‹ Mémoires historiques sur l'AustralieChapitre 14 sur 79 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

1 . Dix-huit ans après que Cook, au nom de la Grande- Bretagne, avait pris possession de la côte orientale de l'Australie (1770), le Commodore Phillipy fonda la première colonie et la première ville , qui est aujourd'hui Sydney, dont j'ai sufiîsamment parlé dans la première partie de cet écrit. La colonie et la ville arrivèrent en peu de temps au plus haut point de prospérité commerciale et agricole, grâce tant à l'activité de ses gouverneurs qu'au caractère entreprenant des Européens qui s'y étaient fixés. Mais à mesure que la population croissait, que les intérêts matériels prospéraient, cette société, composée presque totalement d'individus dont un grand nombre avaient été frappés par la justice de leur pays natal , se précipitait de jour en jour dans la plus honteuse immoralité. Les délits se multipliaient; et pour y opposer une digue, ce n'était plus assez ni des châtiments les plus sévères, ni des peines les plus atroces La religion n'était invoquée ni comme consolation, nicomme frein imposé aux passions de l'homme ; il semblait que le Tout-Puissant permît la prolongation d'un semblable état de choses pendant bien des années, pour montrer évidem-

ment et faire toucher au doigt l'inutilité et rinefficacité absolue des moyens humains dans l'œuvre de la réforme intérieure de l'homme, si ces moyens ne s'inspirent pas et n'émanent pas de la religion.

Les pasteurs anglicans, les méthodistes , les presbytériens et consorts n'eurent ni l'énergie, ni la philanthropie suffisantes pour opposer une digue à un pareil débordement de maux : au sacerdoce catholique était réservée cette périlleuse entreprise. Et de fait, ce fut lui qui, lorsque le mal semblait plus incurable, le vice plus obstiné, se porta à rencontre, plein de foi et de constance, préchant dans les rues, dans les demeures des habitants, sur les degrés deséghses, et proclamant la charité envers Dieu et envers le prochain .

2. La céleste Providence en effet permit ou plutôt prépara, en 1805 , la condamnation de deux prêtres catholiques, qui furent envoyés en exil dans la colonie de Sydney, par sentence des tribunaux anglais. Animés de ce zèle religieux qui les avait fait bannir du sol de la patrie , de ce zèle et de cette charité que notre divin Maître laissa en héritage à ses humbles serviteurs , ils se mirent courageusement à l'œuvre , qui était l'œuvre du Seigneur lui-même. Ces prêtres ayant été rappelés de l'exil trois ans après , les pauvres catholiques de Sydney et de la colonie demeurèrent dans l'état de celui qui passe de l'éblouissante splendeur de l'éclair à la profonde obscurité des nuits. Telle était effectivement leur triste situation, lorsque, en 1 81 7, se transporta dans ces contrées le digne prêtre irlandais Flynn ; mais celui-ci fut contraint par l'intolérance protestante de repartir peu après , sous le prétexte qu'il n'avait pas obtenu du gouvernement l'autorisation de s'y fixer. Ainsi donc , avant d'abandonner cette plage et ses frères bien-aimés, Flynn célébra la sainte messe dans la maison d'an catholique où les fidèles avaient coutume de se réunir ;

et pour leur consolation, il leur laissa la sainte Eucharistie. Par suite de l'éloignement de ce bon prêtre , le gouvernement anglais reçut de vives réclamations de la part des catholiques de la Nouvelle-Galles du Sud, et pour y faire droit détermina à y envoyer, à ses propres frais, deux respectables prêtres, MM. Connelly et Thierry (1820). Je n'aurai pas à expliquer par quelle merveille, arrivés en Australie, ils trouvèrent non^^seulement intactes , mais intégralement conservées les saintes espèces laissées par Flynn deux années auparavant. I-e catholique Davis, propriétaire de la maison , la céda aux fidèles j pour y bâtir à la place une église sous Tinvocation de Saint-Patrice.

3. Les protestants voyaient de mauvais œil, comme il est naturel de penser, l'accroissement journalier du nombre des catholiques ; aussi obtinrent-ils que le gouvernement colonial portât certains règlements qui devaient susciter de graves obstacles à la propagation du catholicisme. D'après ces règlements les prêtres catholiques ne pouvaient célébrer le saint sacrifice que les dimanches, le jour de Noël et le vendredi saint, et cela dans un lieu déterminé, avec obligation d'en donner connaissance au magistrat trois jours à l'avance. L'office divin devait coïncider pour l'heure avec le service des ministres protestants, et il était fait défense de recevoir ou d'instruire aucun protestant dans l'église catholique. Vains efforts! les catholiques croissaient en nombre et en ferveur.

Le prêtre Connelly partit pour l'île de Van-Diémen , et Thierry demeura seul pendant quelques années, jusqu'à ce qu'il reçut pour renfort les missionnaires Dowling etEneroc.

4. Mais le Très-Haut, qui, dans les secrets impénétrables de sa sagesse et de sa bonté, avait décrété que ce seraient les fils du grand patriarche saint Benoit qui cultiveraient sa nouvelle vigne , disposa les choses pour qu'ea 1 832 y fût

envoyé dans ces contrées, en qualité de Vicaire-général, rinfatigable Bénédictin le R. P. Guillaume, Beraard Ullathorne. Et en vérité, dans les circonstances où se trouvait alors la colonie , il ne pouvait y avoir rien de plus opportun que l'arrivée de ce zélé missionnaire. Sous sa prudente direction les esprits se calmèrent : le clergé sentit se ranimer son zèle, et on obtint de la population les plus heureux résultats, grâce à son infatigable activité; en sorte que peu d'années après son arrivée à la colonie , il y avait déjà trois églises en construction , dix écoles bien dirigées, et la voie était ouverte à une plus vaste extension de secours religieux au milieu d'un peuple qui les sollicitait avec ardeur. Jusqu'à la postérité la plus reculée le nom du missionnaire Ullathorne sera en vénération auprès des catholiques de la Nouvelle-Galles du Sud.

5, Au milieu de tous ces succès, le Vicaire-général, aussi bien que les trois prêtres ses collaborateurs, sentaient Textrême besoin d'un Vicaire Apostolique dans ces contrées lointaines , lequel pourrait mieux, avec la plénitude de ses pouvoirs spirituels, seconder Télan de leur zèle, conduire à sa perfection l'œuvre commencée, et rendre de plus grands services à notre sainte religion en même temps qu'à leurs compatriotes. Ce fut donc soixante-quatre ans après l'arrivée de Cook dans ce pays, et quarante-six ans après la fondation de la colonie, que le gouvernement spirituel de la vaste Australie fut confié par le saint pontife Grégoire XVI , au docte Bénédictin anglais Jean , Bède Polding , qui fut , en 1 834 , sacré évêque d'Hiéro-Césarée et vicaire apostolique du continent de la cinquième partie du monde ; tout comme en d'autres temps et en des circonstances analogues, Alexandre VI envoya avec une égale dignité le Bénédictin espagnol BuiL en Amérique. Il n'y a certes rien d'étonoant que

le soin de civiliser des mondes nouveaux soit confié aux Bénédictins , à eux qui ont été les éducateurs du vieux inonde, dès ses premiers pas dans la civilisation. Cet hommage , au dire d'un écrivain moderne , était bien dû à la famille de saint Benoît et de saint Grégoire le Grand , de saint Augustin, apôtre d'Angleterre ; du bienheureux Nicolas, apôtre de la Norwége; du martyr saint Chilian, apôtre de la Franconie; de saint Evald, apôtre de la Westphalie et martyr ; de saint Lambert , évêque , apôtre du Brabant et martyr ; de saint Boniface , évêque , apôtre de presque toute la Germanie , de la Frise , et martyr ; enfin à cette innombrable famille de Bénédictins (a), dont le zèle ardent pour la gloire de Dieu , la charité envers le prochain , et la parole inspirée ont changé la face de l'Europe dans les jours les plus lugubres de son histoire. 6 . Dès que Mgr Polding fut sacré, il partit pour l'Australie où il arriva en 1835, et fixa son séjour à Sidney, capitale de la Nouvelle-Galles du Sud. Ce ne fut pas un médiocre avantage pour la religion qu'à cette époque la colonie eût

(a) Saint E-nEnifR, évêque, ap6tre de la Suéde et de VEIsingie, martyr ; saint WiBERT y apôtre de la Souabe et des Frisons, martyr; saint Abbon» abbé, apôtre de la Gascogne, martyr ; saint Adalbert, évêque , apôtre de la Bohême, de la Hongrie et de la Pologne, martyr; saint Benoit, évêque, apôtre de la Pologne, martyr; saint Boniface, évêque, apôtre des Huns, des Slaves et des Russes, martyr ; saint Gérard , évêque, apôtre des Hongrois, martyr; saint Adalbert , évêque, apôtre des Russes; saint Brunon, apôtre des Prussiens et des Lithuaniens, martyr ; saint Chilian^ évêque, apôtre de TArtois ; saint Vittibrord, évêque, apôtre lui aussi de la Frise ; saint Amand, évêque, apôtre du Brabant , de la Flandre , des Slaves et des Gascons; saint WiLFRiD, évêque, apôtre de Hollande; saint Ludger, évêque, apôtre des Saxons et des Frisons orientaux ; saint Swibert, évêque, apôtre des Frisons, des Hollandais et des Saxons; saint Asgaire, évêque, célèbre apôtre des Suédois, des Goths, des Danois, et des régions du nord; saint Othon, évêque, apôtre de la Poméranie; saint Vicbur, apôtre des Vandales et des Slaves; saint Libcin , évêque de TOver-Yssel ; saint Wmoir, évêque, apôtre des Goths septentrionaux, etc.

pour gouverneur un Irlandais également impartial et humain, sir Richard Bourke: c'était un esprit supérieur et complètement dégagé des préventions , qui trop souvent sont cause que môme les protestants éclairés voient avec défiance le bien opéré par l'enseignement catholique; il était d'ailleurs plein de commisération pour l'état de dépravation morale où se trouvait la colonie. Aussi reçut-il l'Évêque avec les plus respectueux égards , et en outre il se montra disposé à coopérer avec lui à l'amélioration des mœurs générales. Ce gouverneur avait remarqué que le clergé protestant retenait à titre de concession un septième des terres de toute la colonie ; et que de plus , préoccupé uniquement de ses propres intérêts , il avait perçu , dans les sept dernières années, l'énorme somme de 110,549 livres sterling , sans donner la moindre attention à la réforme des mœurs , au sein de cette population dépravée ; il s'appliqua dès lors , avec une infatigable énergie, à trouver un remède à dételles dilapidations. Enfin il obtint du secrétaire d'Etat britannique l'annullation de la concession sus-mentionnée, et l'égalité de subvention pour chacune des communions chrétiennes. Par suite, le conseil colonial eut à déterminer par un acte les subventions destinées au clergé catholique , au clergé anglican et au clergé presbytérien.

Par cet acte il fut réglé :

1 ** Que toutes des fois que , par les cotisations privées ^ on aura réuni la somme de 300 livres sterling et plus , applicables à la construction d'une église , le gouvernement pourra , sur le trésor colonial , donner une égale somme ^ qui , dans aucun cas , ne devra excéder un total de mille livres.

2® Que toutes les fois qu'on pourra prouver qu'à une raisonnable distance de l'église réside une population de deux cents habitants, l'ecclésiastique qui en aura soin, re-

ÎS MISSIONS CATHOLIÛOES.

cevra un traitement annuel de 1 50 livres ; que si la population est de 500 personnes , Tallocation annuelle s'élèvera à 200 livres. Ceci est le maximum des allocations qu'un ecclésiastique puisse recevoir.

3* L'acte porte que le nombre des fabriciens {trustées) ne sera ni moindre de trois , ni supérieur à cinq , et qu'à eux sera confiée l'église.

Les avantages que l'Eglise catholique recueillît de cet acte sont incalculables. Cette mesure mit fin à l'espèce d'intolérance privilégiée que les protestants exerçaient depuis longtemps.

7. Un des premiers soins de Mgr Polding, à peine arrivé, fiit d'aviser aux moyens d'arrêter le torrent d'une dépravation obstinée. Il était seulement affligé du petit nombre de ses prêtres et de la grande étendue du territoire sur lequel étaient çà et là répandus la plupart de ceux auxquels il devait ses soins. Nonobstant cette difficulté, la charité et le zèle suppléant au nombre, il divisa la colonie en cinq grands districts, dans chacun desquels il envoya un prêtre.

La simplicité des premiers siècles de l'Eglise parut renaître, vu la promptitude avec laquelle tous les fidèles obéissaient aux admonitions de ces ministres de Jésus- Christ; et ceux-ci eurent l'indicible satisfaction d'être les témoins oculaires d'un visible changement dans la conduite et dans les mœurs de leur troupeau. Or, non-seulement les prêtres , mais les fonctionnaires publics , reconnurent une amélioration réelle, en ce que la tranquillité publique cessa d'être troublée dans la colonie et qu'il y eut diminution notable dans le chiffre des délits. II est de fait qu'un changement moral dans un tiers de la population coloniale {tel était alors le nombre des catholiques) , ne pouvait s'effectuer sans réagir aussi salutairement sur le reste de la population.

Les attentats punis de mort et les autres crimes ou délits diminuèrent graduellement chaque année, en sorte que sien 1835, vingt-deux crimes méritèrent le dernier supplice , le chiffre fiit de douze l'année suivante, de sept en 4837, et ainsi progressivement.

8. Comme je l'ai dit ailleurs, la colonie de la Nouvelle- Galles du Sud étant le lieu de déportation choisi par le gouvernement anglais , chaque vaisseau dirigé sur Sidney pour ces sortes de transport amenait chaque fois deux ou trois cents convicts^ en sorte que de 1 835 à 1 841 , ils atteignaient le chiffre élevé de 1 8,000. Et pourtant , en présence de tels hôtes, Mgr l'Evêque et ses prêtres ne perdirent pas courage.

Voyant néanmoins que la moisson était considérable et les ouvriers rares, il envoya en Europe son digne Vicairegénéral le P. UUalhome, pour en obtenir un plus grand nombre.

En ce temps-là vinrent s'adjoindre à l'administration spirituelle de la colonie, les deux prêtres Goold et Brady , et six mois après le P. Murphy avec cinq autres prêtres et deux étudiants. Sur la fin de 1839 , le Vicaire général fut de retour avec de nouveaux prêtres et des étudiants , et peu après arrivèrent les religieuses de la Mercy.

9. La joie du bon Evêque fut à son comble quand il vit ainsi comblés les vœux de son cœur par ce renfort de coopérateurs pleins de zèle. H divisa donc son diocèse en dix districts , dans chacun desquels il envoya un nombre de prêtres proportionné à l'importance de la population , et les religieuses de la Mercy furent établies près de la ville de Paramatta, afin de desservir le vaste établissement où avaient été reléguées plus de 1200 femmes.

La religion catholique , grâce aux soins infatigables de prêtres si zélés, refleurit et se propagea d'une manière tout à fait consolante ; et l'état moral de cette société s'achemina

80 MISSIONS GATHLIQUES.

vers un changement admirable. Le gouverneur sir Bourke, en se démettant du commandement , ne manqua pas de rendre officiellement témoignage aux efforts persévérants du clergé catholique, pour ramener vers les bonnes mœurs une population dépravée , et de constater ainsi les avantages qui en résultaient pour la société en général.

En 1 840, Mgr TEvêque avait déjà dix-neuf prêtres, neuf égUses terminées et six en construction , beaucoup de chapelles ou oratoires , un séminaire dirigé par six prêtres , renfermant vingt pensionnaires et beaucoup d'externes ; trente-une écoles et le couvent des religieuses de la Mercy. Il y eut 23,000 communionset 3,130 confirmations.

10. L'accroissement du nombre des catholiques, Texcessive distance entre les divers points du diocèse, la fondation de nouvelles colonies, rendaient difficile , sinon impossible à Mgr Polding, Tadministration d'un aussi vaste diocèse ; en conséquence, vers la fin de Tannée 1 840 , il s'embarqua pour Rome afin d'exposer au Saint-Siège les besoins de son Vicariat Apostolique. Le Souverain Pontife se prêta aux désirs du bon prélat, et pour le plus grand bien de la religion divisa la juridiction du Vicariat Apostolique en plusieurs sièges épiscopaux ; il érigea le siège de Sydney en métropole, et créa ainsi Mgr Polding Archevêque.

Pendant que ceci se passait en Europe , les catholiques de Swan-River , qui depuis la fondation de cette colonie (1829) étaient privés d'église, d'autel et de prêtre, s'adressèrent à l'évêquc de Sydney, qu'ils supposaient par erreur être Mgr Ullathome, demandant un. ministre de Dieu pour leur conférer les sacrements, célébrer les divins mystères, les sanctifier à leur entrée dans le monde, et recueillir au nom du Rédempteur leur dernier soupir. C'est dans ce but qu'un bon catholique lui adressa la lettre suivante, que je donne traduite de l'anglais.

tt Australie occidentale-

» Perth, iS décembre 1841.

» Très-Révérend Père,

» Je supplie votre Grandeur de fixer votre attention sur les faits suivants. Dans notre ville et dans les villes voisines se trouvent des ministres protestants qui étalent à plaisir leur dignité et aussi leur arrogance ; à Perth il y en a deux, à Fremantle et à Guildford, un. Ainsi chaque ville peut se flatter de la présence d'un ou deux de ces messieurs qui se donnent quelque peine pour convertir les sauvages, et un peu plus pour faire apostasier les catholiques. Il est difficile ici à un bon catholique de conserver sa foi , et quelques-uns déjà sont tombés dans les pièges tendus par les protestants ; mais ils rentreront, j'en suis sûr, dans le sein de l'Eglise, si une occasion favorable se présente à eux... Pour nous tous catholiques, notre plus grande , ou plutôt notre unique joie , sera de pouvoir bâtir une église et entretenir convenablement un ministre de la vraie religion.

» En attendant, très-Révérend Père, que vous preniez en considération la situation de nos contrées, et que vous ayez la bonté de pourvoir au salut de nos âmes , » Je suis, etc.

» Robert d'ACRY,

>» au très- révérend évéque UUathorne, Sydney, v

11. Mgr l'archevêque Polding ayant terminé en Europe les affaires qui Py avaient amené, repartit pour l'Australie en novembre 1 842. 11 y arriva Tannée suivante , et à peine eut-il connaissance de la lettre ci-dessus, que mû par sa charité et son zèle ordinaire, il s'occupa des moyens de

satisfaire aux vœux de cette population. Il choisit en con-

61 MlfttlONâ GATHOLlQtlBB.

séquence trois missionnaires, savoir : le prêtre J. Brady, qu'il appela du district de Windsor et qu'il éleva le l**" septembre 1 843 à la dignité de Vicaire général , le prêtre hollandais J. Joostens et un étudiant irlandais, P. O'Reilly, et il les envoya dans ce même mois de septembre à la colonie de Swan-River. Telle fut la première origine de la mission dont je vais faire Thistoire.

12. Ils arrivèrent dans la baie de Fremantle (sur la côte occidentale), le 24 novembre de la même année. Les paroles ne sauraient exprimer la joie que leur présence causa aux catholiques. Et, en effet, c'est par quatorze années de privation absolue des consolations religieuses qu'ils avaient été préparés à recevoir les missionnaires comme des anges envoyés de Dieu.

De Fremantle où ils avaient pris terre, M. Brady et ses deux compagnons se rendirent à Perth. Là, le Vicaire général s'étant présenté devant le gouverneur de la colonie, le chevalier Hutt, il le pria de lui accorder un peu de terrain pour la construction d'une église, et le gouverneur non-seulement le lui accorda dans l'enceinte de la capitale, mais encore dans quelques autres villes de la colonie, lui faisant de plus la promesse de contribuer à cette construction par des subventions pécuniaires dès que la situation des fonds publics le lui permettrait.

13. Pendant la construction de l'église, M. Brady partit de la capitale vers l'Est de la colonie, dans le but de visiter ainsi les catholiques, de mieux s'assurer de leur nombre et de réveiller leur ferveur i)Our les devoirs religieux. Dans le mois de janvier de l'année suivante , 1 844 , il parcourut dans le même but les localités situées au sud de la capitale. Après ces saintes visites le zélé missionnaire crut nécessaire de se transporter en Europe, pour faire connaître au Saint-Siège les grands besoins de cette population catho»

MtSSION;^ CATHOLIQUES. 8S

lique, laquelle, éloignée de Sydney de plus de 3000 milles ^ et n'ayant ainsi que de bien difficiles communications avec cette métropole, ne pouvait pas être secourue en propor* tien de ses besoins spirituels. Ainsi, au bout de quatre« vingt-quatre jours de résidence dans la colonie il y laissa ses deux collaborateurs, et le 1 4 février 1 844, il partit pour Batavia, de là pour Rome, où il arriva en novembre cette même année.

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