‹ Mémoires historiques sur l'AustralieChapitre 73 sur 79 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

4 . Les entomologistes ont découvert beaucoup d'espèces d'insectes sur les différents points du continent australien, en outre des 482 espèces qui vivent dans la seule partie occidentale, sur lesquelles 80 et plus étaient nouvelles pour la science. Je parlerai seulement de quelques-unes de ces espèces d'une manière très-succincte.

5. Parmi les espèces très-diverses de papillons , qui se reproduisent avec autant de fécondité que dans le vieux monde , plusieurs sont d'une rare beauté. Lhécatésia thyridion, Yhesperia, ïagagles amieus, et autres espèces tout à fait nouvelles, appartiennent à la partie occidentale, où Ton observe également une espèce semblable en grandeur et en beauté à la violette des Français.

3. L'abeille australienne est semblable à la nôtre : elle est armée d'un aiguillon (a) et dépose dans le creux des arbres son miel , dont les indigènes sont avides, quoiqu'il soit plutôt acidulé que doux. On ne les trouve que dans la partie orientale et la partie septentrionale, aussi bien que les calabroni solitarii (frelons solitaires).

4. Les sauterelles {cavallette) sont un véritable fléau, là surtout où la culture des céréales prospère le mieux. Un autre fléau des champs, ce sont les chenilles : elles apparaissent à l'improviste et en nombre quelquefois inimaginable, surtout dans la partie orientale, où elles détruisent la végétation dans de longues étendues de terres.

5. Les cigales sont à peu près de la dimension des abeilles. Elles se po-

(a) L'auteur est ici en désaccord avec ceux qui, voulant multiplier les contrastes entre T Australie et les autres contrées, ont prétendu que les abeilles n'y ont pas d'aiguillon.

superficie de leurs corps, et s'identiGent avec eux en formant des masses variées et en quelque sorte composées d'animaux multiples, et tous ensemble sécrétant et distillant une matière pierreuse et calcaire qui s'appelle corail ; ils construisent des cellules dans lesquelles ils se logent, ou des troncs autour desquels ils se groupent. De cette manière ils parviennent, par un travail lent et continuel, à former des masses pierreuses si considérables, qu'il en résulte des lies nouvelles et des écueils non précédemment observés. Les abords de la côte orientale de TÂustralie, sur une longueur de trois cent cinquante milles et plus, sont parsemés d'écueils semblables. Une chaîne encore plus étendue se prolonge entre TAustralie et la Nouvelle-Guinée, ce qui rend ce détroit très-difficile et très-pénible pour la navigation..

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