‹ Mémoires (inédits)Chapitre 19 sur 27 · I:T PIECES OFHCIEIJ.es · texte numérisé non relu

I:T PIECES OFHCIEIJ.es

i)'av;iit |)ii V avoir piiit. Je lU' doute uitlleineiit (ju M ne vous soil liicilc (le vous justiiier; Ibrt de volic honiie conscience , vous devez jillcndre avec couliaiicc et sécurité un jugement qui ne saurait fju'ttre honorable jour vous , en niellant tlans l:i plus grande évidence voire patriotisme et votre amour pour la chose publique.

» Je suis encore coufirnié dans cette présomption par la copie t(ue vient de me faire passer ofiiciellcment le ministre des atVaires élranj^èrcs, delà relation que -M. de Walteville , major commandant le régiment d'Ernest, a envoyée à Berne, de révénemeut dont d s'agit. Je m'empresse de vous adresser celte pièce; je suis bien persuadé que vous avez rassemblé d'ailleurs les preuves les plus capables d'élablir votre justilication , mais j'ai pensé que celle-ci était plus laite cpi'aucune autn; pour ll\er l'attention de la (Jour martiale.

» Le minislie delà guerre,

» Si^'/iv j V. !)i:(>i\AVi:s. »>

Plus bas est écrit do la m.iin du ministre :

« Je vous préviens que je mande à M. de VVigcnstcin et à M. de Colncy que , si le jury n'est pas asscndilé , si la procédunî à votre sujet n'est pas commencée , je proposerai au roi de lever votre suspension , et qu'il ne soit donné aucune suite à cette affaire. »

Lettre écrite par le gi'fiérol Dumouriez , ministre des affaires étrangères , au ministre Degraves , en lui transnnitiint la relation de M. de iratteuille.

« Je vous envoie , mon cher collègue , la copie du compte rendu par M. de VValtevillc à l'Etat de Berne. Comme cet oilicicr s'est rendu responsable en prenant le commandement qui lui a été cédé par MM. de Barbanlane et Olivier , cette pièce devient la <léchargc de cet officier général.

» Je vous embrasse. Signé , DiMoi lUEZ.

)) Le 27 mars 1792. y)

En transmettant l'original de cette lettre à M. de Barbanlane, le ministre de la guerre , Degraves , mit au bas l'apostille sui^ vante :

-<t La note ci -jointe servira, à tout événement, à votre défense. »

I()() KCl.AinClSSiCMK.NS IlISTOnFOUES

Copie de la Jielaiion de ce qui s'est j)assè à Aix , concenia/it irégiment suisse d' J'irnest^ les '2O et jy JétJrier lyfjj; envoyée à Berne par M. de ff^attevillc , major commandant de ce régiment.

c( Dimanche, 126 février, après neuf heures du matin, M. de ïiarhantane, martichal-de-camp commandant ici, me fit dire d<' faire rentrer au quartier tous hîs soldats. L'n instant après il m'envoya son aide-de-camp pour me fain; passer cliez lui de suile. II me dit qu'il était averti que les Marseillais arrivaient , et qu'il nous faisait rester au quartier pour être prêts à tout événement. Entre onze heures et midi , je sus par un officier que j'allais être requis par la municipalité de renforcer tous les postes, mais que la réquisition avait été envoyée au général. Aussitôt, sans en avoir eu d'autres avis, je fis rassembler la nouvelle garde et la fis partir pour doubler tous les postes. Un instant après l'aide-de-camp'vint au quartier et ordonna de faire prendre les armes à tout le régiment, et je fis distribuer des cartouches. Le général étant venu , je lui dis que j'avais déjà fait doubler tous les postes , et que nous serions prêts dans un instant. Il me dit : « Yous ferez marcher un )i bataillon , et le placerez à la grille au bout du Cours , pour emî) pêcher qu'ils n'entrent en ville ; » et qu'il allait reconnaître ce qui se passait. J'envoie les deux compagnies de greuadiers et une de fusiliers pour chercher les drapeaux sur le Cours en ville ; l'aidede-camp vint , me dit de ne pas faire marcher le bataillon.

» Le général arriva dans le même instant pour me dire : « Les » Marseillais arrivent dans la ville; j'ai ordonné au détachement » qui cherchait les drapeaux de s'arrêter sur la place à lentiée du » Cours : marchons en ville avec un bataillon pour soutenir votre » détachement et voir ce qu'ily aàfaire. » Arrivé au bout delà rue St. -Jean , tout près de notre détachement qui n'était qu'à environ quarante pas des Marseillais , le général me dit d'arrêter la colonne 5 que la uiuniclpalilé allait venir, et que nous aurions nos drapeaux. Il y eut des pourparlers entre le général et les Marseillais. Il nous fut permis de chercher nos drapeaux qui passèrent devant les Marseillais qui leur présentèrent les armes. Les drapeaux arrivés , le bataillon resta en colonne : on attendit la municipalité. Les Marseillais firent marcher une pièce de canon , el la placèrent à

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