‹ Mémoires historiques sur l'AustralieChapitre 47 sur 79 · ARMES · texte numérisé non relu

ARMES

Le ghici ou lance, est une pique longue de neuf à dix pieds anglais, ayant un peu plus d'un pouce de grosseur, et pointue par le bout le plus gros. Us en ont de trois sortes et chacune a son nom propre : Tune pointue seulement, Tautre avec un croc pour saisir, et la troisième garnie de tout petits cailloux fixés dans le bois avec de la gomme, de manière à former comme une scie, mais non avec un croc comme dans le cas précédent. Les premiers ghicis servent dans les escarmouches légères, et un sauvage regarde toujours comme une blessure de peu d'importance un coup de ce ghici , qui aura seulement percé la cuisse jusqu'à l'os, ou bien d'outre en outre. Les seconds ghicis se distinguent par une petite cheville de bois , mince, large d'un demi-pouce, ajoutée à l'extrémité pointue. Cette cheville, qui n'a pas plus de deux pouces de long, est placée justement en sens inverse de la pointe du ghici, liée fortement avec des nerfs de queue de kanguroo, et à moitié recouverte de gomme de xanthorrhéa. Ces ghicis servent pour le combat , pour la chasse, pour prendre les animaux qui se trouvent dans les arbres creux, comme aussi pour cueillir la gomme sur les plus hautes branches, atteindre les nids des oiseaux et certaines fleurs qui contiennent un suc agréable au goût. Quant aux autres ghicis, après en avoir aiguisé la pointe comme aux premiers, l'avoir durcie au feu conune aux seconds, ils y appliquent une couche de gomme dans une longueur de trois ou quatre fois la main, et ils y fixent, en une seule rangée, des cailloux tranchants (ou même des fragments de verre, comme font ceux des environs des établissements européens), sur une longueur quelquefois de plus d'un empan. L'usage de ces ghicis est toujours homicide, et quand ils les tiennent en main ou qu'ils en fabriquent, c'est une preuve qu'ils craignent d'être attaqués ou qu'ils veulent attaquer quelqu'un. La hampe du

ghidf vers son extrémité la plus mince et opposée à l'extrémité pointue , est percée d'un trou qui ôert pour ûxet Parme sur le miro et la* lancer au loin.

2« Le miro est une pièce de bois de figure ovale^ longue de plus de deux pieds, large d'un demi-pied, ou même de nloins, terminée en pointe obtuse vers les detix extrémités. On le fabrique comme tous les outils, avec la hachette de pierre ; et quoique cette hachette soit un instrument trèsimparfait ^ les sauvages s'en servent avec une merveilleuse adresse» A l'une de ses extrémités le miro est armé d'une petite cheville cylindrique, formant crochet, liée avec des nerfs de kanguroo et consolidée avec de la gomme ; On introduit cette cheville dans le trou du ghici quand on veut le lancer* A l'autre extrémité du miro se trouve une espèce de poignée en gomme, que la tnain ^nbrasse avec le ghici avant et au moment même de le lancer ; sans jamais lâcher le m/ro, qui reste toujoursen main pour lan* cer de nouveaux ghicis. Dans cette gomme est fixée Une dent de kanguroo, ou un caillou tranchant, qui sert à aiguiser la pointe du ghici. Les sauvages avec cette plan-^ chette donnent au ghici une grande force et peuvent ainsi frapper au loin et à coup sûr : ilâ ne s'en servent qu'avec la main droite. J'ai vu des sauvages atteindre à la distance de 50 pas, le cou d'ime bouteille placée comme but : et à cette distance le trait a encore la force de percer d'outre en outre la poitrine d'un homme.

3. Le calé est un morceau de bois façonné en demicercle à ceintre surbaissé, de deux pieds environ de contour, d'une largeur de deux pouces et d'une grosseur d'un pouce. Durant la mêlée ils le lancent au milieu des ennemis, et ils sont assurés que n'importe où il frappe il blesse gravement. Ils l'emploient particulièrement à la chasse des oiseaux, lesquels, pour échapper à un si étrange ennemi,

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