‹ Mémoires inédites (volume 2)Chapitre 53 sur 84 · Jacques Gappel, s. du Tillon ft. I, p. 216, note · texte numérisé non relu

Jacques Gappel, s. du Tillon ft. I, p. 216, note

2. François de i' Alouette, s. de Trignicourt, né à Vertus en Champagne vers 1520. D'abord bailli du comté de Vertus dès 1540, il passa à Sedan vers 1568 et fut chargé de réformer les coutumes juridiques du duché de Bouillon. En 1577 il était président du Conseil souverain de la principauté. Il mourut vers 1602.

longue, la tutèle du filz et administration de l'électorat et estât palatin apartiendroit légitimement aud. s"" duc Casimir, qui auroit lors encores plus de puissance de l'assister tant d'authorité que de force en l'Empire, comme son tuteur ; et en tout cas il adviseroit d'en faire avec led. s"" duc pour le mieux, et pour ce je prenois la hardiesse de luy conseiller de se disposer lousjours à luy complaire et suivre ses conseilz, ce qu'il promist faire. Et plus il y pensoit, plus y trouvoit de fondement, led. duc de Clèves, en Testât et incapacité qu'il est, estant subject à mille inconvéniens ; me priant d'asseurer Beutterich comme il m'asseuroit que, s'il en réussissoit quelque chose, il nous rendroit contens à bonnes enseignes, ce (|ue je luy promis de faire, l'asseurant que Beutterich, devenant de docteur coloneP, en ce voyage, d'ung bon régiment françoys, luy pourroit aussy faire ung bon service. Et toutes les fois qu'il me communiquoit les advis qu'il avoit du progrez des aftaires de ceux de Guyse, je luy remectois devant les yeux le conseil dud. s"" duc Casimir, pour le suivre sans prendre party ny offenser personne; et que, s'il y avoit quelque petite aigreur, les armes que led. s' duc alloit prendre, qui le feroient encores plus chaudement rechercher, et l'authorité, en laquelle il espéroit bientost entrer, luy donneroient le moyem de l'advertir, pourveu qu'il ne mist poinct le feu aux cstouppes, ce qu'il m'asseura avec grand serment de ne l'aire et de se gouverner entièrement selon le conseil que je luy avois apporté.

1. Beutterich est désigné par l'ambassadeur Sidney sous It^ sobriquet de docteur ccuyer (Groen van Prinsteren, Annales de Nassau, t. VI, p. 376, 377 et note).

Sur la fin dud. moys de may, mon homme retourna de S -Jehan et me rapporta lectres dud. s"" prince aud. s' duc Casimir et à moy, avec aultres lectres à mons"" et à madame de Bouillon, que je leur présentay, plaines d'asseurance de son amitié, dont ilz avoient ung bon gage en leur maison, qui estoit Madamoiselle sa fille, pour laquelle aussy il faisoit response à sa gouvernante. Et, me demandant led. s"" duc de Bouillon quelles nouvelles j'avois dud. s'" prince, je m'excusay sur ce que je n'avoys pas encores ouvert mes lectres, lesquelles je trouvay plaines d'asseurances accoustumées dud. s"" prince, en mesmes termes que je luy avois escript, et de sa propre main, n'ayant communiqué à personne de cet affaire et ayant enfermé mes lectres devant mon homme, en son petit coffre de secretz; me disant led. s"" prince, par ses lectres, qu'il n'avoit rien faict au préjudice de ce qu'il m'avoit dict l'an passé, où il avoit esté, et qu'au besoing on le congnoissoit ; que, si on avoit tasché à se servir de luy en ceste négotiation-là pour luy nuyre, il espéroit y avoir au contraire raccommodé ses affaires sans s'engager ny à sa voisine, dont il estoit plus loing que devant, ny à autre chose quelconque ; et qu'à cela le confortoient les deux lectres que je luy avois envoyé du heu où j'estois, ausquelles il faisoit response de sa main, comme à son amy, lequel il asseuroit de faire ce que je luy avois dict de sa part, me commandant de l'en asseurer encores; qu'il faisoit partout bonne mine, mays que là estoit son cueur; qu'il estoit bien marry de ne sçavoir le nom du gentilhomme dont je luy escripvois; et, s'il le congnoissoit, ilayderoit à le faire approcher de luy, en toute asseurance, et qu'à II 15

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faulte de cela, il se servira de l'enseigne que je luy ay donné de l'amitié du baron de Monguyon, lequel il mandera; et, sans luy découvrir pourquoy, s'enquerra fort particulièrement de luy quel gentilhomme de ceste qualité il a pour amy, en ces cartiers de Guyenne, afïîn qu'il y pense et le recongnoisse accortement ' pour sentir le subject de sa charge, plus avant que je ne luy escripvois, affin de s'y disposer; que de ce qui en réussiroit il m'advertiroit ; me commendant au reste de faire tout ce que son amy vouldra, qu'il aura aultant agréable comme si c'estoit pour son exprès service, et de tenir près de luy la main à toutes choses, l'advertissant à toutes occasions de ce qui se passera , et de pourvoir tousjours à la conservation de ses bagues, au desgagement desquelles il donncroit ordre ; se sentant beaucoup obligé aux bons offices qu'il a receu de son amy, en cet affaire-là; voulant pour la fin que je l'asseure tousjours qu'il ne manquera rien de sa part, mays qu'il désireroit que ces affaires-là ne trainassent pas longtemps, pour éviter aux descouvertures ~ et fermer la bouche à tous ceux qui le vouldroient solliciter à aultre chose, estant incessament tourmenté de divers endroictz par telles importunitez. Après qu'il eut fàict ceste lectre, ung soir, ayant faict mine de se coucher pour faire retirer tout le monde, il la délivra à mon homme, luy commendant d'estre encores deux jours près de luy, puis monter à cheval, sans dire mot à personne, comme il lèist. Et n'y eut jamais homme qui en eust congnoissaiice,

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