Sierck, sur la Moselle
le debvoir qu'il avoit promis et avoir au contraire servy à l'archevesque à descouvrir l'intention dud. s' cardinal et à gaster tout, pour récompense de quoy il a eu depuis le gouvernement du chasteau d'Eremljrestein , au dessus de Conflans ; et s'en est allé ceste poursuitte en fumée, estant advenu , après la mort de l'archevesque, ce que j'avois doubté de l'élection dud. s'^ Meternick. Led. Scharfstain feist ung aultre mauvais office en cet affaire ; car, me voyant fasché d'ung si mauvais succez, et luy disant que je ne me pouvois assez estonner de telles gens, qui avoient abreuvé led. s"" cardinal de telles espérances, pour puis après luy faire ung tel tour, qui estoit prince de courage, pour recongnoistre en temps et lieu ceste indignité de procéder en son endroict, que j'estojs tant son serviteur que, si j'avois la libre disposition de cet affaire, comme j'ay eu aultreffois d'affaires d'autre qualité, ou si j'avois charge du feu s"^ duc de Guy se, qui sçavoit bien avoir la raison de telles procédures, je sçavois bien le moyem de parvenir au but de mon voyage, sans plus deppendre de telles personnes. Et me demandant led. Scharfstain quel moyem, je luy respondiz que seul je le sçavois et seul l'exécuterois, et sans luy, si telle estoit la volonté de mon maistre. Sur laquelle response il se mist à philosopher et faire des commentaires, dont il abreuva ceux dud. chappitre, pour les dégouster encores plus de l'affaire; qui fut ung meschant tour. Et se voulant lesd. chanoines excuser là-dessus, je fuz enquis que c'estoit. A quoy je respondi comme dessus, en présence de feu mons'" le comte de Salm et dud. s'' de Créange, lequel recongneut ung artifice semblable avoir esté pratiqué contre luy, par le chanoine Coiiad ; lequel il
avoit esté contrainct de dévestir et appeller à luy faire raison, comme il avoit faict depuis, recongnoissant n'en avoir jamais ouy parler. Et me demandant led. s*^ comte le moyem que j'eusse peu tenir pour cet effect, comme j'avois dict aud. Scharfstain, je le suppliay de m' excuser, estant ung moyem de mon invention, duquel je désirois avoir seul l'honneur, s'il estoit agréable à S. A. ; mays que je ferois comme on dict du scorpion , et tirerois l'effect de ceste négotiation de celuy qui est cause du mal. Et toutesfois, tost après, led. s"" comte estant seul et desmangé de le sçavoir, je [le] luy déclaray si particulièrement qu'il l'approuva grandement, pouvant estre exécuté par moy seul, sans l'interposition de S. A. ny dud. s"^ cardinal. Lequel moyem je ne déclare poinct icy, pour ce qu'il est encores en estât de servir. Et mériteroit cet archevesque et Scharfstain tel traictement, pour leur apprendre à se gouverner plus sagement à l'endroict de grandz princes , leurs voisins ; qui leur eust osté le moyem de faire ce qu'ilz ont encores depuis osé asseurer, sur une prétension de vasselage, ce à cause de Sarregues^.
Au mesme temps se présenta une aultre belle occasion de faire plusieurs beaux effectz pour la grandeur de S. A. ; qui fut que le marquis Edouard de Baden-, se voyant endebté par le mauvais mesnage de ses prédécesseurs et de luy-mesme, se résolut enfin de se renger au petit pied, pour trouver moyem d'acquiter