CARACTÈRE PHYSIQUE
être là une fantaisie de mon imagination? Non, continue le même écrivain ; je suis beaucoup plus satisfait , et je trouve plus de plaisir à voir le corps nu d'un x4.ustralien , que celui d'un Européen. La couleur blanche de celui-ci, ou je ne sais quoi encore, me plaît moins à l'œil. Lorsque j'étais à Paris, j'allai souvent aux bains publics de la Seine, et certes j'y ai vu très-peu d'hommes bien faits. L'Australien n'est pas gras, il est vrai ; mais ses muscles sont exactement développés ; le jeu en est régulier dans chaque partie du corps, particulièrement dans les épaules, lorsqu'il porte quelque chose sur la tête. » La description donnée ainsi par ce hardi et entreprenant voyageur, est bien différente de ridée qui prévaut généralement dans les colonies australiennes et en certains pays d'Europe ! Le témoignage de Leichardt doit pourtant être de grande autorité sur ce point, vu qu'il avait habité et exploré en grande partie le continent australien, ainsi queje l'ai rapporté dans la première partie de cet écrit.
Un autre voyageur, en même temps magistrat, résidant à Moorunde, dans la partie orientale, M. Eyre, dans son voyage intitulé « Australie centrale, » affirme que le corps de l'Australien est bien fait et musculeux. Sa taille est entre cinq et six pieds anglais^ avec les extrémités tant inférieures que supérieures bien proportionnées. Les parties antérieures du cerveau, continue-t-il, sont assez développées, en sorte qu'elles donnent un angle facial, qui estloin d'être le moins aigu parmi les races noires : les yeux sont creux, le nez épaté et la bouche large ; les lèvres grosses et les dents généralement assez parfaites et belles. Le cou est court et quelquefois gros ; les talons ressemblent à ceux des Européens ; les clavicules et les articulations des mains sont généralement petites, comme aussi les mains et les pieds petits et bien faits ; mais les jambes n'ont pas de mol-
tets, quoique certains indigènes des districts supérieurs du fleuve Murray n'en soient pas dépourvus. Les hcmiines ont la poitrine belle, large et profonde , ce qoi est Tiadioe d^une grande force, et ils sont remarquablement droits, avec un port plein de grâce et de dignité. L'oeil est gêné-* ralement large, noir et expressif. Dans ses forêts natives TAustralien se présente à l'Européen avec intrépidité, et sa manière ingénue d'observer , aussi bien que sa démar^ che décentei lui donae un air particulier de véritable pre« mier possesseur* »
. Le docteur I«ang (a) nous assure que les sauvages de JMo^ reton-Bayi outrequ'ils sont hautsde taille, robustes, et bien conformés, ont les jambes aussi bien pourvues de mollets que ceux des bords du Murray, cités par Ëyre ; mais oeux qui fréqui^tent la ville de Perth et les alentours de la Nou^ velle^Nursie en manquent absolument* Et ceci provienti suivant mon opinion , non d'un défaut naturel , mais de l'insuffisance de nourriture. Souvent moi*^méme j'ai trouvé des sauvages, qui, par la beauté des formes, le maintien digne, les manières d'un froid et attentif observateur, aussi bien que par la grande ressemblance des traits de la physionomie avec les Européens, me rappdaient à la mé^ moire beaucoup d'honorables personnes que j'avais autrefois connues. Parmi les enfants en particulier, quelques-uns de l'âge de six à sept ans, avaient des membres dont la beauté et l'élégance l'auraient emporté sur les plus célèbres chefs-d'œuvre du ciseau grec.
2. Les femmes, surtout dans l'âge nubile , sont aussi elles* mêmes très-bien faites ; et à ce sujet M. Uniake (b) dit , en parlant des sauvages des environs de la rivière dePumice-
(a) Ouvrage cité, page S88.
(6) Uniak9*s^ Nûfrutîm vf M* Oœky âocptiiition to Ihe Northviérd, !n 1B35, page 59.