CARACTÈRE PHYSIQUE
St9ne : « Ces tribus se distinguent entre elles au moyen desdiffiérentâi couleurs avec lesquelles elles ont coutume 'de se peindre le corps. Tant hommes que femmes^ ils vont oonipiétemeiit nus, ssuis rougir de paraître ainsi même devtat un étran^r. Le chef d'une de ces tribus semblait posBéder sur eusc une autorité illimitée» C'était un homme de moyen àge^ haut de taille^ avec une physionomie trèsexpressive et intelligente. Les femmes que j'ai vues étaient supérieures en beauté aux hommes , et même à tous les sauvages que j'ai pu voir dans cette contrée. Beaucoup d'entre elles avaient la taille haute et droite ; ^ifin j'en vis deux dont Ja figure et les traits pouvaient faire envie à des femmes européennes* »
M« Eyre, qui s'est étendu davantage sur la description des traits de la femme australienne, ajoute : a Leur taille ordinaire est de cinq pieds anglais ; la partie antérieure du cerveau est moins développée que chez les hommes; le point atigulaire de la tète est porté {^us en arrière; T angle facial est plus aigu, et leurs extrémités sont plus chétives* J'ai vti des femmes dans la fleur de la jeunesse, dont les membre bien pris et la figure symétrique auraient fourni un modèle parfait à un artiste. Et en vérité, si à la beauté des membres, si à la vivacité de leur ceil noir ^ elles joignaient une chevelure longue et soignée, elles ne différeraient des Mropéennes que par la couleur. L'absence d'une belle chevelure ne doit pas êti'e attribuée à un défaut naturel, mais aux habitudes. Elles ont par le fait une abondante chevelure , de couleur blonde, et quelquefois noire , qui, lorsqu'elle est lavée et peignée, peut égaler le lustre et la souplesse de la plus belle soie (a), w Une de leur coutume ne permet pas qu'elle touche aux épaules , et voilà pourquoi dles la tiennent coupée un peu au-dessus.
(a) Eyre» cilé par Lang, page 590.
m LES AISTHALIENS.
Il est donc évident que le caractère physique des Australiens a été calomnié et faussement représenté : parmi ces calonmiateurs quelques-uns voulaient justifier les traitements indignes qu'ils avaient fait souffrira ces infortunés (a); d'autres, avaient pris comme véritable type des Australiens, non ceux qui se trouvent au milieu des forêts , mais bien ceux qui fréquentant les villes et les établissements européens , ont dégénéré et ne peuvent plus donner une juste idée du type primitif,
3. « Il est pénible, dit M. Dawson, de voir d'anciens colons de la Nouvelle-Galles du Sud médire du caractère et des dispositions naturelles des Australiens, les jugeant d'après quelques familles qui vivent d'aumônes dans les établissements de la colonie, et qui, au contact des Européens, sont passées de leur simplicité naturelle aux dérèglements et à tous les vices des peuples civilisés. Ce ne sont point là les vrais Australiens ; pour les connaître et les apprécier, il faut pénétrer dans l'intérieur du pays, loin des établissements britanniques. »
» Je crains, ajoute un ministre protestant, d'accord avec M. Snell-Chauney, que l'influence de nos établissements dans le pays n'ait fait empirer la condition des indigènes. Leur contact avec nous leur a fait perdre peu à peu les bonnes qualités qu'ils avaient d'abord et leur a communiqué nos vices. En conséquence rien n'est plus hideux à voir, pour les voyageurs nouvellement arrivés, que ces misérables sauvages réduits à un état voisin de la brute, par l'abus des liqueurs fortes, abus auquel, bien loin de les en détourner, la sordide cupidité dos Européens les encourage sans cesse. »
Enfin Bigge, dans son rapport officiel, fait un triste tableau de l'influence que l'exemple des Européens a exercée
(a) Lang, Cook'^land, page 559.
FACULTÉS ÏNTELLF.CTUELLES. 245
parmi les Australiens, et reproche aux premiers d'abrutir ceux-ci par l'exemple qu'ils leur donnent de Tivrognerie, du libertinage et des violences.
4. Quant à leurs facultés intellectuelles, il y a toute probabilité, qu'étant cultivées avec soin, elles se prêteront à tout, en fait d'éducation, tant dans les arts, que dans les sciences.
A cette assertion on opposera peut-être, que des Australiens ont été conduits en Europe, d'autres admis dans les écoles des colonies , plusieurs reçus dans les maisons des colons, ou même recueillis par les missionnaires protestants dans leurs missions, pour tâcher de les civiliser, et que tout a été inutile. Ces faits particuliers, que les ennemis de la civilisation australienne ne manquent pas de mettre en avant, comme un argument de grand poids , méritent d'être examinés.
Quand le gouverneur Phillip, fondateur de la colonie de la Nouvelle-Galles du Sud, repartit pour l'Europe, en 1 792, il emmena avec lui l'Australien par lui appelé Bénilong, lequel, retourné en 1795 en Australie, jeta loin de lui les habits européens, et alla rejoindre ses compatriotes dans les bois ; et là ayant été retrouvé par le chapelain protestant, M. Marsden, il lui assura qu'il était content et satisfait d'avoir recouvré la liberté.
Un autre nonuné par les Anglais Daniel^ originaire de Paramatta, qui fut également conduit à Londres par le naturaliste Cowley, étant retourné en Australie, alla aussi rejoindre tout de nouveau sa famille.
On parle comme d'un grand bienfait d'avoir conduit Êénilong et Daniel à Londres, et de les avoir introduits auprès des plus illustres familles ; mais dans quel but ? Peut-être pour améliorer leur malheureux sort? Point du tout! On les promena de toute part, pour les montrer
ne LES AUSTRALIENS.
comme deâ objets rares, on même comme deux bétes faa^ billées eD homme. Dans quel institut farent-ils admis ? Re« tournés dans leur pays, de combien diacres de terre leur fit^n la concession? Combien leur donna-t^)n de bœnfs» de vaches, de brebis et autres animaux? CXi sont les outils d'agriculture, les semences et autres choses nécessaires aux travaux champêtres qu'on leur fournit? Sans tout cela Benilong et Daniel étaient plus malheureux que leurs nationaux, parce que leurs besoins s'étaient accrus, et que les moyens de les satisfaire étaient diminués pour eux. Et Féducation morale? Peu après qu'il fut retourné dans fes bois, Daniel fit violence à une jeune personne de couleur blanche, et fut pour cela condamné à mort. Tel fut le fruit de l'impression que fit sur ce sauvage l'ex^fnple des blancs. On ne peut nier que dans chaque colonie on n'ait ouvert des écoles pour les Australiens ; comme aussi il est indubitable que les sauvages apprirent à lire, à écrire, et même à faire quelques opérations d'arithmétique avec une promptitude inattendue. Mais après que de petites filles ou de petits garçons ont été élevés à l'école, quelles mesures ou quelles précautions a-t*on prises pour les occuper et les sustenter selon la manière de vivre et la condition des peuples civilisés? Dès lors qu'on n'y avait pas pensé, force était au sauvage de renoncer à une existence stable poiir reprendre la vie nomade, puisque savoir lire et écrire ne lui ôtait pas la faim. Ceci prouve évidemment que si l'éducation intellectuelle est un des éléments qui constituent la civilisation, pourtant quand il s'agit des sauvages, on ne doit la considérer que comme une chose secondaire et qui ne les intéresse que peu tant qu^elle est isolée. Il faut d'abord fournir à l'Australien les moyens d'existence en lui offrant dans l'agriculture et les métiers les phi» indispensables la facilité d'y pourvoir immédiatement par hii*méme^