CHAPITRE VU
Vers la fin du mois d'octobre, après avoir été vingtneuf jours sans pain , nous reçûmes quatorze livres de farine dues à la générosité toute chrétienne de Tlrlandaise Hélène, domestique du capitaine ScuUy . Les sauvages connaissant notre besoin lui en avaient donné avis, et ce furent eux qui nous firent l'agréable surprise de nous apporter la farine jusqu'à notre cabane. Nous rendîmes grâces à Dieu, qui avait voulu nous secourir ainsi dans notre extrême indigence. Peu de temps après nous reçûmes quarante autres livres de farine qui nous furent envoyées de Perth. Mais comme elle renfermait beaucoup de son , nous avions beaucoup de peine à en faire du pain . Aussi prîmesnous le parti de remployer bouillie et d'en faire une espèce de colle semblable, quoique peut-être moins bonne, à celle qu'emploient les cordonniers, mais qui, dans les circonstances où nous nous trouvions, valait pour nous de l'ambroisie. Nous n'étions pas seulement mal partagés pour le vivre, mais aussi pour le vestiaire. Nos habits monastiques n'étaient plus reconnaissables et tombaient de toute part en lambeaux. Nous avions rapetassé nos hauts-de-chausse avec des peaux de kanguroos abandonnées par les sauvages comme inutiles, et, à défaut de boutons, nous les fixions autour du corps avec des boyaux de ces mêmes animaux, ou bien avec quelques bouts de corde. Ayant beaucoup souffert et ne pouvant plus marcher sans souliers, parce que
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plusieurs fois nos pieds s'étaient entamés jusqu'au vif, nous nous fabricâmes des souliers en bois avec l'empeigne de peau de kanguroo. Nos chapeaux à trois cornes avaient complètement perdu la forme que leur donna le fabricant. Somme toute , et ceci soit dit pour rendre hommage à la vérité, notre extérieur n'avait en ces jours-là rien de très-avantageux. Quant au vêtement de dessous, je me souviens avoir passé une fois trois mois, et une autre fois six, avec la même chemise; et pour sûr, si elle n'eût pas été de laine, elle n'aurait pu résister ni à la sueur, ni à Teau.
Cependant, malgré toutes ces privations, notre santé ne s'altéra nullement ; au contraire , par la divine miséricorde, elle ne fit que s'améliorer et se fortifier.
2. Quoique dès ce temps-là les sauvages eussent mis en nous la plus grande confiance, néanmoins pour ce qui touche à leurs croyances mystérieuses , ils gardaient le secret le plus profond. Ëfiectivement lorsque sur ces matières nous nous adressions aux jeunes gens , tous, eussent-ils plus de trente ans, nous disaient qu'ils étaient trop jeunes pour satisfaire à de semblables demandes, et nous renvoyaient aux vieillards. Ceux-ci ou ne nous répondaient que par des boufiTonneries, ou même faisaient semblant de ne pas nous comprendre. Aussi pour arriver à notre but dûmesnous employer des détours, et voici en quelle manière. Lorsque les sauvages dans leurs courses sont attentifs à leur chasse, ils observent un profond silence, parce que leur intelligence est alors tout entière absorbée par une seule pensée : chercher les moyens de se procurer leur nourriture. Or, prétendre en pareil cas ouvrir avec eux une conversation sur quelque objet que ce soit, c'est vouloir perdre son temps et ses paroles. Mais lorsque, au retour de la chasse, ils sont assis autour de leur feu, c'est le véritable moment pour le missionnaire ; parce que dans
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ces insiants déposant toute autre pensée ^ ils s'occupent uniquement à préparer leurs mets, à mettra leurs armes en étot et à réciter, comme font les Arabes, leurs petites historiette et leurs contes» Si le missionnaire sait tirer parti des circonstances, il obtiendra plus de notions utiles et importantes dans une seule de ces rencontres, que dans de longs mois d'excursions à travers les forêts* Voulions-nous dcmc arriver à la connaissance de quelques-unes de leurs croyances et de leurs coutumes ? nous faisions en sorte de nous trouver comme par hasard au milieu de ces innocentes réunions, tantôt feignant de vouloir apprendre à fabriquer leur$ armes, tantôt n^ayant Tair que de jouer avec les petits marmots, ce qui plaisait beaucoup à leurs parents. Eux cependant, sans soupçonner le motif qui nous avait amenés là, ils continuaient le récit de leurs exploits ou de ceux de leurs parents défunts. Quand Top* portunité s'en offrait » nous interpellions le narrateur, ou même noiis le contredisions pour entendre sa réponse ; et lui, soutenant avec chaleur ce qu'il avait avancé, il conti** nuait son récit.
D'autres fois nous mettions en doute quelque particu* larité de son récili ou bien nous lui faisions observer qu'il contredisait ce que nous avions appris d'autres sauvages* C'est de cette façon et en revenant souvent à la charge, que nous parvînmes, non sans peine, à la connaissance de beaucoup de leurs secrets, dont je parlerai ailleurs. ;
3. Ainsi Tétude pratique du langage, des lois , des cou« tûmes et des mœurs des sauvages, nous procura, entre au«^ très avantages, celui de reconnaître enfin que le système des courses employé par nous dans le principe, non^seulement était trop précaire, mais encore demandait des précautions nombreuses et continuelles, et même le sacrifice de la vie de beaucoup d'individus^ avec peu de résultat au bouti Au
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lieu que le système de la Btabilitéi c'est-à-^ire d'une mis* sioa foadée pour y donner asile à tous les sauvages qui voudraient s'y fixer et s'instruire» soit sur la religion, soit dans quelque métier utile, produirait d'incalculables avantages, sans exposer d'ailleurs aux nombreux inconvé* nients de la vie nomade. Prêcher à uu sauvage, n'est pas chose difficile, mais bien peu fructueuse. Au beau milieu de la prédication, le sauvage se retourne vers le missionnaire, et lui dit : « Tout ce que tu me racontes peut être vrai, très^vrai ; mais j'ai grand faim : veux*tu me donner un peu de pain, oui, ou non? » Si on ne lui en donne pas, il vous tourne le dos, et s'en va dans les bois pour assouvir sa faim. Mais supposons qu'on lui donne à manger, et que le sauvage veuille s'établiret se faire chrétien, qui le vêtira ?qui l'entretiendra? Si nous avons des ressources pour un, pour vingt, il faudra refuser à cinquante, à cent autres, qui viendront vous dire : « Nous voulons demeurer avec vous, nous voulons croire en Jésus-Christ. » De là l'évidente nécessité du travail; et de là, avant le travail, la nécessité de fixer dans la vie commune, en un lieu donné, ces honunes à la vie errante et paresseuse. De là enfin la nécessité d'un éta^*blissement dirigé par des religieux, ou en d'autres termes par des missionnaires, qui, comme on en voit parmi les catholiques, sans s'inquiéter de leurs intérêts, s'occupent exclusivement de Téducation, tant morale que civile, de ces familles adoptives, et pour la seule gloire de Dieu. Convaincus de cette vérité, nous commençâmes à mettre la main à l'œuvre, quoique dans de minimes proportions ; et à notre satisfaction, nous pûmes en constater les heureux résultats . Les sauvages accouraient nombreux à notre pauvre cabane, nous demandant de travailler avec nous, moyen* nant, pour tout salaire, quelques haillons à mettre sur le dos et un morceau de pain. Un aussi favorable résultat re»
doublait nos forces ; mais la modicité des ressources nécessaires au progrès d'une si grande œuvre, nous humiliait et nous affligeait au-delà de toute idée : l'avenir se présentait à nous plein de vie, mais le présent nous navrait de douleur. Nous nous déterminâmes donc vers les derniers jours de novembre à retourner tous les deux à Perth , afin d'exposer de vive voix à Mgr notre cruel embarras , et les grands avantages que Ton retirerait de la mission, si l'on nous fournissait les moyens nécessaires. Nous écrivîmes en conséquence au capitaine Scully, en le priant de nous accorder pour quelques jours un de ses domestiques, auquel nous pourrions confier la garde de notre cabane et de nos terres ; et le domestique étant arrivé, nous partîmes pour la capitale avec nos bœufs et notre char.
4. A peine fûmes-nous arrivés à Perth, que Mgr ordonna à Tun de ses domestiques de se transporter à la mission, pour en prendre soin en place du domestique étranger; et il nous fit revêtir quelques-uns de ses propres vêtements , vu que les nôtres étaient dans un pitoyable état. Nous lui représentâmes ensuite que la méthode de suivre les sauvages dans leurs courses nous avait été dans le principe de quelque utilité ; mais que Texpérience nous avait enseigné qu'il valait beaucoup mieux fonder un établissement, ou mission, pour y donner asile aux sauvages qui désireraient s'y fixer et s'instruire. Monseigneur n'eut pas de peine à comprendre quels seraient les heureux résultats d'un pareil système. Ainsi, pour obvier au dénûment de moyens pécuniaires , nous lui proposâmes d'envoyer en Europe le P. Serra, chargé de trouver dans la charité des fidèles ce qui nous manquait pour réaliser notre plan. Mais Mgr n'avait pas non plus de quoi payer le naulagepour le P. Serra.
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Alors j'eus de nouveau recours à la musique ; je fis publier dans la ville qu'une école de musique serait ouverte dans rintéret des sauvages, et à la condition que les élèves devraient anticiper le payement d'une année. L'exigence fut en vérité trop hardie ; mais, ce nonobstant, j'eus en peu de jours un nombre considérable de personnes qui se présentèrent pour assister à mes leçons, prêtes à avancer la somme demandée, laquelle en totalité dépassait le chiffre nécessaire pour le voyage du P. Serra. Sur ces entrefaites néanmoins la divine Providence (qu'elle en soit à jamais bénie ! ) rendit inutile le projet conçu, en nous favorisant de quelques secours envoyés à Mgr par l'œuvre charitable de la Propagation de la foi. Notre part fut bonne, cinq mille francs, et la promesse d'une somme égale sous peu. Avec ces ressources nous fîmes provision de vivres et des outils les plus nécessaires et les plus convenables pour l'agriculture, et aussi pour bâtir un monastère.
5. Le 20 décembre, nous étions de retour à notre cabane, mais quelle désolation ! Ces champs arrosés de nos sueurs et de notre propre sang, avaient été complètement dévastés! Plantations de toutes sortes , arbres et légumes , tout était piétiné, arraché ; les matériaux de notre cabane étaient brisés et dispersés ; tout était abandonné et dans l'état le plus lamentable de ruine totale. Le domestique envoyé de Perlh ne s'était nullement inquiété des intérêts confiés à sa garde, et un troupeau de chevaux avait fait tout ce ravage {a).
Cette perte, quoique bien grande pour nous, fut moin-
(a) MalGolm, tel était le nom de ce domestique, en retournant ensuite à Perth, taa un pauvre vieillard pour lui enlever quelques pièces de monnaie. Convaincu du crime, il fut enfin condamné à la potence, et subit sa peine dans le lieu même où il avait commis cet horrible assassinat. Justes jugements de Dieu ! Peut-être le Seigneur lui retira-t-il son bras pour avoir négligé les intérêts de la mission.
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dre que celle que nous eûmes à essuyer, lorsque de la part d'un magistrat I nous fut notifié Tordre d'abandonner ce territoire, parce qu'il était loué à des bergers. Après tant et tant de sueurs versées pour défricher et mettre en culture ces champs, nous eûmes le déplaisir non seulement de n'en pas récolter les fruits, mais encore d'être contraints à les abandonner.
6. Nous ne perdîmes pourtant pas courage; ces fruits delà terre n'étaient pas, après tout, ceux pour lesquels nous étions venus en ce lieu, et primitivement en Australie. Aussi, pleins de confiance dans la très-sainte Trinité, nous nous mimes à chercher un site convenable, et nous le trouvâmes deux jours après Tordre notifié. Notre choi^ se fixa sur la rive septentrionale du fleuve, ou plutôt torrent, appelé par les Anglais Moore, et par les sauvages Maura : là près cTun grand réservoir d'eau pluviale , nous trouvâmes une localité qui, pour le site et pour le terroir, était bien préférable aux deux premières.
Après que nous eûmes dressé le plan topographique des vingt acres de terre que le gouverneur nous avait autorisés à occuper, le P. Serra se rendit pédestrement à la ville, pour faire approuver par le gouvernement la prise de possession au profit de la mission, et il y réussit. Dans l'intervalle, c'est-à-dire le 2 janvier 1847, je m'occupai de la construction d'une cabane dans le nouveau site ; et quoique seul, pourtant, au retour du P. Serra, Dieu aidant, j'avais tout préparé au milieu des bois de Maura.
Immédiatement nous nous mimes à défricher le terrain : il nous fallut arracher des eucalyptes séculaires, de nombreux acacias, et beaucoup d'autres espèces de végétaux dont était couvert le sol de Maura ; et en peu de jours, avec Tftîde , il est vrai , des sauvages, trente-quatre acres de terre étaient préparées à recevoir la charrue.
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Comme la saison d'automne approchait, et elle com-« mauce la au mois de mars, il fallait nous pourvoir le plus tôt possible de différents objets, pour compléter le matériel néoesgaire aux travaux champêtres. Nous achetâmes donc le char et la charrue qui Tannée précédente nous avaient été prêtés, une herse, du grain pour les semailles, aussi bi^ que pour notre consommation^ un moulin en fer pour moudre le grain , d'autres bœufs , et en même temps quelques vaches, un taureau, et enfin beaucoup d'autres choses utiles pour le progrès de la mission. L'acquisition deces objei» et de ces animaux fut faite par nous avec de grandes difficultés et de grandes fatigues, parce que pour les obtenir, il nous fallut faire des voyages de cinquante, de cent milles et plus, avec des privations et des peines impossibles à dé^ crire. Tous ces travaux et toutes ces incommodités eussent été au-dessus de nos forces, sans l'assistance continuelle et visible de la providence divine.
7. Lorsqu'au mois de décembre nous nous trouvions à Perth, beaucoup d^habitants de la ville, connaissant tout ce que nous avions eu à souffrir par suite du mauvais temps en hiver, et apprenant que notre intention était de bâtir un couvent au milieu des bois, nous offrirent de venir y travailler en notre compagnie et pour la seule gloire de Dieu. Nous leur fîmes observer que leur nourriture comme la nôtre ne consisterait qu'en un peu * de pain cuit sous la cendre, un potage au ris , ou même à défaut de ris, de la bouillie de farine, et une tasse de thé ; enfin que dans notre misère ne pouvant leur offrir que notre petite cabane, plusieurs d'entre nous auraient à dormir à la belle étoile et privés des commodités, ce semble, les plus indis-' pensables. Nos avertissements ne purent néanmoins les dissuader d'accomplir leur sainte résolution. Quoiqu'ils vis« sent combien il serait difficile de résister à un rude la-
benr de plusieurs semaines ^ parmi tant de privations, néanmoins leur ardente charité et leur zèle pour la gloire deDieUy leur inspira de plus en plus le courage et le désir de coopérer en quelque manière au bonheur des malheureux sauvages et à la propagation de notre religion sainte. Pour conclusion ils ne furent pas contents quUls n'eussent obtenu de moi la promesse que je serais de retour parmi eux dans le courant de février, afin de les conduire à la mission. En conséquence au commencement du mois indiqué, le P. Serra et moi nous nous mimes à construire une seconde cabane plus spacieuse que la première^ pour y loger ceux qui devaient venir nous aider dans nos travaux. Ayant laissé au P. Serra et aux sauvages le soin de la couvrir, je partis avec le char pour la ville de Perth, accompagné d*un sauvage nommé Mori-Morij lequel fut le premier que je pus déterminer à me suivre jusque dans Tintérieur de cette ville.
8. Le droit de propriété qu'ont les sauvages sur le gibier et les autres comestibles qui se trouvent dans des circonscriptions de territoire déterminées, droit dont ils sont excessivement jaloux, est, à mon avis, une des principales causes pour lesquelles un sauvage court risque de la vie, lorsqu'il sort du périmètre des bois parmi lesquels la naissance ou même l'amitié lui assure la sécurité. Bien des fois nous avions fait notre possible pour persuader aux sauvages de notre mission de nous accompagner à Perth, leur assurant qu41 ne leur arriverait rien de fâcheux en notre compagnie, mais toujours sans succès; une crainte panique d*étre tués par les autres sauvages les poussait à rebrousser chemiu au bout de 50 milles et plus de marche. A la fin pourtant je parvins à gagner Mori-Mori, lequel étant jeune et résolu, et ayant grande confiance en moi, se détermina en celle circonstance à m'accompagner jusques à la capitale. Arrivé là, je lui lis cadeau d'une chemise neuve
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et d'un vêtement de campagnard; et lui se voyant si élégamment habillé, se crut déjà de beaucoup supérieur à ses pareils ! Il redoutait à l'extrême les sauvages de Perth, dont il ne comprenait pas d abord le langage; mais leur ayant fait présent de morceaux de pain et de quelques pièces de monnaie dont je l'avais pourvu à cette intention, il gagna leur amitié au point qu'ils lui offrirent même une jeune personne en mariage. Il la refusa , mais il prit part aux fêtes dansantes qui se célébrèrent à son occasion. Ce qui fit surtout un grand plaisir à notre Mori-Mori, ce fut la rencontre d'une femme de son pays, qui bien des années auparavant avait été enlevée à cause de sa beauté. 9. Dès que mon arrivée à Perth fut connue de ceux qui s'étaient volontairement offerts pour m'aider dans la construction d'un couvent, ils me portèrent chacun leurs outils, qui devaient être transportés au moyen du char; et le 21 du même mois je partis pour la mission, conduisant une caravane d'ouvriers irlandais et français, et parmi eux un protestant, dont Dieu, le maître de tous les cœurs, avait touché le cœur de telle sorte, que lui aussi voulut venir en aide aux pauvres missionnaires catholiques. Le 28 février nous arrivâmes heureusement à Maura ; et il n'est pas besoin de dire de quelle façon et en quels termes Mori-Mori raconta et amplifia auprès de ses parents et amis les politesses et les honnêtetés que lui avaient faites les sauvages de Perth. Il réussit à piquer leur curiosité au point que, dans la suite, toutes les fois que l'un de nous devait se transporter quelque part, ils se disputaient à qui devrait nous accompagner. Un semblable résultat fut pour eux et pour nous des plus avantageux, parce que nous nous servions d'eux pour expédier des lettres à Perth et ailleurs, et nous étions sûrs d'avoir la réponse. Par suite, la haine qui existait entre les sauvages vivant à de grandes distan-
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ces les uns des autres, disparut oofinptétemeiit. Il fmt observer que lorsque un sauvage reocotitrait un inconnu, il lui montrait) comme passeport, la lettre dont il était porteur, en lui disant : N^agna priesimafa Jun^ar^ » on hien : a J^appartiens à Tfaabitation des prêtres ) n et alors ïl pouvait passer librement.
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