‹ Mémoires inéditesChapitre 64 sur 92 · Le poète Philippe Desportes (t. I, p. 198, note · texte numérisé non relu

Le poète Philippe Desportes (t. I, p. 198, note

2. On peut comparer ce passage des Mémoires de La Huguerye avec le Journal de la Ligue (17 mai 1593 au 6 novembre 1593) imprimé dans la Revue rétrospective (t. XVI, p. 51 à 145).

cet efïect il se rendroil à Paris avec toutes ses forces ; mays led. duc de Mayne ne pouvoit entendre parler d'aultre que de luy; et les ducs de Guyse^ et de Nemours estoient en pareil estât ; et tous le vouloient estre et il n'y en pouvoit avoir qu'ung ; et le duc de Mayne faisoit entendre partout, par ses serviteurs, qu'il porteroit plustost à Bourbon tout ce qui estoit en sa puissance que de souffrir ung aultre esleu que luy, duquel la France avoit desjà, disoit-il, accoustumé la doulceur du commendement. Et cependant qu'ilz débatoient ainsy de la chape à l'évesque^, on prenoit les places, l'une après l'aultre, sans aulcun secours. Et je vei tout aller sans dessus dessoubz et en désordre, si tost que led. duc de Mayne vit qu'il n'y avoit poinct de part pour luy en ce gasteau-là.

D'aultre costé le roy d'Hespaigne faisoit encores une aussy grande faulte, taschant, en premier lieu, de faire tomber ceste couronne en la personne de l'infante^, sa fille aisnée, et luy donner pour mary l'archiduc Ernest d'Autriche '% lors gouverneur des Païs-

1. Charles de Lorraine, quatrième duc de Guise, lils du duc de Guise assassiné à Blois, né le 20 août 1571, avait essayé de devenir roi de la Ligue au moyen d'un mariage avec l'infante Isabelle. Après son échec il se soumit au roi , servit Henri IV et Marie de Médicis et mourut en Italie le 30 septembre 1640.

"2. C'est-à-dire disputer à qui appartiendra un objet qui ne peut appartenir à aucun de ceux qui le réclament.

3. Isabelle-Claire-Eugénie d'Autriche, fille de Philippe II et d'Elisabeth de Valois, née en 15G6, épousa en 1599 Albert d'Autriche et mourut en 1633.

4. L'archiduc Ernest d'Autriche, frère de l'empereur Rodolphe, gouverneur des Pays-Bas depuis le commencement de 1593, après le comte de Mansfeld, avait été destiné d'abord par Philippe II à épouser l'infante Isabelle d'Espagne (voy. la note 2 de la page

360 MÉxMOIRES DE LA HUGLERYE.

Bas, lesquelz, à cet effect, il estoit résolu d'offrir, pour les joindre à ceste. couronne-là, plustost que d'y laillir ; comme je le sceu des principaux d'entr'eux qui en faisoient venir l'eaue en la bouche à ceux ausquelz ilz parloient confidemment. Et, pour fondement de leur intention, ilz alléguoient que l'infante estoit fille d'une fille de France^, de la race de Valois, que la Loy Salique estoit une chimère et ung songe des François, d'ailleurs que la grande despense qu'ilz avoient faicte, au secours de la France, de plus de six milions d'or, abandonnant leurs affaires particuliers de Rolande, méritoit cela ; qu'en ce faisant toutes les anciennes querelles des deux couronnes sercient assopies et entre elles une telle parenté et amitié contractées qu'elles seroient réputées pour une couronne et capables d'unir et allier toutes les forces de la chrestienté contre le Turq ; que ce n'estoit pas assez de faire eslection, mays qu'il la faloit faire d'une personne capable de soustenir les fraiz nécessaires à sa manutention et conservation, de laquelle qualité estoit seul le roy d'Hespaigne, pour conserver sa fille ; se soubzmettant au reste à toutes les plus raisonnables et toliérables conditions que, pour cet effect et leur asseurance en toutes les partyes du gouvernement, les Estatz de France pouvoient désirer d'eux; et beaucoup d'aultres particularitez qui furent par eux proposées, tant en plaine assemblée desd. Estatz, par la bouche du docteur Inigo^, lequel assissuivante). Il mourut de la fièvre le 20 février 1595, à l'âge de 41 ans. De Thou fait son éloge, liv. GXII.

1. Elisabeth de Valois, fille de Henri II et de Catherine de Médicis, née le 13 avril 1545, morte le 3 octobre 1568.

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