‹ Mémoires inédites (volume 2)Chapitre 48 sur 84 · Charlotte de Bourbon Montpensier · texte numérisé non relu

Charlotte de Bourbon Montpensier

2. Il est certain que le prince d'Orange avait cru à la délivrance des Pays-Bas par le duc d'Anjou. Voyez VHist. de la fond, des Prov. unies par Motley, t. IV, p. '236 et suiv.

3. Le roi d'Espagne avait mis à prix la tête du prince d'Orange, promettant la fortune et la noblesse à son assassin (Déclar. du 15 mars 1580). Guillaume riposta par une Ajyologie qu'il présenta aux États-Généraux réunis à Delft le 13 décembre 1580, et qui fut imprimée l'année suivante. Voyez une étude de M. Gachard ,

lequel il pleust à Dieu de destourner. Et peu de temps après cet advis, led. s"" prince, son mary, faillit à estre tué en Anvers * ; et ceste princesse sa femme en mourut d'appréhension^, et iuy ne vescut pas longtemps depuis. Et peu après l'entreprise dud. duc d'Alençon contre luy^, accorlement descouverte et sagement évitée, il ne peult eschapper la mort \-iolente de la main d'ung Bourguignon^, lequel s'estoit finement insinué aux bonnes grâces du ministre Viliers, ayant la surintendance des espions, et, en servant d'espion, ayant acquis la confidence vers led. Viliers et par Iuy

sur ce sujet, dans le n» 3 des Bulletins de l'Académie royale de Belgique.

\. Le 18 mars 1582, à Anvers, un jeune homme d'origine basque, Jaureguy, commis de banque, attiré par l'appât du gain, tira un coup de pistolet presque à bout portant sur le prince, à la suite d'une fête offerte au duc d'Anjou. Le Discours sur la blessure de Monseigneur le prince d'Orange est généralement imprimé à la suite des éditions de l'Apologie. Voyez aussi le récit de Motley, t. IV, p. 449 et suiv.

2. A la suite de l'attentat de Jaureguy, le prince d'Orange passa plusieurs jours en danger de mort. Sa femme, Charlotte de Bourbon, ne put résister à ses angoisses. Elle fut prise d'une fièvre ardente et mourut le 5 mai 1582.

3. Le parti national accusa d'abord de l'attentat de Jaureguy le duc d'Anjou, présent à Anvers. Un examen des papiers de l'assassin par le prince Maurice d'Orange et Saint-Aldegonde, et l'arrestation de ses complices prouva que le crime avait été fomenté par le roi d'Espagne. Mais il en resta de la défaveur sur le duc d'Anjou. Voyez Motley, t. IV, p. 452.

4. Balthazar Gérard était de Vellefaux en Franche-Comté (Hauto-Saône). Soudoyé et envoyé par le prince de Parme, il assassina Guillaume le Taciturne le 10 juillet 1584 à Dolft. Voyez sur ce personnage et son crime deux mémoires de M. Gachard, l'un dans le n° 9 du tome XX, l'autre dans le n° 10 du tome XXIII des Bulletins de l'Académie royale de Belgique.

en la maison dud. s"" prince d'Orenge, ce qui luy donna le moyem de faire le coup, ainsy que^ je l'ay entendu, car je n'y eslois pas. Ce ministre Viliers, appelle Loiseleur' en son surnom, estoit excellent en sa charge; mays voulant embrasser ambitieusement les affaires du monde, il choppa comme plusieurs de ses compaignons et fut occasion de la mort de son maistre. Je luy ay souvent dict librement qu'il se faisoil ung grand tort et anéantissoit sa réputation par ses conseilz d'estat , estant tousjours le premier d'advis de tuer et empoisonner, ce qu'il défendoit en sa chaire. Mays c'est le naturel de presque tous ces gens-là de vouloir tout faire et croire que tout leur est permis.

Ces advis me feirent congnoistre que j'avois prédict la vérité, quand j'avois dict souvent à Anvers, es années lxxviii et lxxix, à ceux qui traictoient les affaires dud. s' duc d'Alençon qu'ilz ne sçavoient qu'ilz faisoient et qu'ilz pourchassoient la ruine de leur maistre, lequel à ceste occasion me faisant depuis appeller de l'armée près Malines, oùj'estois, avec led. s"^ duc Casimir, à Montz en Haynault, où il estoit, par le comte de Lalaing, je m'en excusay, ne me voulant mesler de ses affaires, encores que de son mouvement il m'eust honoré d'une place de conseiller et secrétaire ordinaire en sa maison, dont je diz depuis les raisons au s"" de Simier en Angleterre, lequel les trouva pertinentes et deist que je leur avois tousjours prédict la vérité. Et, quant à ce qui touche led. s' prince d'Orenge, j'avois souvent dict aud. Viliers, qui manioit tous ses affaires, que je m'estonnois où il avoit le jugement de

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