‹ Mémoires inédites (volume 2)Chapitre 35 sur 84 · au cueur de la reine de Navarre · texte numérisé non relu

au cueur de la reine de Navarre

6. ... son oncle, oncle de Gondé. Le prince de Gondé, par sa mère, Éléonore de Roye, était petit-fils de Louise de Montmorency, laquelle, d'un second mariage, avait eu l'amiral Gaspard de Golignv.

S' roy de Navarre n'avoit depuis rien plus soigneusement recherché que de luy oster tout crédit, authorité et maniement des affaires, tant dedans que dehors le royaume, affin de luy lever tout moyem de s'en prévaloir en temps et lieu, à son préjudice. « Saichant bien, me deist led. s"" prince en termes couvertz, qu'il est et quelle estoit sa mère. Mays j'espère qu'il ne proufïitera rien par ce moyem-là, et, si l'occasion s'offre, nous verrons qui aura plus belle amye'. Et je vous veux bien tant fier de mon secret, La Huguerye, que de vous déclarer que je dresse mon affaire au contraire; et me servirai devostre fidélité grandement en ce dessein-là ; et que c'est ce qui me faict rechercher le mariage de sa sœur et faire la meilleure mine que je puis, voyant qu'il n'a poinct d'enfans et peu d'espérance d'en avoir de ceste femme-; et qu'aultrement sa sœur porteroit tout le bien de nostre maison en une famille estrangère, à nostre grand dommage. Au contraire, si je puis tant faire que de l'espouser, j'en auray de l'authorité, espérance et moyems plus grandz et qui me feront plus suivre et rechercher de la noblesse et de tous les estatz de France. »

Je le remerciay très humblement de l'honneur qu'il m'avoit faict de me confier ung si important discours, lequel, à la vérité, sortant de son éloquence, avoit beaucoup de traitz d'apparence et de vérisimilitude ; mays qu'à mon advis la première partye de son discours luy debvoit faire perdre toute espérance de la

\. Nous verrons qui aura plus belle amye, expression familière, inspirée peut-être par les usages de la chevalerie et qui comporte une sorte de défi.

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