Saint-Nabor, en Alsace, près de Schelestadt
oO MÉMOIRES DE LA TÎUGUERYE.
Estans arrivez à Lautern, nous n'y trouvasmes pas led. s"" duc Casimir, lequel estoit dans les boys, à la chasse, où led. s"^ de Malroy l'alla trouver; et je demeuray attendant led. s' duc, qui retourna au soir et me donna audience, avant se coucher, m'asseurant que led. comte arriveroit la nuict, comme il feist. Et fut conduict à la porte près du chasteau, qui n'ouvre pas souvent. Et, estant mis dedans la ville, fut conduit par Beutterich en son logis, en la rue au devant de la porte dud. chasteau, si secrètement que jamais homme ne le veit que led. s' duc Beutterich et moy. Ayant led. s'" duc souppé , il me mena en son cabinet avec Beutterich, où il me donna, comme j'ay dict, audience, prenant, disoit-il, bon augure de ce que Malroy et moy nous estions rencontrez si à propos, sans sçavoir rien l'ung de l'aultre. Et ayant ouy ma charge sur le faict dud. comte de Vignory et le discours de l'occasion de la venue de Guitry (sur lequel il se print à rire, car Malroy l'en avoit desjà adverty, de la part dud. s"" duc de Guyse, du dessein du roy et du roy de Navarre), il remercia infiniment mon maistre de l'honneur qu'il luy faisoit de fier sa fortune en son amitié, jurant lors en son alemand heigott ^ qu'il en avoit raison et que ce qu'il traictoit tendoit à son bien et conservation ; qu'il ne me vouloit poinct dissimuler qu'il estoit très-bien adverty de l'intelligence du roy avec le roy de Navarre contre mon maistre et pour retirer du party les villes de la conférence de Nérac; que c'estoit le but de Guitry; qu'il estoit marry extrêmement de voir mon maistre si indignement traicté de son cousin ; qu'il luy