La Lezer, rivière qui se jette dans la Moselle
nommé du passage des courriers. Qui me donna subject de redresser ma plainte aud. s' marquis et tirer promesse de luy de ne souffrir plus telz serviteurs près de luy ny se servir de telles gens; que, si cela estoit descouvert à l'archiduc, jamais il ne le vouldroit voir, m' efforçant de ramener ce prince, qui estoit de bon naturel , à ung meilleur chemin et luy faire quitter plusieurs mauvais garnemens qu'il avoit en sa maison.
Et, ayant depuis entendu qu'ilz avoient surprins le baron de Bolveillers, venant de Flandres, j'en remonstray la conséquence aud. s' marquis et le danger où il se mectroit de perdre l'amitié dud. archiduc et de toute sa maison, de laquelle principalement il avoit à espérer son restablissement. Et enfin, ne le pouvant du tout empescher d'aprocher de luy quelques gens de guerre, soubz couleur de sa garde, je ne pouvois aussy approuver l'cstroicte communication qu'il avoit avec le duc Charles des Deux-Pontz, qui faisoit sa résidence à Bielfeld^ et avoit son partage, par indivis, au comté de Schœnheim. Et, ewcores qu'il eust quelque subject de le rechercher, pour ne pouvoir pas du tout disposer sans luy de ce qui luy apartenoit aud. comté, si est-ce que cela se pouvoit faire sans tant aller et venir à Trarbach , où il descouvroit tout par led. secrétaire Jacot ; et en advertissoit le duc des Deux- Pontz son frère, qui estoit ung des autheurs de l'entreprise dud. marquis de Dourlach. Et remédiant à tout cela, led. s'' Le Thelier et moy, tant que nous pouvions, n'avions rien plus en affection que de faire argent. Et
l. Bielefekl, capitale du comté de Ravensberg en Westphalie.
414 MÉMOraES DE LA HUGUERYE.
en ayant assez, tant en monnoye qu'en bagues, il donna jour et lieu ausd. s'^ de Boppart et de Vannes, à Valdervange^ pour leur délivrer argent et prendre jour pour le partement de leurs trouppes, qu'ilz asseuroientestre prestes. Et nous envoya devant aud. lieu, avec une somme d'argent pour leur délivrer et l'attendre; qu'il porteroit sur luy ce qu'il avoit de prétieux, pour plus qu'il n'en restoit. Auquel lieu de Valdervange, ayant trouvé lesd. gentilzhommes, leur délivrasmes encores ce que ied. s' marquis leur envoyoit par nous, et en prinsmes quittance, communicant avec eux de l'entreprise, en l'attendant comme il y arriva tost après.
Devisant avec eux, en actendant Ied. s"" marquis, nousapprinsmes, Ied. s"" Le Thelier et moy, que Ied. s'^de Vannes s'estoit advancé de luy-mesmes de communiquer de cet affaire au roy de France, duquel il estoit serviteur; qui me feist entrer en une grande doubte, estant ung tour du tout contraire à la foy et parole dud. s' de Vannes; qu'il n'ignoroit pas que le roy de France ne feust mal affectionné aud. s"" marquis, proche parent et serviteur du roy d'Hespaigne, et au contraire intime amy de l'Electeur palatin et du duc des Deux- Pontz, principaux amys dud. marquis de Dourlach, autheurs et fauteurs de son entreprise. Pour quoy Ied. s'' marquis estant arrivé avec deux joyaux de valeur de plus de douze ou quinze mil escuz, en résolution de les leur délivrer plus tost qu'ilz ne feussent contens, nous luy conseillasmes de ne se haster et de voir devant marcher leurs trouppes. Auquel effect ilz furent d'advis