‹ Mémoires inédites (volume 2)Chapitre 45 sur 84 · Partialiser, prendre parti · texte numérisé non relu

Partialiser, prendre parti

mays c'est l'humeur des princes alemandz de bien payer leurs serviteurs, au contraire des princes françoys qui les ruinent, leur fouillant tous les jours en la bourse, les engageant en mille responsions' pour leurs affaires et les payant d'une disgrâce, s'il eschet*; comme j'en puis bien parler, n'ayant jamais fermé ma bourse non plus que ma bouche à mon maistre en tous ses affaires, dont il m'est encores deu une grosse somme, qu'il n'a peu me payer avant sa mort, comme il désiroit.

Ainsy ayant prins congé de luy et sceu qu'il ne désiroit que je passasse par Nancy pour cause, je retournay à Sedan, où j'arrivay le jour S' Michel. Et le lendemain voulant aller saluer led. s"^ duc de Bouillon, je sceu qu'il estoit à la chasse et remys au lendemain, jour de S^ Kemy, que je le fuz trouvera son lever; et luy présentay les lectres dud. s"^ duc Casimir. Lesquelles ayant leu, il me print à part, me disant qu'elles se rapportoient à moy du tout, qu'il estoit bien aise que je feisse séjour en sa ville et près de luy, comme led. s"^ duc luy escripvoit et me recommendoit à luy; que je feisse estât de son amitié, qu'il m'estoit obligé de beaucoup de bons offices qu'il avoit receu de moy et que l'amitié qu'il voyoit que led. s"" duc, qu'il tenoit pour son père, me portoit, l'obligeoit encores plus à s'affectionner à me faire plaisir ; qu'il estoit pressé de tenir conseil ce matin, désirant que je demeure à disner avec luy, et qu'après disner il me mèncnMt en son

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