‹ Mémoires inédites (volume 2)Chapitre 74 sur 84 · Du tout, complètement · texte numérisé non relu

Du tout, complètement

à Ileydelberg, après la S' Jehan, aud. an 1585, pour discourir de bouche à S. A. ce que je n'osois pas escripre, à cause du danger des chemins.

Et desjà estoit le s"" de Ségur Perdaillan en Alemaigne', de la part du roy de Navarre, comme j'ay prédict'-^, homme fort mal choisy pour négotier avec les Alemandz, tant au faict de la religion, n'en ayant poinct que celle de Brocard, son prophète au faict d'estat, où il n'entendoit rien, et en la conversation^, qui estoit odieuse à tout le monde et spécialement aux princes, qu'il alloit visitant et les sollicitant à une confédération générale, avec force coffres qu'il publioit estre plains de pierreries et d'argent pour y contribuer de la part du roy, son maistre; ce que lesd. s" princes Alemandz, ayant descouvert estre chose fainle et qu'au lieu de pierreries c'estoient pierrailles, commencèrent à mespriser et son maistre et luy, de sorte qu'ilz l'empeschèrent au lieu de le favoriser.

Je communiquay mon voyage au s"^ de Mouy '^ seul, qui estoit mon aniy et désiroit que je luy aydasse à le faire employer, s'il se parloit de quelque levée d'Ale-

1. Avant d'aller en Allemagne ou après un premier voyage dans ce pays, en novembre 1583, Ségur-Pardaillan était passé en Angleterre avec Buzonval et Calignon. Castelnau rend compte à Henri III de cette mission, dans une lettre datée du 5 décembre (Chéruel, Marie Stuart et Catherine de Médids, p. 278 à 284 et 286 à 289).

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