Signamment, particulièrement
plus advantageuse pour sa grandeur et le repos du royaume, s'il plaist à Dieu la bénir comme on en donne si bonne espérance, qu'il ne tiendra qu'à luy à ce que j'en ay apprins qu'elle ne réussisse. A laquelle ouverture, pour ne poinct donner d'empeschement, on a surciz le traitté de ce lieu, m'ayant néantmoings esté donné charge de l'en asseurer et surtout de le faire bien souvenir de ne rien traicter de semblable avec ses voisins, s'il ne veult se laisser tomber aux filetz, desquelz il ne se dépestrera jamays qu'avec sa ruine ; et, s'il faict le voyage qu'il m'a dict, avoir souvenance de toutes les choses qu'il m'a commendé d'asseurer de sa part, comme j'ay faict et veu faire une dépesche exprès en ce cartier-là vers celuy qu'il me deist vouloir envoyer quand il y seroit, aflfin de luy en rafraischir la mémoyre; que les affaires de ceux qu'il sçait s'advancent fort, tant dedans que dehors le royaume, desquelz les autheurs et fauteurs espèrent une asseurée diversion de la nuée qu'on a chassé chez eux, si elle dure tant, car on croit qu'elle s'en va esvanouyr d'ellemesmes, tant elle est foible, mays que ceux qu'il sçait ne seront pas plus tost prestz que celuy qui m'a donné charge de luy faire ceste dépesche, lequel n'estime pas que l'année prochaine se passe qu'il ne face ce qui touche le lieu où il logea au faulxbourg delà l'eaue, pendant le siège de La Fère ; que de tout le progrez je l'advertiray, le suppliant aussy très humblement de me commender ce qu'il luy plaira que je tace en toutes choses. C'estoit le sommaire de ma lectre.
Et, pour la faire tenir, au lieu de fier à mon homme, • duquel l'arrivée eust descouvert quelque chose, je m'advisay de prier mademoiselle d'Os(|uerke, gou-
vernante de madamoi selle de Bourbon, de faire exprès une petite dépesche pour mad. damoi selle à mons' le prince son père, et mectre dedans le pacquet mes lectres, qui estoient de grande importance à son service, affin qu'elles tombassent seurement en ses mains propres, non que je doubtasse qu'aultre que led. s' prince peust entendre ma lectre, mays affm qu'estant mal adressée elle n'engendrast quelque soupçon aux espritz de plusieurs qui estoient au guet sur ses actions. Ainsy fut faicte par moy ceste dépesche et envoyée par moy à Paris dans le pacquet de mad. damoiselle.
Pendant mon séjour à Sedan, led. s'' duc de Bouillon me faisoit part de tous les advis qu'il avoit de France en général, que les affaires de mess"^^ de Guyse s'advançoient fort, et de Flandres, par lectres de madame la princesse d'Orenge*, sa tante, que tout y alloit fort mal, que le duc d'Alençon ruinoit ses affaires et ceux de ses amis par mauvais conseilz, que mons"" le prince, son mary, n' avoit rien gaigné à tant travailler pour sa grandeur^, sinon d'irriter davantage ses ennemis qui recherchoient sa vie à toute oultrance, et par déclaration et proposition publique du prix et salaire d'ung tel coup% dont elle craignoit quelque grand désastre,