Barriquer, barricader
2. Francis Walsingham, dont nous avons parlé (t. I, p. 38, note 1), le plus perfide des persécuteurs de Marie Stuart, était depuis 1573 secrétaire d'état d'Angleterre et spécialement chargé, dans les conseils de la reine, de la conduite des négociations extérieures.
400 MÉMOIRES DE LA HUGUERli:.
tout et retint les lectres originales de S. A. adressantes à la royne ; dont il fut extrêmement marry, recongnoissant la meschanceté toute manifeste dud. Palavicin, pour traverser au lieu d'advancer ma négotiation, et combien cela avoit nuy à mon affaire ; dont il se plaignit à la royne aigrement, par dépesche exprès adressée au s"" de Buzenval, agent dud. s"" roy de Navarre, pour la présenter et en parler de sa part selon les lectres que S. A. luy en escripvoit aussy, asseurant S. M. que cela seroit cause de la ruine de l'armée et perte de ses deniers.
Et fut sceu au vray que Guitry luy avoit conseillé de ce faire, estimant avoir l'honneur de faire tout sans moy avec ses dépesches que portoit led. Palavicin, ce qui fut cause d'ung grand préjudice. Et j'ay congneu que ce que led. Guitry en feist fut pour ce que ledV s"" de Gouvrelles m'escripvoit toute l'histoire , comme led. s*" de Guitry avoit esté cause de rompre l'assemblée des colonelz, avoit esté prins prisonnier et avoit failly à rompre du tout l'affaire qu'ilz avoient renoué sans luy aud. lieu de Brunswich ; m'escripvoit dadvantage qu'il avoit, par dépesche faicte exprès à son maistre, empesché du tout la venue dud. s'" prince, demandant le vicomte de Tureyne, estimant que, si avant partir d'Angleterre j'avois asseurance de la levée, je le ferois venir de La Rochelle et prendrois plustost la peine de l'aller quérir, comme à la vérité j'eusse faict en ce cas, ayant la moitié de l'escu d'Angleterre en main, que S. A. m' avoit baillé, à cet eftect, suivant les lectres que, dès le viij® de mars, S. A. en avoit escript aud. s"" roy et aud. s"" prince, conmie avoient faict depuis tous les colonelz.
Nonobstant Tadvis et commendemenl donne cydessus de n'escripre plus à S. A. nous ne recepvions tous les jours que lectres, ne taschans lesd. embassadeurs à aultre chose qu'à embourber S. A. en leurs brouilleries. Et luy escripvit Glervant de Basle, du iv" juillet, par le cappitaine Monet, portant en bouche ung advis qu'il avoit faict levée de vingt-et-un mille Suisses*, en q[uatre régimentz], desquelz il en envoyoit ung en Dauphiné et Languedoc pour tenir lieu d'es[corte aux] harquebuziers ()ue led. s'" de Chastillon amenoit^, avec asseurance d'une en[trée] desd. trouppes, ce qui mist S. A. en une extrême peine, prévoyant que c[este] grande trouppe de Suisses nuiroit plus à l'armée qu'elle ne serviroit et que cela estoit faict pour avoir la force à leur discrétion, contre la capitulation^; et, [lors] que Monet luy respondit
1. Glervant était parti pour la Suisse chargé par le roi de Navarre de faire des levées. Le 13 avril, il signa avec les colonels et capitaines des cantons, à Bi^le , une convention stipulant le nombre d'hommes qu'ils mettraient sous les armes, leurs gages, les conditions de leur retour après la guerre, etc. Cette pièce est conservée à la Bibliothèque nationale (copie du temps, f. fr., vol. 3975, f. 36).
2. François de Goligny, seigneur de Chastillon, dont nous avons parlé (t. I, p. 291 , note) avait levé dans le haut Languedoc et en Dauphiné une petite troupe d'arquebusiers (De Thou, liv. 87, 1740, t. VII, p. 26). Sa jonction avec le reste de l'armée est présentée par Casimir à Ségur (lettre du 20 juillet), et par Ségur à Casimir (lettre du 25 juillet) comme le fait le plus important de l'entrée en campagne (Vc de Colbert, vol. 402, f. 138 et 146). Nous verrons dans le tome suivant que cette jonction ne s'accomplit qu'en septembre.
3. Outre l'accord du M janvier dont nous avons parlé (p. 380, note) , le roi de Navarre signa le 9 mars une ordonnance d'exécution qui complétait la capitulation du 11 janvier. Cette pièce, contre-signée le 27 avril par les capitaines allemands, nous
qu'il n'en faloit rien craindre, d'aultant que la levée [se] faisoit par la faveur et intelligence de l'embassadeur du roy, il en futencorcs plus m[arry], me disant à part que lesd. Suisses seroient à la dévotion du roy et gaster oient tout, en si grande force.
Pourquoy, ayant congneu les difificultez de ceste nation, p[ar] la levée qu'il en feist en 76, il manda par led. Monet aud. Glervant qu'il feist simplement pour l'armée ce qu'il estoit tenu de faire par son obligation, faisant ce qu'il vouldroit pour envoyer au Languedoc et qu'il y envoiast plustost tout le reste des Suisses; qu'aultrement il n'avoit besoing de luy demander advis si avec ceste trouppe il passeroit au dessus de la montagne^, et qu'il s'asseuroit que ses colonelz ne vouldroient marcher avec tant de Suisses, qui les ruineroient à les attendre par les chemins et ne feroient poinct de service ; luy recommendant sur tout de haster le passage dud. s'^ de Chastillon avec ses 4000 liarquebuziers et 100 chevaux légers, pour le joindre avec ses 8000 Suisses et 500 chevaux légers [Italiens] , et qu'il ne vouloit que cela ; sans quoy il ne faloit faire estât de rien.
Ce que j'escripvy aud. Glervant, sans m'en vouloir fier aud. Monet, et de tenir la main à ce que Guitry fournisse les trois mille écus ; que j'ay de quoy vérifier [les deniers] arêtes en Angleterre pour employer en ceste levée ; qu'aultrement voulans ainsy disposer des deniers publics, luy des dix mil escuz de Goulongne,
paraît inédite. Nous pouvons en signaler deux copies du temps conservées ù la Bibliothèque nationale (f. i'r., vol. 3396, f 49, et 3975, f- A6).