FINESSE DE LA VUE ET DE L'OUIE. SI
mière grâce de la bonne Vierge, reprit l'enfant, est venue se joindre cette autre. Après avoir une autre fois récité le rosaire, j^allais m'étendre par terre (et ce pouvait être pour la dernière fois) lorsque j'ai entendu les cris des sauvages, et je vous ai aperçu sans vona reconnaître à raison de mon extrême faiblesse. Louée et remerciée à jamais soit la puissante mère de Dieu, puisqu'à son intercession, sans aucun doute, je dois mon existence. ^) En même temps mes Australiens, satisfaits du succès de leurs pénibles courses , ne cessaient de répéter : Nunda chiena : n-alla cienan-arij nunda tonga but, c'est-à-dire : « Vous avez vu • nous Pavons retrouvé ; vous ne savez pas le faire. » Et en vérité ma vue, quoique bonne, demeure bien audessous de Pexquise finesse de la leur.
Ils n'ont pas Touïe moins subtile que la vue. Un Australien entend le pas d'un cheval à un mille de distance ; aussi est-il difficile de le surprendre ; il distingue le bruissement d'une feuille d'avec le passage de l'oiseau le plusléger. Il a aussi l'oreille parfaitement juste et organisée pour la musique, et, de sa voix claire et argentine, il peut exécuter et soutenir longtemps à l'unisson les chants européens, quoique pour lui les motifs de notre musique soient bien inférieurs aux siens. Il ne nous est pas inférieur pour l'odorat et la délicatesse du goût, quoiqu'il y ait chez nous plus de recherche. Mais les Australiens l'emportent d© beaucoup sur nous par le tact. Souvent lorsque de nuit je voyageais en compagnie de l'un d'eux, celui-ci se guidant par la trace du char, souvent très-incertaine et qu'il ne distinguait qu'avec le pied, me conduisait anssi sûrement qu'en plein jour.