CHAPITRE VIL
4 . La formation physique de l'Australie a donné lieu à des conjectures aussi étranges qu'incertaines sur sou origine.
II est des géologues qui veulent qu'elle soit de formation primitive (a), d'autres de formation secondaire , ou calcaire , et tels autres enfin de formation volcanique. Il est certain qu'on y dislingue l'existence de ces trois variétés de terrains.
2. Les montagnes qui forment la chaîne du Darling, dans la partie occidentale, présentent en divers endroits des roches primitives, ou de granit, entremêlées çà et là de fragments de quartz; la base de beaucoup d'autres montagnes à l'est est de la môme formation. Les sommets de quelques montagnes sont de nature porphyrique, et le porphyre d'une colline située
(a) On nous permettra de rappeler, d'après M. Beudant, en quel sens les expressions primitive et secondaire doivent être maintenues. «L'expression de terrain primitif ào\i être rejetée comme indication d'âge relatif; mais rien n*empèche de l'employer comme synonyme de terrain très'^cie/if ou même granitique, sans distinction d'âge, en comprenant sous ce nom les syénites et les gneiss formés par de très-anciens mctamorphismes. >» En précisant ainsi le sens des mots primitif et secondaire, on pourra les conserver même dans l'état actuel de la science géologique.
39i APPENDICE.
à trois milles vers le sud de la colline de Wigen est assis sur une base de feldspath brun rougeâtre, mélangé de quelques cristaux stratifiés de feldspath commun. On trouve en assez grand nombre des rochers formés par des agglomérations de roche cornéenne (trapp), couleur de chocolat, se terminant en obélisques coniques ; on trouve aussi beaucoup de roches augitiques consistant en un mélange de feldspath et d'augite : ainsi que de beaucoup d'autres roches jaunâtres. On a trouvé dans diverses parties de FAustralie beaucoup de concrétions marmoréennes ( carbonate de chaux ).
3. La pierre calcaire domine le long des plages septentrionales et occidentales. Dans le fleuve du Cygne ( Swan Rive?" ) on a fréquemment trouvé des incrustations calcaires qui enveloppaient des coquillages, des racines et aussi des troncs d* arbres. Sur divers autres points on a trouvé la pierre calcaire à l'état de sulfate (gypèe) ou de carbonate (marbre).
4. Sur la superficie de beaucoup de montagnes on observe des pierres ponces et autres matières volcaniques, en assez grande abondance, pour porter à croire que quelque foyer volcanique y a exercé son activité , en des temps, il est vrai, fort éloignés. Une colline d'étendue assez considérable, située à vingt-six milles de la plage orientale, est principalement formée de scories volcaniques de couleur gris verdâtre, laquelle se compose pour la majeure partie de feldspath. Ce dépôt renferme beaucoup de coquillages fossiles , principalement de quatre espèces distinctes et d'un nouveau genre qui approche beaucoup de Thippope. Dans la chaîne de montagnes appelée les Pyrénées australiennes , on trouve des montagnes volcaniques et lés traces de grands courants de lave, qui véritablement ne permettent pas de douter que ce terrain n'ait été très- tourmenté par des bouleversements plutoniques, et torréfié par des volcans.
5. On trouve en quantité dans les plaines, du bois fossile, pétrifié, appartenant à des plantes conifères ; et il se trouve aussi , en forme de cailloux arrondis , sur les rives et dans le lit de quelques fleuves , comme par exemple, du Hunter, où on découvre aussi des calcédoines et des améthystes brunes et compactes. Dans le voisinage du mont Agabe, dans la partie orientale, on trouva un os de grande dimension, précisément l'os sacrum d'un animal de haute stature ; et à dix milles à l'ouest de Moreton la seconde vertèbre cervicale d'un autre animal.
Dans des gisements assez profonds de pierres couleur gris-brun et d'ardoises, on découvrit des impressions de végétaux dont plusieurs présentaient des plantes en fleur, parmi lesquelles on distingua le zamia spiralis,
6. Tant dans la partie orientale que dans la partie occidentale on obtient abondanunent la pierre qui fournit la terre de pipe d'une qualité supérieure.
7. On a trouvé l'alun, dans Targlle cristallisée , à un degré remarqua-
b)e de pureté , et sur la superficie d'une montagne située à quarante-huit milles de Perth , vers le nord-est , on obtint l'alun en grandes masses, et non moins pur que celui de la Nouvelle-Galles du sud.
8. On trouve le sel en grande abondance au nord de Perlh ; et les sources minérales sont nombreuses dans tout ce continent.
9. Les sommets de quelques montagnes et les pentes de certaines autres ofïrept beaucoup de pierres ferrugineuses , comme Qussi daps diverses plaines et dans une grande étendue du pays on trouve le sable ferrugineux, {iron stone) duquel on extrait en quantité du fer pur.
40. On a trouvé du plomb sur divers points. Celui de Swan-River contient une riche proportion d'argent. Dans les environs d'Adélaïde on trouve quatre mines de ce métal, également argentifères.
44. Dans la Nouvelle- Galles du Sud, principalement dans le voisinage de NeW'Gastle, sur les rives du fleuve Hunter, on trouve des veines de charbon fossile, très-riches et d'une grande étendue, comme aussi dans la colonie de Swan-River. Outre les avantages incalculables que ce minéral procure à la colonie de Sydney en lui facilitant le con^merce , il lui rapporte plus de 6000 livres sterling par an. Egalement la colonie de Swan- River est sur le point de pat venir au plus haut degré de prospérité par l'abondance de ce précieux minéral.
42. Le cuivre se trouve dans la partie occidentale, où d'ailleurs la richesse de ces mines n'est pas jusqu'ici bien connue. Au sud se trouvent de nombreuses mines de ce métal, parmi lesquelles on doit distinguer comme excessivement riche celle de BurraBurra, dont il a été parlé page 57 (a).
43. Enfin dans la colonie d'Adélaïde , vers la partie méridionale se trouve une mine d'or dont il est parfaitement inutile de faire sonner haut la richesse (6).
(a) Nous donnons, d'après la Gazette australienne du 3 décembre 1853, la statistique du rendement des mines de cuivre dans la colonie d* Adélaïde : «en 1852, il a été en totalité de 362,188 livres sterling ; en 1853, il a souffert quelque diminution par suite de la découverte de Tor dans les autres colonies , pourtant il a été encore de 210,691 livres sterling.»
(/>) Les mines ^e TAustralie piéridionale p'ont pas répondu 9 la preinière attente ; d'assez infructueuses recherches ont été; tentées plusieurs fois. I^ow) apprenons néanmoins par la Gazette australienne, du 31 décembre 1859* que des |i$emei)ts aurifères avaient été découverts à Echunga. La suite pourra seule faire connaître quelle en sera la richesse. Quant au silence que le K. P. Salvado garde sur les gisements aurifères des autres colonies, il s'explique par les dates. L'auteur conduit »es mémoires jusqu'à la fin de 1850 ; et lorsqu'en 1851 il les faisait impriiper, les nouvelles d'Australie ne lui étaient pas encore parvenues.