Théophile Sarrasin (t. I, p
le faict de la négotiation de Lorraine par led. s*" de Guitry : que nous avions bien gaigné à l'espargner et que, pour récompense, il nous attendoit au chemyn de Montbéliard ' , pour nous tailler en pièces-; qui avoit esté cause de nous faire reprendre ce chemin, et que, si nous y eussions faict la guerre, comme le roy et le roy de Navarre le désiroient, il ne feust rien arrivé de tout ce dont nous plaignions ; on commença à entrer en délibération de ce qui estoit nécessaire pour une aultre levée. Et fut résolu le 3® janvier 1588 :
1 . Que la correspondance seroit de nouveau soigneusement entretenue et les ad vis envoyez en Alemaigne aud. s' baron, à Genefve au s"" de Bèze, et à Sedan au s"" de La Noue.
2. Que le s'' de Clervant, si sa santé le permect, ou aultre, en sa place, ira en diligence trouver le roy de Navarre , pour luy faire entendre toutes choses et en rapporter ce qui est nécessaire.
3. Que le roy de Navarre dépesche en Alemaigne, en diligence, pour lever le mescontentement, compter
1 . L'armée allemande évita le pays de Gex à cause du duc de Guise, qui était en Franche-Comté, traversa la Bresse et entra le 22 décembre à Genève, au nombre de deux mille hommes, avec l'autorisation des seigneurs de la ville. Après quelques jours de repos elle partit pour le pays de Vaud et rentra en Allemagne (Spon, Hist. de Genève, t. I, p. 331, note;.
2. Après la capitulation des reitres avec le duc d'Épernon, le duc de Guise se mit à la poursuite de l'armée allemande, avec le marquis de Pont-à-Mousson « pour sous son nom, écrit-il à Mendoça, m'y couvrant et aidant de lui, parachever à défaire ce qui reste des reistres ennemis. » Il alla les attendre dans le comté de Montbéliard (Lettre du 23 décembre; Arch. nat., K. 1567, n" 4).
et payer quelque notable somme, sans quoy rien ne se peult faire,
4. et pour faire une nouvelle levée, des aultres moyems particuliers.
5. Qu'en attendant que S. M. joigne l'armée, il envoyé M. le prince de Condé à Sedan, pour la recepvoir et commender et y tenir l'artillerie preste,
6. et faire délivrer le colonel BernstorfF', prisonnier es mains du s' de Verrières^.
Ayant séjourné à Genefve, l'espace de troys sepmaines, pour y adviser aux affaires et chacun à sa santé, après ung si fascheux voyage, pendant que les colonelz et leurs reistres s'advançoient par la Suisse, nous partismes, led. s"^ baron et moy, pour aller à Bern ; où je fuz contrainct de me mectre au lict, pour une grosse fiebvre continue qui me surprint, pendant que led. s' baron feist les doléances au conseil contre le régiment qui s'estoit laissé corrompre au préjudice de leur capitulation qu'il exhiba, laquelle les obligeoit à obéyr au chef alemand, en toutes choses, et au mespris de l'association qu'ilz avoient jurée à Orges avec les Alemandz de ne s'abandonner l'ung l'autre,
1. Le colonel Bernstorf commandait, au départ de l'armée, le 5 août, le jour de la montre à Strasbourg, trois cornettes de retires (Lettre de Jehan Melander, premier secrétaire de l'armée allemande au duc Pliilippe de Brunswick; f. fr., vol. 3398, f. 1G5). Il fut fait prisonnier quelques jours avant la bataille d'Auneau (Mémoires de la Ligue, t. Il, p. 228, note).
2. Probablement le s. de La Verrière, parent des Gondi et, en cette qualité, serviteur de la reine-mère. Après la mort d'Henri III, il se rattacha à Henri IV et le servit dans quelques négociations, notamment auprès du cardinal de Gondi et du duc de Nevers {Lettres de Henri IV, t. III, p. 587 et 618).
tant que la guerre dureroit, et jusquesà ce que par une paix il eust esté pourveu à leurs affaires communes, et qu'ilz feussent après licenciez et reconduitz, comme il leur feist apparoir par l'original de lad. association. Qui mist lesd. s*^^ de Bern en peine, voyant que led. s"^ baron exhiboit aussy les remonstrances qui leur avoient esté faictes, selon cela, pour empescher leur retraicte, et les protestations de tous dommages et intérestz qui leur en pourroient arriver, comme de faict il estoit advenu, requérant sur ce justice. Qui fut cause que lesd. s'^ feirent appeller le s'^ Bonstetten\ lieutenant colonel du régiment de BerUc Lequel, après la mort du cappitaine Tilman-, son colonel, avoit faict ceste faulte, pour respondre à ce qui luy estoit mys sus. Lequel, ne saichant comment se laver, sans descouvrir du tout le mai, fut contrainct de dire ouvertement que luy et les aultres colonelz n'avoient rien faict que de l'exprès commendement de ceux à qui ilz estoient obligez d'obéyr et sans quoy ilz n'y eussent jamays voulu penser. Duquel commendement demandant led. s"" baron qu'on luy feist apparoir, encor qu'il ne feust bastant, pour les descharges du serment de leur capitulation et association au contenu desquelles il continuoit en ses protestations , led . Bonstetten remonstra que, pour le respect des grandz ausquelz cela importoit, il ne luy estoit loisible de le publier; mays que, pour satisfaire à ses supérieurs, il leur feroit voir led. commendement en original. Lequel ilz asseu-
1. Bonstetten, lieutenant du colonel Tilman, fut le promoteur de la capitulation des Suisses avec le roi (Mémoires de Chastillon ; f. fr., vol. 3975, f. 198 et suiv.).