La Huguerye met ce langage dans la bouche de Condé
MEMOIRES DE LA HUGUERYE. 1 2l7
dud. S' roy, son tilz ; pour quoy elle et sond. filz entrèrent au party, l'an 1509', à la niale heure, car elle ny son filz n'ont depuis rien tant désiré que d'abaisser l'authorité de mon père, et, luy tost après mort, à la rencontre de Jarnac^ dont elle rcceut une merveilleuse joye au cueur, me supprimer entièrement et tirer à luy toute l'authorité. Mays la mémoire fraische et sanglante des mérites de mon père eut tant de force au cueur de la noblesse que, contre l'espérance de la mère et du filz, il fut résolu que j'aurois part au commandement de l'armée et aux affaires, esgale avec son filz. Selon laquelle résolution on commença à nommer l'armée des princes, et nous deux^ signions toutes les dépesches^ » Ce qui leur feist tant de mal au cueur ^ qu'oncques puis led. s"^ roy et la royne, sa mère, n'avoient cessé d'en haïr mortellement mons'" l'admirai, son oncle % et jusques à sa mort; et led.
1. Jeanne d'Albret s'était retirée à La Rochelle, le 29 septembre 15G8, après une conférence avec La Mothe-Fénelon qui lui faisait craindre une attaque directe du roi de France. Ces craintes étaient fondées, car, au commencement de 1569, Antoine de Lomagne, seigneur de Terride, fut chargé au nom du roi de conquérir le Béarn.
2. La bataille de Jarnac où périt Louis de Bourbon, prince de Gondé (13 mars 1569).
3. Tous les ordres des chefs protestants depuis la fin de 1569 jusqu'à la paix de Saint-Germain sont signés concurremment du roi de Navarre et du prince de Condé. Voyez notamment les documents conservés dans les vol. 15553 et suiv. du fonds français.
4. Ici finit le discours direct de Gondé, mais il reprend neuf lignes plus bas.