MALADIES
néges que le premier; seulement il a soin de mettre beaucoup plus de recherche et de mystère dans ses opérations , ce qui ne procure au malade d'autre avantage que de sentir de plus en plus s'aggraver son mal. Il y a aussi de vieilles femmes célèbres dans Tart de la médecine, de sorte que souvent tous les efforts des médecins étant demeurés inutiles, elles commencent, elles aussi, à traiter le malade en frottant et suçant de plus belle.
Quand on assiste à ces opérations bizarres, on se sent pris tout à la fois de compassion et d'envie de rire : c'est vraiment pitié de voir le pauvre malade souffrir les plus cruelles douleurs par suite de ce barbare traitement; en même temps qu'il est difficile de tenir le rire à la vue de tant de singeries et de ridicules grimaces ; mais pourtant il faut savoir être immobile et circonspect, parce que c'est là pour le sauvage un moment sérieux.
Lorsque parvenait àla mission la nouvelle que quelque sauvage était gravement malade, si on ne pouvait l'apporter auprès de nous, nousallions àl'instantle visiter ; ànotre arrivée tous se rangeaient pour nous laisser approcher ; le boglia nous faisait place lui-même, sans s'offenser de notre présence. Une purgation par le sel d'epsom, suivie de quelques tasses de thé, produisait un tel effet sur le malade, qu'en peu de temps il semblait revenu à la vie. En réalité, l'estomac du sauvage accoutumé à des racines crues, et à des insectes nauséabondes, jamais à un liquide chaud, — c'est pour le sauvage chose inconnue, — venant à être fortifié par un breuvage aussi salutaire que le thé, reprenait bientôt ses fonctions naturelles, et la guérison du malade ne tardait pas à suivre. Les sauvages en observant les merveilleux effets de nos remèdes, qui pour eux étaient les plus puissants au monde, nous esti-
maient les plus célèbres boglîas qui eussent jamais existé, n faut dire à la gloire de Dieu, que par Teffet de sa misé- Hcorde infinie, les malades qui, abandonnés dû bogUa^ furent confiés à nos soins, guérirent tous parfaitement.
Les opérations des médecins sauvages sont presque toujours les mêmes, quelle que soit la maladie. Si ensuite le malade ne va pas mieux, alors il est convenu que les petites pierres, germe du mal, sont en trop grand nombre et difficiles à extraire, et cela ne fait aucun tort à la réputation du médecin.
D'ordinaire hommes ou femmes, tous souffrent intrépidement les douloureuses opérations du bogUa, Il faut d'ailleurs observer que si c'est une femme qui est malade, le médecin reste souvent seul avec elle à une petite distance ayant une ou deux ^ieilles femmes pour l'assister. Quant aux enfants ils n'ont pas le courage des grandes personnes ; ils se mettent à hurler, à pleurer de telle manière que c'est pitié de les entendre. Le père les tient entre ses bras et les caresse pendant que le bogUa opère : mais ce serait là vraiment trop de cruauté de la part du sauvage, s'il n^était excusé par Tardent désir d'obtenir la guérison de son enfant.
Les maladies pour lesquelles ils emploient ce barbare traitement, sont ordinairement des maladies d'entrailles et l'étisie; les premières, à force de frictions, cèdent quelquefois, mais l'étisie empire. Les causes de cette dernière doivent, je crois, être attribuées aux mauvaises nuits passées sans feu et sans abri, pendant les pluies et les froids de rhiver, ainsi qu'aux rhumes négligés. J'ai entendu dire que quelques sauvages attaqués de cette maladie, ont coutume de s'ensevelir dans le sable, n'ayant que la tête seule dehors, et demeurent ainsi plusieurs heures de suite. Ils ne fout pas atleution à la diarrhée, ni n'emploieut de remède