‹ Mémoires historiquesChapitre 5 sur 22 · FORMATION TEUK1TOUI.VU · texte numérisé non relu

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priété moitié politique, moitié domaniale, n’étaient point indivisibles comme un gouvernement, ni divisés par portions égales comme un domaine. Ils étaient régis dans leur transmission par une loi qui leur était parfaitement accommodée, car elle accordait les deux tiers du fief et le manoir seigneurial a l’aîné, et formait de l’autre tiers le partage des cadets. Transportée jusqu’à un certain point a la couronne, qui n’était d’abord qu’un grand fief, celte loi de succession avait donné naissance aux apanages, qui étaient fort médiocres dans l’origine. Mais, l’hoirie royale étant très-riche a cette époque, les apanages devinrent fort considérables. Louis VIII donna par son testament les comtés d’Artois, d’Anjou et de Poitiers, nouvellement acquis, a ses trois fils Robert, Charles et Alphonse, et il laissa à Louis IX, son aîné, la couronne et le reste de ses domaines.

La monarchie, étant encore féodale, ne pouvait pas enfreindre la législation des fiefs, et, n’ayant point trouvé encore une forme d'administration qui lui lut propre, elle n’avait pas d’autre moyen de gouverner la plupart des pays acquis qu’en leur donnant des dynasties tirées de son sein. Ces dynasties, en remplaçant les anciennes dynasties nationales dans les provinces, y transportaient la noblesse, la langue et les mœurs de la France centrale. Leurs liens de parenté avec la dynastie mère, et la subordination plus exacte qu’elles observaient envers elle, devaient rattacher peu a peu les pays qui

leur étaient dévolus à la France, appelée à les posséder en cas d’extinction des familles apanagées. Saisies en outre de l’ambition commune à la race dont elles sortaient, ces familles cherchèrent a s’étendre, et, en général, leur agrandissement prolita par réversion a la couronne. Le comte de Poitiers devint en même temps comte d’Auvergne et de Toulouse. Le comte d’Anjou acquit le comté de Provence enépousant Béatrix, qui en était héritière, et il lit rentrer ainsi la famille royale dans la vallée du Rhône, d’où elle était exclue depuis quatre cents ans. Il partit ensuite des côtes de la Provence pour conquérir le royaume de Naples.

L’établissement des dynasties capétiennes dans les provinces y fut le premier acte de la conquête monarchique, et servit puissamment à rapprocher entre elles les diverses populations de la France. A la fin du règne de saint Louis, la famille royale possédait directement le duché de France, le Vermandois, le Valois, la Normandie, la Touraine, le Maine, le Berry, le comté de Mâcon, le Languedoc oriental, et indirectement la Bourgogne, la Bretagne, le Boulonnais, l’Artois, le Poitou, l’Auvergne, le comté de Toulouse, l’Anjou, la Provence, le Nivernois, le Bourbonnais, par huit dynasties qui tiraient d’elle leur origine. Comme uii arbre puissant, elle couvrait déjà de ses branches presque toute la surface du territoire.

Louis IX, qui avait consolidé cette monarchie nouvelle par ses victoires et par ses transactions,

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