‹ Mémoires historiques sur l'AustralieChapitre 46 sur 79 · ARMES · texte numérisé non relu

ARMES

servent pour mille autres usages. Les pierres qui composent cet outil sont d^un granit très-dur et de couleur grise, qui ne se trouve que le long des côtes. Quand le morceau de gomme, de la grosseur d'un citron médiocre, a été réduit eu pâte par Taction du feu , ils y enfoncent jusqu'à mi-épaisseur la pointe embrasée du manche en bois, et, de chaque côté de ce manche, ils engagent dans la gomme les deux pierres qu'ils ont aussi fortement chauffées. La dureté et la ténacité de ce mastic rend le coccio tout aussi utile que le marteau européen. La manière de porter le coccio est la même pour tous les sauvages : ils le placent toujours entre le dos et la ceinture, de manière que le manche vient s'y loger naturellement, sans causer aucune gêne.

7. Le mangartj ou tnbba, des sauvages , répond à notre couteau. Il est composé d'un petit morceau de bois mince, long d'un peu plus d'un demi-pied ; rendu tranchant par une série de petits cailloux , formant comme une scie, ainsi que, je l'ai dit en parlant de la troisième espèce de ghici. Avec cet outil tranchant l'Australien écorche les animaux, coupe en morceaux la viande et s'en sert à mille autres usages.

8. La uàna est l'unique arme offensive et défensive des femmes. Elles savent la manier supérieurement, lorsqu'elles amassent dispute entre elles ; tandis que dans ces cas-là les hommes se contentent de les regarder faire, et rien de plus. C'est un énorme bâton, long de neuf à dix pieds et d'environ six pouces de grosseur. Du côté le plus gros, il a une pointe durcie par l'action du feu ; avec laquelle les femmes creusent la terre pour découvrir les terriers de certains animaux, ou des racines bonnes à manger. Avec leur uàna encore elles détachent l'écorce des arbres pour la construction des cabanes; elles font des

peau est tourné en dedans ; c^est le contraire quand il pleut* Quand on est assis, le manteau sert de coussin ; et quand on dort, de matelas ou de couverture. Dans les nombreuses occasions où, dormant au milieu des bois, nous étions surpris par une pluie torrentielle, les sauvages creusaient immédiatement des trous, d'environ un empan de profondeur, où ils se couchaient à Taise deux à deux, se couvrant de leurs manteaux, et ils étaient ainsi parfaitement à Tabri des averses, tandis que moi, quoique enveloppé de ma capuce, je subissais toutes les injures du mauvais temps.

Au témoignage de tous les voyageurs, Tusage du manteau est commun à tous les Australiens dans la forme que j^ai décrite, hormis à ceux qui habitent entre les tropiques, et qui n'en font nullement usage.

Les manteaux des sauvages qui habitent près des établissements européens sont d'ordinaire mesquins et petits ; de sorte qu'ils ne vont pas à mi-cuisse, et ont moins l'air de manteaux que de lambeaux de peau, tandis que ceux qui sont portés par les habitants de l'intérieur vont presque à mi-jambe, amples et bien drapés, de manière à n'avoir rien à envier à nos redingottes.

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