Desbordément, d'une façon débordée
2. Le texte du traité de Fleix en 47 articles est imprimé dans Dumont, Corps diplomatique, t. V, p. 381.
prises à l'ouverture d'icelle, comme Mande', Cahors * el aultres, que le roy de Navarre seul, et sans aulcun consentement du party, avoit promis de rendre sans coup frapper. Et s'estoit obligé plus avant de rendre la ville de Périgueux en son gouvernement ; mays, y ayant trouvé de la difficulté, par la résistance du gouverneur, il en avoit faict rendre une autre; et néantmoings ne cessa qu'il ne l'eust faict surprendre et rendre au roy, moyennant la somme de soixante mil francs, qui lui fut délivrée à son prouffit particulier 3. La lecture desd. articles nous descouvrit le pot aux roses, oultre qu'il n'y avoit ung seul mot des affaires particuliers dud. s"^ prince, qui le méritoit mieux du party et en Testât de ses affaires que le roy de Navarre ; lequel, ne s'estant oublié, avoit traicté et obtenu que toutes les villes et chasteaux à luy appartenans, détenuz par le roy, luy seroient renduz. En contreschange desquelles il avoit promis faire rendre lesd. places données pour asseurance du party, des affaires duquel il disposoit ainsy à son prouffit, colorant cola du prétexte du bien public, et disant que ces places servi-
1. Le 25 décembre 1579, par un coup de main hardi, le capitaine Merle s'était emparé de la ville de Mende.
2. Cahors avait été prise par le roi de Navarre le 5 mai 1580. Voyez la note de la page 58.
3. Dans sa haine contre le roi de Navarre, La Huguerye dénature ces événements. La ville de Périgueux avait été prise par Langoiran le G août 1575 et était restée aux huguenots. A la fin de juillet 1580, les catholiques la surprirent à leur tour et la pillèrent. Le roi de Navarre se plaignit au roi, mais il ne put obtenir la restitution de la ville. Henri III le dédommagea en lui accordant Puvmirol, près d'Agen (De Thou, liv. 7'k 1740, t. VI, p. 138).
MEMOIRES DE LA HUGUERl-E. 101
roient d'asseurance à ceux du party. Ainsy qu'en la paix de 76, led. s*" duc d'Alençon vouloit qu'on se contentast des places de l'appennage que nous luy avions acquis par noz armes et que n'en demandassions poinct d'aultres; dont nous feussions fort mal trouvez quand, trois mois après, il print les armes contre nous et assiégea la Charité et Issoire^
Et laissant led. s"" prince tous les aultres articles, qui estoient chacun pour son regard encores plus désadvantageux, tant en la religion .qu'en la justice, je diz aud. s' prince que ce poinct seul, destruisant les asseurances du party, estoit suffisant pour faire rejecter ceste paix par tous ceux qui y avoient intérest, comme ung vray monopole pour la ruyne dud. party; qu'il estoit expédient d'en envoyer coppie au cappitaine Merle^ gouverneur de Mande, qu'il avoit surprise, et aux gouverneurs des places de lad. conférence de Nérac, et surtout en Dauphiné, affin qu'ilz recongneussent le but de la division que le roy de Navarre avoit faict semer entr'eux par led. Loques; qui estoit pour parvenir à la reddition des places de Gap et Puymaure,