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élevés par eux. Faudrait-il aussi blâmer un Européen, parce qu'il ne confie pas son fils à un autre européen quMl ne connaît pas et qui n^a pas sa confiance ? Or , tel est à peu près le cas des Australiens : ils confieraient, et ils confient effectivement leurs enfants à ceux qui ont su gagner leur affection ; mais, dans le cas contraire, ils aiment mieux les garder sans éducation, et en leur compagnie, que d'en être privés et se voir exposés à les perdre pour toujours. On accuse aussi les enfants de ne vouloir pas abandonner leurs père et mère! Je voudrais bien voir si le fils de la plus misérable européenne demeurerait volontiers en la compagnie de la plus puissante reine de la terre, à lui inconnue, dès qu'il se verrait abandonné de sa mère! Voudrait-on par hasard obtenir des sauvages ce qu'on ne saurait obtenir des Européens? Néanmoins je puis assurer à mes lecteurs que beaucoup de sauvages nous ont apporté à la mission leurs enfants afin qu'ils fussent élevés auprès de nous , et beaucoup d'enfants refusèrent de suivre leurs parents dans les bois, et voulurent demeurer à la mission. 11 n'est pas difficile d'expliquer le pourquoi.
6. Reprenant la suite de mon récit, je dirai que les fils adultes payent de retour l'affection de leurs parents. S'ils sont vieux, ils réservent pour eux les meilleures pièces de gibier, ou de tout autre mets, et se chargent de venger leurs offenses. Enfin ils leur témoignent leur amour au delà de la tombe, en tuant un ou deux sauvages quand leur père vient à mourir. Les jeunes Australiens ont coutume d'appeler marna ou maman (c'est-à-dire père) tous les vieillards, comme aussi N-angan (ou mère) les femmes avancées en âge.
7. Il est défendu à un Australien, comme je l'ai déjà dit, de se marier avant au moins 28 à 30 ans, et la mort est le châtiment de tout infracteur de la loi ; cette loi est cause
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que luB jâuaaâ gêna témoignent une indifférence feinar*» quable pour les femmes.
Arrivés à Tâge fixé par la loi traditionnelle, il leur est pareillement défendu d^épouser une femme de leur propre famille. L^usage ordinaire est d'avoir deux femmes] beau» coup de sauvages n^en ont qu^une seule, et je n'en ai eonnu aucun qui en eût plus de deux, à moins peutiétre que par générosité un homme ne prenne sous sa protection la femme de son ami ou parent absent; ou bien que par voie d'hérédité il n'adopte les veuves de son frère mort sans enfants (a), ou même ayant laissé des enfai^ts. Le sauvage demande la jeune personne qu'il veut épouser au père de celle-^ci , et si celui-ci ne l'a promise à aucun autre, et n'y voit pas d'empêchement, il la lui accorde. Dès ce moment la jeune personne appartient au sauvage qui Ta deman^ dée, quoiqu'elle reste en compagnie de sa fttmille , jus^ qu'à rage de la puberté. Cet engagement est inviolable, et si jamais un père y manquait, ce serait la cause de beaucoup de sang répandu. Le sauvage pourtant quand il demande une jeune personne en mariage, s*il ne se fie pas à la parole du père, l'emmène avec lui, et lui tient lieu de frère, jusqu'à ce qu'elle ait atteint Tàge convenable. Dans aucun cas on ne demande à la jeune personne son consm« tement. Néanmoins j'ai entendu dire à des fiancés } a H l'aime et elle m'aime aussi. »
L'autre manière de prendre femme est de la ravir à son père, ou à son mari, soit à cause de sa rare beauté, soit parce
(•) Ainii rovdonnalt hi loi de Mefse, D$uHr<mam^ ck. xxv, v. S. « Lortque deux frères demeureront ensemble et que l'un d*eux feca poyiMOif ^|hr fantf, la femfne du ()éf||nt n'en ^poMsera poinV Castre que le firére 4e aon mari, qui la prendra pour femme et suscitera des enfants à son firére. Et il donnera le nom de sen^ ^re à Patné des fils qn^ll aura f}*elte, aSn que le non^ df RfMi firére ne te QCffée poim en IiMU »
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qu6 aon)inan la maltraite. Mais ensuite bî oeluin^ila troine, il la tue sans pitié ; aussi le ravisseur r6mniène«tii>il au loin, et tâche de se soustraire à tout jamais h la présence de l 'offensé.
8 . La beauté est pour la jeune Australienne une source de mésaventures et pour son pays natal une vraie cala^ mité. Après avoir peutrètre passé ses premières années en compagnie d^un homme âgé , elle risque d^étre furtive^ ment enlevée par un jeune homme qui ne manque pas de la tuer, s'il la trouve récalcitrante; ou biôn- à peine se sont écoulés quelques mois depuis son enlàveînent, qu^un second ravisseur la transporte encore plus loin parmi des peuplades inconnues et à des centaines de milles de ses parents. Pe là il résulte que celui qui a une belle femme ne lui permet jamais de s'éloigner d*un pas. Dans les réunions nocturnes il ne souffre pas qu'un autre lui adreasa la parole ; en somme il est sur ses gardes ^autant' que le peut être un mari vieux et jaloux, et la méthode* qu'il emploie pour la corriger est si barbare, qu'il arrive' bien souvent que, pour un seul regard indiscret, il lui traverse une jambe de son ghicif qu'il lui casse la tète de son dauac et lui prodigue mainte autre tendresse de ce genre.
Souvmt de grands désastres et des pertes considérables dans les combats occasionnés par Tenlèvement de ces Hélées sauvages, retombent sur le pays d'où elles viennent; il faut dire néanmoins, pour Thonnenr de la vérité, que le plus souvent elles n'en sont que les causes innocentes, et pour elles la beauté n'est qu'un don fatal. L'état d'esclavage dans lequel toutes sont retenues est vraiment déplorable. La seule présence de leurs maris les fait trembler, et la mauvaise humeur de ceux^i se décharge souvent sur elles par des coups et des blessures. Je me suis trouvé souvent dans l'obligation de m'interposer poitr
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plus qu'un tiers de pouce : à l'endroit le plus épais, ou au milieu, ils pratiquent une ouverture, qui sert pour le manier. La surface extérieure, d'une extrémité à l'autre, est ornée de lignes parallèles faites de dents de kanguroo et dont l'une est peinte en blanc, les autres en rouge. Le bois employé pour cette arme défensive est d'une grande légèreté et très-rare dans toute la contrée. L'arbre dont j'ignore le nom est petit ; ses feuilles ressemblent quelque peu à celle du pin , et conservent toujours une couleur d'un vert aussi vif que quelque arbre que ce soit, au moins dans cette portion du territoire occidental.
5. On appelle dauac un morceau de bois cylindrique long de deux pieds, sur quatre pouces de circonférence, de forme ovale à l'extrémité; très-dur et très-pesant. Un coup médiocre de dauac à la tête étend par terre l'homme le plus fort. Quelques Australiens n'en font que trop usage, surtout envers leurs femmes. Us le lancent centre leurs ennemis quand ils se battent , contre les petits animaux qui fuient, comme le kanguroo-rat, ou au milieu des compagnies d'oiseaux.
6. La forme du coccio, ou marteau, rappelle à certains égards la hache et le maillet emmanchés ensemble au bout d'une même tige, excepté que la matière est différente. Au bout d'un petit bâton ayant un peu moins d'un pied et de la grosseur du petit doigt, ils unissent par le moyen de la gomme de xanthorrhea, qui est une résine des plus tenaces , deux pierres, dont l'une applatie sert comme de maillet, et l'autre tranchante fait office de hache. Avec cet outil ils ouvrent les arbres creux où se cache le gibier , ils font des entailles pour poser le pied en montant aux arbres les plus hauts, ils fabriquent leurs armes, ils brisent les os des kanguroos et autres animaux, pour en retirer la moelle et la manger ou s'en frotter le corps ; enfin ils s'en