‹ Mémoires inéditesChapitre 13 sur 92 · Le s. de Tantonville (t. II, p. 407, note · texte numérisé non relu

Le s. de Tantonville (t. II, p. 407, note

1. En 1582 le pape Grégoire XIII réforma le calendrier Julien,

escripvit aud. s"" duc Casimir, se plaignant du retardement dud. s"" de Buliy et craignant que led. s' duc de Lorraine ne trouvast mauvais son séjour plus long qu'il n'espéroit, le suppliant par ses lectres du xxij% qui estoit le xij% viel style, dud. moys, de luy dire le lieu où il voudroit qu'il l'aille trouver, pour sçavoir quelle response il pourroit reporter aud. s"^ duc de Lorraine, son maistre, sur ce que de sa part il luy avoit proposé et spécialement sur la confiance qu'avoit led. S'' duc, son maistre, que led. s"" duc Casimir luy donneroit advis de la volonté des François envers luy; et, si tant estoit que led. s"^ duc ne luy voulust donner aultre response que celle qu'il luy avoit faicte, il le supplioit de l'en advertir et de luy donner ung trompette pour la seureté de son retour.

A quoy led. s"" duc, marry de ne le voir disposé à attendre le retour dud. s'^ deBuhy ou de ses nouvelles, pour ung affaire de telle importance, pouvant bien considérer que led. s"" de Buhy avoit affaire à des personnes mal aff'ectionnées à la proposition qu'il leur avoit faict par ses lectres et que pour ce il pourroit demeurer quelque jour dadvantage, il luy feist response, le xiij'' dud. moys, vieil style, par laquelle il l'asseura que led. s"" de Buhy avoit passé seurenient, comme il en avoit eu lectre du marquis de Baden, et qu'il avoit trouvé le s"" de Ségur à Strasbourg, sans faulte, s'asseurant qu'il ne tarderoit guère à l'advertir,

en supprimant dix jours à l'année courante (du 4 au 15 octobre). Cette réforme fut adoptée au mois de novembre par la France, mais les pays protestants résistèrent plus ou moins longtemps, préférant, comme on disait, avoir tort avec le soleil que raison avec le pape. L'ancien style est le calendrier Julien ; le nouveau style est le calendrier Grégorien.

selon sa promesse; estant d'advis, puisqu'il n'avoit voulu aller avec luy pour le presser de près et apprendre ce qu'il faict, comme il jugeoit estre le meilleur, qu'il ne feroit pas mal d'attendre encores ung peu, veu l'importance de l'affaire qui ne se peut expédier que par ce moyem-là, auquel il croioit que led. s' de Buhv faisoit diligence, en actendant lequel il pourroit donner tel advertissement à son maistre qu'il vouidroit, l'asseurant de sa part qu'il désiroit voir toutes choses bien accommodées, et qu'il n'y espargneroitrien, non plus que si c'estoit pour soy-mesmes, selon qu'il luy avoit déclaré en présence dud. s"" de Buhy.

Le lendemain, xiiij^ juillet, estant retourné led. s' de Buhy à Speire, il escripvit aud. s'^ duc pour sçavoir ce qu'il avoit affaire sur les discours impertinens que led. s^ de Ségur luy avoit faictz. Et led. s" duc luy feist response, le xiiiij*^ juillet, qu'ayant receu ses lectres il avoit, en mesme temps, veu celles que led. s"" de Ségur avoit escript au s"^ de Beaumont ^ des occasions qui l'avoient empesché de faire ce pour quoy il estoit allé vers luy, lesquelles il luy avoit déclarées, ne faisant doubte qu'il ne les eust faict entendre bien amplement aud. s"" de Tantonville, pour adviser ce qu'il aura affaire là-dessus, remectant

1. Charles du Plessis, seigneur de Liancourt et de Beaumont, capitaine et négociateur dévoué au roi de Navarre. C'est lui qui fut chargé d'annoncer à la reine Marguerite que son divorce avec le roi avait été autorisé par le pape [Lettres de Henri IV, t. V, p. 194). Beaumont épousa plus tard la belle Antoinette de Pons, comtesse de La Roche-Guyon, que le roi avait vainement courtisée pendant plusieurs années.

à la discrétion dud. s"" de Buhy ou de le venir trouver ou de luy escripre le discours qu'il a eu avec led. S"" de Ségur : ce que led. s*" de Buhy devoit faire et venir, faisant attendre led. s"^ de Tantonville, n'y ayant doubte que led. s"" de Ségur ne deubst bientost nous escripre quelque chose, pour response à ce subject, changeant peut estre de stile, comme il estoit homme léger, et l'affaire le méritoit bien, cela n'empeschant pas led. s"" duc de Lorraine de continuer les préparatifs de sa défense, pendant qu'on négotioit le moyem de l'en descharger.

Comme de faict led. s"^ de Ségur, à l'instant qu'il eust renvoyé led. s"" de Buhy,m'escripvit, dud. xiij^ de juillet, me mandant, entre aultres plusieurs affaires, qu'il m'envoyoit quelques articles, faicts par quelques gens d'honneur qui estoient à Strasbourg, sur lesquelz on pourroit traicter avec led. s' duc de Lorraine, dont led. s*" duc Casimir pourroit faire pour le mieux; et les articles estoient telz :

Monsieur le duc de Lorraine, pour garentir ses pais du mal que l'armée y peult faire :

1 . Révocquera tous les édictz qu'il a faictz contre ses subjectz de la religion et leur permectra de vivre en liberté de conscience et exercice de leur religion, sans estre molestez en quelque façon que ce soit, et fera lever toutes les saisies et confiscations qui pourroient estre faictes sur leurs biens ' .

1. Le duc de Lorraine avait tenu, le 9 avril 1587, un conseil de guerre où furent arrêtées diverses mesures contre les huguenots et contre l'armée allemande, dont l'invasion était imminente. Un procès-verbal de ce conseil de guerre est conservé aux Archives nationales (K. 1566, n° 100;.

2. Se départira de toutes associations et ligues qui pourroient estre faictes ou se pourroient faire contre le roy de Navarre et ceux de lad. religion.

3. S'obligera de faire mectre en liberté Mons'^ de Théligny *, dans le terme de troys moys.

4. Fera descharger Mons*" de La Noue de toutes les promesses faictes par luy à la maison de Lorraine et de Guy se '^.

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