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Dans le Palatinat, entre le Rhin et la Moselle

2. Philippe de Bade, fils de Christophe de Bade et de Cécile de Suède (fille du roi Gustave I"), né en 1567, mort en 1620.

Et me priant de l'assister, pendant ce temps-là, en la conduite de son affaire, pour l'expérience que j'en avois, je m'en excusay sur le service de S. A., sans le congé duquel je ne le pouvois ny vouldrois faire. Mays il m'asseura de faire cela pour moy et de l'obtenir, comme pour les aultres. Et de faict en parla aud. s*" de Bassompierre, qui feist ce qui estoit pour ce nécessaire et me pria de ne refuser cela, pour quelque temps, et que cependant il se présenteroit quelque aultre meilleure occasion, pour m'employer et me retirer de là. J'estois seul à Nancy, ma femme estant encores à Paris, pour noz affaires; et commençois à m'ennuyer en telle oisifveté. Qui fut cause qu'estant bien instruict de l'affaire et voyant l'advantage qui en pouvoit venir à S. A., en plusieurs sortes qu'il n'est besoing de descouvrir et dont je discouru avec led. s" de Bassompierre bien amplement, je me laissay aller, sur l'asseurance que me donna led. s"" marquis d'avoir des moyems ; sans quoy je sçavois qu'il ne pouvoit rien faire ny tirer les 4000 liarquebuziers et 500 chevaux légers, dont lesd. s"^^ de Boppart et de Vannes s'estoient chargez et luy avoient donné la paroUe, moyennant l'advance d'une petite somme; laquelle receue, ilz deb voient faire marcher leurs trouppes jusques au pais dud. s"^ marquis, sur le Rhin, en une petite ville, située au devant de Radstat, où je luy avois conseillé de dresser le passage. Ainsy, ayant congé d'aller led. s"" marquis, il s'en retourna en poste au comté de Sponheim et laissa ung sien varlet de chambre pour me mener le droict chemin, quand je serois prest et aurois donné ordre à mes affaires, emmenant cependant led. s"" secrétaire Thélier, avec lequel alternatifvement je pressay

led. s' marquis, estant à Trarbach*, de donner ordre au recouvrement de deniers, pour satisfaire à ce qu'il avoit promis ausd. s'' de Boppart et de Vannes, pour lesquelz solliciter led. s"" Le Thélier retourna à Nancy. Ayant séjourné quelque temps en la maison dud. s' marquis, je découvris bientost son humeur et de ses serviteurs, tous incapables de le servir en affaire de telle importance, plus tost à ses plaisirs, èsquelz ilz l'entretenoient, en l'absence de sa femme 2, que led. s"" marquis de Dourlacli avoit retenu prisonnière, comme elle se préparoit pour suivre son mary en Flandres. Et recongneus, par plusieurs fois, qu'il estoit mal servy d'ung sien secrétaire, nommé Jacot, auquel il se fioit pour les dépesches requises au recouvrement des deniers, dont je le pressois à toute heure, et de le faire fort secrètement, et ne traicter avec aulcuns soldatz, ny en attirer en sa maison, pour ne descouvrir son intention à son cousin, le laisser empesché à remédier à ses poursuittes vers l'Empereur, et luy tomber sur les bras à l'improviste. Ausquelz effectz je travaillois incessamment; et n'advançois pas tant que je désirois, par la faulte de ses serviteurs. Et fei en sorte que led. s' baron de Boppart, l'estant venu trouver secrètement, il luy délivra des bagues et chesnes d'or la valeur de 2000 escuz, pour en fournir la moitié aud. s' de Vannes et tenir leurs troupes prestes, l'asseurant de le suivre bientost, avecmoyems

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