‹ Mémoires historiques sur l'AustralieChapitre 48 sur 79 · ARMES. S · texte numérisé non relu

ARMES. S

font mille tours et détours avec une rapidité extrême. Mais il est rare que le calé manque d^en abattre quelques^-uns quand ils vont par troupes. Les sauvages le lanœnt aussi par passe-temps ou de jour ou de nuit : en pareil cas ils choisissent une plaine sans arbre, et s'y exercent à le lan*-* cer avec beaucoup de force et d'aisance, n'employant pour cela que trois doigts seulement. Aii sortir de la main de l'Australien on dirait qu'il touche terre! ; ensuite tournoyant sur lui-même et décrivant de larges cercles, il s'élève à une grande hauteur, et retombe au point même d'où il est parti ; en sorte que le sauvage qui le lance est souvent obligé de quitter le poste, s'il ne veut pas être dangereusement blessé. La nuit ils mettent le feu à l'une de ses extrémités, et alors il fait beau le voir comme un point lumineux roulant sûr lui-même, former des milliers de petits cercles et de jets d'étincelles. Le bois employé pour la fabrication du calé est presque exclusivement celui des acacias, lesquels ne prospèrent pas dans les terrains sablonneux ; et voilà pourquoi les sauvages de Perth, comme tous ceux des côtes de la mer, en font peu usage. Mon Bigliagoro et les autres sauvages de la Nouvelle-Nursie, toutes les fois qu'ils faisaient le voyage de la capitale y portaient un bon nombre de calé^ et recevaient en échange de la terre rouge dont ils font grand cas pour se peindre le corps, et qu'ils appellent uïlghi. Bigliagoro ne s'en servait pas pour lui-même, mais il en faisait cadeau à ses amis.

4. Us ont une espèce de bouclier, connu sous le nom de unda y qu'il emploient non pour se couvrir en le tenant immobile, mais pour détourner le ghici ennemi ; ce qu'ils font adroitement de la main gauche . C'est un engin qui forme une légère courbure, long de trois ou quatre pieds, large de trois pouces, de l'épaisseur de trois autres pouces au centre, diminuant d'épaisseur vers l'extrémité, où il n'a

toi LES AUSTRALIENS.

trous en terre! aGn d'y planter les pieux nécessaires pour cette constructim ou autres usages.

9. Finalemmt la vie domestique de l'Australien esige un bien petit mobilier, en sorte que lorsqu'il aban-* dopne avec sa faknille, le lieu où il a passé la nuit pour m transporter ailleurs, le cuttu, ou sac de peau de kangurôo (objet de première nécessité pour une femme) porté à dos et lié au cou de l'épouse, suffit pour contenir tout son avoir. Le lecteur me permettra de passer en revue une à une toutes les pièces du mobilier ordinaire d^un sauvage australien. Ce sont : une provision de gomme de xanthorrhéa (masti^ indispensable à mille usages), des pierres pour les 4iarteaux,pour les ghicisj pour les couteaux, pour pétrtr les écorces d'arbres, celles-ci du poids chacune de quatiip livres au moins ; en outre quelques autres pierres que l^es bogUas leur persuadent avoir extraites du corps des malais ; une suffisante quantité de menna, ou gomme d'acacia dont ils sont avides, des nerfs de kanguroo pour divers usages, de la craie ou du gypse de diverses couleurs pour se peindre le corps , quelques morceaux de bois concave en guise de tasses pour boire , de la laine d'opossum , de petits cordons , des plumes de divers oiseaux , des peaux de kanguroo non encore apprêtées ; de plus un sa^ de réserve, de la graisse pour s'en frotter, une provision de racines et d'écorces d'arbres dont ils se nourrissent , des dents de kanguroo pour le miro , un ou deux os pour ornement de nez ; joignez à cela que la femme porte en outre d'ordinaire un petit enfant dans un autre sac, aussi sur son dos et suspendu à son, cou. Or, l'enfant [allongeant la té>e sur l'épaule gauche , tête le sein, du même côté; tan(lis qu'un autre plus âgé, c'est-à-dire de deux ou trois ans et que la mère porte à califourchon, tête de l'autre côté s'inclinant un peu sur>

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