneur au rejeton qui deviendra la tige!

Henri , nouveau Joas , sauvé par un prodige ,

A l’ombre de l'autel croîtra vainqueur du sort ; tin jour, de ses vertus notre France embellie A ses sœurs , comme Cornèlle ,

Dira : Voilà mon fils ! c’est mon plus beau trésor.

MADAME, DUCHESSE DE BERR1. g5

royalisme, un brillant auditoire accouru pour l’entendre.

Madame n’eut point à former une maison a sou fils. Le 14 février son al-

O toi de ma pitic profonde Reçois l’hommage solennel , *

Humble objet des regards du monde , Privé du regard paternel ,

Puisses-tu , né dans la souffrance ,

Et de ta mère et de la France Consoler la longue douleur I Que le bras divin t’environne ,

Et puisse : A Bourbon , la couronne Pour toi ne pas être un malheur !

Oui , souris , orphelin , aux larmes de ta mère ! Écarte , en te jouant , ce crêpe funéraire Qui voila ton berceau des couleurs du cercueil j Chasse le noir passé qui nous attriste encore ; Sois à nos yeux comme une aurore ,

Rends le jour et la joie à notre ciel en deuil.

Ivre d’espoir, ton roi lui-méme.

Consacrant le jour où tu nais.

tesse royale monsieur avait promis à tous les officiers de la maison de monseigneur le duc de Berri, que, si madame la duchesse de Berri accouchait d’un

T'impose , avant le saint baptême ,

Le baptême du Béarnais.

La veuve t’offre à l’orpheline ;

Ver* toi conduit par l'héroïne ,

Ton aïeul vient en cheveux blanc* ;

F.t la foule bruyante et Hère Se presse à ce Louvre où naguère,

Muette, elle entrait à pas lents.

Guerriers, peuple , chantez ; Bordeaux , lève la tête ,

Cité qui , la première aux jours de la conquête Rendue aux fleurs de lis, as proclamé ta foi !

Et toi que le martyr aux combats eût guidée ,

Sors de ta douleur, » Vendée!

Un roi naît pour la France, un soldat naît pour toi.

Rattachez la nef à 1a rive :

La veuve reste parmi nous ,

Et de sa patrie adoptive

Le riel lui semble enfin plus doux.

prince, ils reprendraient leurs fonctions dans sa maison. Le 29 septembre, son altesse royale les fit entrer dans son cabinet et leur dit : « Mes amis, je tous an- » nonce avec plaisir que vous êtes au

L'espoir à la France i’enchaine :

Aux champs où fut frappé le chêne Dieu fait croître un frêle roseau.

L'amour retient l'humble colombe.

Il faut prier sur une tombe ,

Il faut veiller sur un berceau.

Nous , ne craignons plus les tempêtes ; Bravons l'horizon menaçant :

Les forfaits qui chargeaient nos têtes Sont rachetés par l’innocent.

Quand les nochers dans la tourmente Jadis voyaient l'onde écumante Entr’ouvrir lenr frêle vaisseau ,

Sûrs de la clémence éternelle ,

Pour sauver la nef criminelle ,

Ils y suspendaient un berceau.

Virrroa IIçco.

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