Dans le Palatinat, entre le Rhin et la Moselle
2. Marie d'Eichen , fille de Josse, baron d'Eichen, seigneur de la Rivière, gouverneur de Breda. Gomme elle était d'une conditioa inférieure à son mari , la légitimité de ses entants fut contestée plus tard par le marquis de Dourlach.
plus grandz qu'il ne leur avoit promis, comme de faict il en ramassa encores plus qu'il n'en faloit, quelque mauvais service qu'il receust des siens en cela, sur toutes les ouvertures que je luy en faisois, à mesure qu'il me descouvroit de ses affaires, dont une seule ne réussissoit ny avec le comte d'Ebrestain', pour la part dud. comté, ny avec l'évesque de Triefves, pour sa part de la terre de Cruff et aultres ; et ne faisoient ses gens aultre chose que descouvrir ses affaires, en allant et venant, à ses propres ennemys comme au duc des Deux-Pontz' et au duc de Virtemberg ; et ce nonobstant nous en eusmes enfin plus qu'il n'avoit promis.
Et, au lieu de s'amuser à faire telles secrètes poursuittes et faire bonne mine de ne penser qu'à son plaisir et à poursuivre ses affaires en la court de l'Empereur, je descouvry ung mauvais mesnage de ses serviteurs, qui, abusans de luy, faisoient servir sa maison à la relraitte de quelques mauvais garnemens, par le moyem desquelz ilz l'asseuroient de recouvrer bientost une grande somme de deniers. Et fuz tout esbahy ung matin qu'allant au lever dud. s"" marquis, pour luy parler de ses affaires, je trouvé dedans le grand poisle, où il mangeoit et me faisoit manger avec luy, seize hommes de cheval avec ung cappitaine qui les commendoit, tous armez ; lesquelz estoient arrivez la nuict au chasteau, où leurs chevaux estoient logez.
1. Un comte d'Eberstein devint plus tard gouverneur de l'Esclavonie pour le compte de l'empereur et combattit les Turcs à côté du duc de Mercœur (De Thou, liv. 126). Le comté d'Eberstein était situé entre le duché de Wiirtemberg et le marquisat de Bade.
2. Jean 1er, ^^q ^q Bavière, comte palatin, né le 18 mai 1550, épousa Madeleine de Glèves et mourut le 12 août 1604.
J'eu bien de la peine à descouvrir que c'estoit. Et, saichant cju'ilz estoient de Metz, j'entray en doute. Et, m'aprochant de l'ung d'eux, je luy demandé si le cappitaine Galitrope estoit avec eux, lequel estoit de ma congnoissance. Et, entendant de luy qu'il estoit à Metz, je sceu de propos en aultre que ccluy qui les conduisoit estoit le cappitaine Provençal. Et passant oultre, désirant sçavoir qui les menoit, je ne peuz apprendre aultre chose, sinon qu'ilz estoient vcnuz trouver led. s"" marquis, pour luy faire service. Mais le nom dud. Provençal me donna assez de subject de croire qu'il estoit là, pour faire ung tour du mestier auquel il estoit ordinairement employé par le s' de Saubole^, gouverneur de Metz.
Dont estant près dud. s' marquis, je luy fei une plainte, luy remonstrant d'ung costé que c'estoit gaster tous ses affaires, d'attirer soldatz près de luy, et d'aultre part, quoy qu'on luy deist, que je voyois bien que ces gens-là cherchoient aultre chose que son service ; que cela luy acquerroit une mauvaise réputation et dégousteroit tout le monde de ses affaires ; que je voyois bien qu'il avoit de mauvais serviteurs et qui, abusans de son authorité, faisoient des choses indignes de son honneur, dont son ennemy se sauroit bien prévaloir pour le rendre odieux ; quant à moy que je n'avois jamais esté en lieu où on pratiquast telz moyems, le priant de me donner congé. Dont estant
1. Roger de Gomminges, seigneur de Saubole et de Ghan telle, conseiller d'État et chevalier de l'ordre du roi, capitaine de reîtres, gouverneur de S. -Beat en Languedoc, envoyé par le duc d'Épernon comme lieutenant du roi au pays Messin , en place de Moncassin, mourut en 1615.
tort estonné et prenant peine de me retenir, il me confessa que, passant par Metz, il avoit faict amitié avec led. Saubole pour ses affaires, et qu'à sa prière il les avoit receu en son chasteau pour une nuict. Je répliquay, sans le vouloir offenser, que led. s"^ de Saubole estoit assez descouvert, par aulcuns de ses espions, lesquelz avoient esté surpris guettans les passans, pour l'en advertir et les faire prendre, et avoient esté exécutez en divers lieux; que le cappitaine Provençal, qui estoit en son poisie et conduisoit lesd. seize chevaux en armes couroit pareille fortune; qu'il ne luy estoit honorable de faire de sa maison une retraicte de telles gens, qui ne se pouvoient plus couvrir du manteau de créance du roy de France. Et fei tant par mes remonstrances qu'il me promist et jura de n'y en laisser plus entrer et de n'appeller plus de soldatz près de luy, recongnoissant ce que je luy en avois dict estre pour son service et m'en remerciant. Et peu après, sur le soir, je les vei remonter à cheval et sortir le chasteau, par la porte des champs. Et le lendemain je sceu qu'ilz avoient surprins ung seigneur de qualité, que je sceu depuis estre le baron de Bolzveillers\ venant du Pais-Bas en poste, après avoir passé là Mozelle à la poste de Lezer^, trois lieues soubz Triefves, sur le passage de lad. rivière, où ilz avoient pratiqué le postillon, qui les advertissoit à poinct
1. La maison de Bohveiler ou Polweiler était d'Alsace. Le cardinal de Granvelle cite assez souvent dans ses Papiers d'État le baron Nicolas de Bolweiler comme un des agents de Charles-Quint et de Philippe IL II fit une campagne sous le règne de Henri II en Franche-Comté (De Thou, t. II).