CHAPITRE VI
WESTERN -AUSTRALIÀ OU COLONIE DE SWÂN-RIYËR
{Australie occidentale).
\ . Dans le cours de Tamiée 1 696, le navigateur hollandais Guillaume Ulaming, après avoir découvert Tîle de Botte-Nest^ vint le premier visiter les côtes occidentales de l'Australie, à l'endroit même où est aujourd'hui la colos nie dont nous parlons. Après lui, en 1 792, l'amiral d'Entrecausteaux les explora, peut-être avec l'intention d'en assurer la possession à la France. Mais celle-ci, alors en proie aux désastres de ses divisions intestines, ne put qu'oublier de faire valoir ses droits sur ces terres ; tant qu'enfin les Anglais profitant de cette négligence y expédièrent, en 1828, le capitaine Jacques Sterling : celui-ci, en conséquence du rapport qu'il présenta, sur le résultat de sa mission, n'eut pas de peine à obtenir de son gouvernement les moyens nécessaires pour y fonder une colonie. Ce qui s'effectua dans le lieu appelé âSw^i-jRxVer^ le l^juinde l'année suivante, 1829.
2. Mais comme les colons débarquèrent sur cette plage au cœur de l'hiver, l'intensité du froid, jointe aux privations qui accompagnent toujours l'origine de ces sortes d'établissements, fit perdre courage à un grand nombre : ils se prétendirent trompés , quoiqu'ils eussent été seulement dupes de leur imagination qui n'avait rêvé que plaisirs et trésors cueillis à profusion et sans aucune peine. Aussi
tournèrent-ils le dos à la colonie naissante, ei la décriant comme insalubre, stérile et sans utilité, ils allèrent se réfugier les uns à Sydney, les autres dans la terre de Van-Diémen, ou au cap de Bonne-Espérance. On accueillit très-bien les transfuges dans ces diverses colonies, qui naturellement voyaient de mauvais œil la fondation d'une colonie rivale dans une position aussi avantageuse; et on fit toute sorte d'efforts pour propager et grossir démesurément les rumeurs malignes qui couraient sur son compte. Nonobstant ces contre-temps fâcheux, l'énergique gouverneur Sterling, ferme dans sa résolution, et secondé par les hommes courageux restés avec lui, se mit en mesure de construire les cabanes nécessaires, de préparer le terrain, et d'en recueillir les premières récoltes. Comme néanmoins ils attendaient avec anxiété l'arrivée de nouveaux colons, lui et ses gens s'aperçurent bientôt que non-seulement le public, mais le gouvernement lui-même les avait oubliés, par suite des nouvelles défavorables répandues à dessein de tous côtés par les colons fugitifs.
3. L'année 1832 touchait à sa fin, quand Sterling, à la prière des colons, repartit pour l'Europe, dans le but de représenter de vive voix l'état déplorable de l'établissement à l'office colonial de Londres : là, par ses réclamations, il obtint qu'on donnât des ordres opportuns pour l'avenir. Après avoir traité avec des commerçants pour l'envoi régulier des objets nécessaires à la colonie, Jacques Sterling (1834) franchissait de nouveau les mers et arrivait, à Swan-River, où il était si ardemment désiré, si impatiemment attendu. La nouvelle ardeur qu'il sut faire passer dans le cœur des colons par sa présence, suffit pour obtenir les plus grands résultats, et compenser par l'énergie de la volonté l'insuffisance des bras et des ressources.