DIALECTES
guggial pacanan guggial car chegn (deux joint à deux et un) et ainsi de suite. Dans d'autres contrées ils ont coutume de dire guggiaUguggial^ pour quatre ; mau-mau, pour neuf; mais pour ce dernier je croirais qu'ils Ton appris dans leurs rapports avec les Européens. Us n'ont pas de mesures pour les solides, ni ppur les liquides ; les distances sont pourtant mesurées par l'indication des montagnes ou éminences qui se trouvent placées entre chaque localité. Ils disent, par exemple, du lieu J9, au lieu C, il faut passer quatre montagnes, six, huit, ou enfin le nonibre qu'il peut y en avoir.
7. Il paraît certain que tous les dialectes australiens dérivent d'une souche commune, comme aussi leurs races sont sorties d'un seul peuple. Les études auxquelles s'est livré TJielkeldj dans les environs de Hunter s-Rwer et du lac Macquarie, permettent de comparer l'idiome des sauvages de cette portion de l'Australie, avec ceux des autres régions, et le résultat confirme ma proposition. M. Bunce assure aussi que les indigènes de l'intérieur vers Moreton-Bay emploient des termes identiques avec ceux de sauvages qui sont à mille milles de distance. Sir Mitchell a fait les mêmes comparaisons avec les mêmes résultats entre ceux de Port-Phillip et ceux des points les plus éloignés vers le nord de cette colonie.
Entre les sauvages de Perth et ceux de King-George- Sound, quoiqu'il y ait une distance d'environ 300 milles, le langage est presque le même; seulement les premiers allongent d'une syllabe ou d'une voyelle la fin de chaque mot ; mais un grand nombre de mots usités parmi les indigènes d'Adélaïde ont la même consonnance que ceux des sauvages de Perth, et on peut en dire autant de presque toutes les contrées.
Par exemple, )a main etrœil, se disent, dans la mission
de la Nouvelie-Nursie : mara et nUel; à Perih : mara et miel; à King- George-Sound : mur et mil; à Adélaïde ; mara et mena; à Sydney : mura et miel; à Moreton- Bay : mara et mill; ce qui prouve assez que le langage parlé dans les contrées les plus éloignées les unes des autres, fut originairement le même. Néanmoins de longues périodes de siècles, les variétés de températures et de climats, et les besoins mêmes des indigènes, par suite de la variété des produits de chaque localité , ont sans aucun doute amené les nombreuses modifications ou dialectes qui forment les sous-divisions de la langue australienne, en sorte qu'il est difficile aux sauvages eux-mêmes de se comprendre lorsque leurs pays sont éloignés entre eux d'une centaine de milles, ou même de moins.
En me conformant à la nature de ce travail, je donnerai un essai des dialectes ou patois employés par les sauvages qui vivent soit à Test, soit au nord de la Nouvelie- Nursie, où Ton parle l'un et l'autre dialecte. Mais pour ne pas trop distraire et ennuyer le lecteur, j'en renvoie le tableau à la tin de cette dernière partie.
Le langage australien n'a rien d'âpre, ni de guttural , comme on le remarque assez généralement pour les langues orientales, ni même de sifflant et de désagréable, comme beaucoup de dialectes de TOcéanie. Au contraire il est doué de sons graves et sonores semblables aux plus harmonieux de la langue espagnole, flexibles et doux comme les meilleurs de la langue italienne. Il est aussi riche qu'il le faut pour exprimer les besoins si limités de ceux qui l'emploient; en sorte que les Australiens avec peu de mots prononcés par manière de sentence , rendent leurs idées avec non moins d'énergie et de douceur que nous avec les richesses de notre langage.