‹ Mémoires inédites (volume 2)Chapitre 55 sur 84 · Écarter, mener à l'écart · texte numérisé non relu

Écarter, mener à l'écart

mon amy très afiectionné ; et qu'il feroit tel rapport à son maistre de ce qu'il a veu en moy, ce voyage, que la bonne opinion qu'il en avoit desjà luy croistroit beaucoup; que je ne trouvasse pas mauvais s'il ne vouloit estre congneu, que ce n'estoit tant pour le respect de son maistre que pour son intérest particulier, et qu'il tomberoit en une extrême ruine si ses voyages estoient dcscouvertz; qu'il n'avoit pas seulement voulu mener icy ung serviteur avec luy, encores que, grâces à Dieu, il en eust plusieurs, affin que personne n'en peust parler que son maistre et luy. De ces honestetez et excuses je le remerciay et luy diz, en ung mot, que je ne me meslois jamays que de ma charge et me contentois d'en rendre bon compte à mon maistre ; et qu'au reste je serois tousjours heureux de servir à ung bon affaire; et, quand j'aurois ce bien de le congnoistre, je luy doublerois le service que, dès à présent, je luy vouoys. Ainsy, montant à cheval, il fut reconduit à Lautern et plus oultre, en asseurance^

Et , quant à nous , tost après nous retournasmes à Lautern, où led. s"" duc feist dresser ses lentes et son équippage et donna ordre à tout ce qui estoit requis pour son voyage , remectant à donner advis de tout à mon maistre, quand il seroit en armée. Et la première chose que je luy conseillay de faire fut de haster le régiment dud. s"^ Beutterich, aflfin de le faire descendre le long de Rhin à Bonne, tout fraiz pour soustenir les effbrtz que préparoit desjà le duc de Parme, et conserver les places de l'Electeur, pendant que le gros de son armée s'assembleroit et suivroit tost après.

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