‹ Mémoires inédites (volume 2)Chapitre 52 sur 84 · Principalement, de préférence à · texte numérisé non relu

Principalement, de préférence à

3. La maison de Clèves et la maison de Bouillon étaient issues toutes deux de la maison de La Marck. C'est de cette origine commune que La Huguerye prétendait faire découler, au profit des Bouillon, un droit de succession au duché de Clèves tombé en déshérence.

4. Le comté d'Aremberg était passé en 1298 dans la maison de La Marck par le mariage d'Engilbert, comte de La Marck, avec Mathilde, héritière de la maison d'Aremberg. Les cadets de La Marck restèrent en possession de la terre d'Aremberg.

escript signé d'eux; et au mesme effect il luy seroit aussy expédient de rechercher par quelque gentilhomme clévois des siens, comme Ketler, l'amitié des plus authorisez et signalez gentilzhommes des pais du duc de Glèves, sans descouvrir son intention et comme en les visitant, afjfin que ce cas advenant iJz se rendissent favorables à ses droitz pour conserver tout cet estat-là à la postérité masculine de leurs princes et éviter la distraction qu'en pourroient prétendre les gendres', a la ruine de Testât; qu'estant garnyde tout cela et led. s' duc Casimir suivy de 6,000 chevaux et 10,000 hommes de pied, qu'il faisoit estât de lever, avec douze canons de l'électeur de Colongne, qui sont à Bonne, et ses forces particulières, en logeant delà le Rhin dans les comté de La Mark et duché de Bergues, qui seroient suiviz aiséement des deux autres estatz de Clèves et Juliers, venuz à la maison de La Mark par mariages, il pourroit, le cas susd. advenant, exécuter quelque chose en sa faveur et y faire aussy incliner l'électeur de Colongne , en favorisant par luy ses affaires, comme il peult ; et se maintiendroit cela de

i. Ce n'étaient pas les f,'endres du duc de Clèves qui devaient revendiquer sa succession, mais les gendres de sa fille aînée, Marie- Eléonore, qui avait épousé Albert-Frédéric de Brandebourg, duc de Prusse. Après la mort de cette princesse, en 1608, et celle de son frère, Jean-Guillaume, en 1609 (voyez la note 2 de la page 220), les gendres de la duchesse de Prusse, les marquis de Brandebourg, duc de Neubourg, duc de Deux-Ponts et marquis de Burgaw se disputèrent l'héritage de Clèves les armes à la main. La guerre, à laquelle la France et l'Espagne prirent part, se prolongea avec des alternatives diverses jusqu'à la signature du traité des Pyrénées, en 1659, qui consacra le partage de l'ancien duché de Clèves entre les maisons de Brandebourg et de Neubourg.

tant plus facilement que led. s"^ duc espéroit par le moyeni de ceste guerre monter à uile authorité en l'Empire, qui luy donneroit encores plus de moyem de le conserver.

Quand je luy eu faict ceste ouverture, à laquelle il ne pensoit pas, comme jeune prince et peu expérimenté es affaires du monde et de sa propre maison, il me feist mille caresses et promesse de bien recongnoistre ung tel service que je luy offrois, dont il communiqueroit confidemment avec sa mère. Mais je le priay surtout de n'en parler point au ministre Gapel ' et aultres, qui gasteroient tout; qu'il avoit le s"^ de Nulli et le président Lalouette ^ pour ses armes et la justice, dont il se pourroit servir avec silence et moyennant serment de ne rien esventer, et sans toutefois leur déclarer l'entreprise. A quoy je le laissay meurement penser et à son aise. Et en me retirant me donna mille asseurances de son amitié, me confessant ouvertement qu'il n'avoit pas ung serviteur capable de telz affaires. Je luy adjoustay, en l'esclaircissant aultant que je pouvois, sans descouvrir le fondz, que cela advenant il seroit comme j'ay dict plus aisé à conserver, joignant par le duché de Bergues terre à terre aux tiefz palatins, desquelz le seigneur, qui est l'électeur Ludovic, est caduc et maladif, et, venant à décéder, comme il ne la peult faire

Page 1