IV NOTICE
Il loïK^hait à peine sa dix-huitième annc'e, et déjà il était en correspondance avec Je père Paulian , auteur du orand Dictionnaire de physique, et plusieurs autres savans, qui tous lui prédisaient un avenir ])rillant dans la carrière des sciences.
Il n'oubliait cependant pas qu'il était sans fortune, et qu'il avait besoin d'un état. Il étudiait donc les premières difficultés du droit, et passant successivement de chez son beau-père dans le cabinet d'un avocat distingué de Marseille (i), et à l'école de Droit d'Aix , il achevait de se former par la connaissance des grands modèles. L'éloquence flatteuse de Pascalis, le discours nerveux de Gassier , l'abondance de Portalis lui apprenaient chaque jour quelques-uns des secrets de l'art oratoire. -C'est à ces études qu'il dut sans doute de paraître sans désavantage , quelques années plus tard , à côté des orateurs de la Convention.
A peine eut-il fini l'étude du Droit qu'il résolut dVchever ce qu'il appelait son éducation. Il sollicita de sa mère et obtint la permission de faire un voyage de quelques mois à Paris. Il ne fut point y chercher des plaisirs bruyans , mais des hommes célèbres , et l'instruction qu'on recueille auprès d'eux.
Marat, dont la mémoire est détestée , jouissait alors de quelque réputation comme savant. Barbaroux fit sous lui. un cours d'optique. Il rappelle
II) M. Lejoiu'dan , depuis membre du Tribunat.
SLK BAKliAKOLX. V
(lai^- ses Mémoires les relations exlrèmeinenl enrieuses auxquelles donnèrent lieu, par la suite, ees rapports passagers du professeur et de IVlève.
Jusqu'alors, HarbarouxsVtait occupe des sciences, de la lèiiislation commerciale et de la litt<'rature. Un nouvel aliment vint à cette époque s'ollrir à son enthousiasme. La guerre dV\merique venait de finir, et la première des rèpubli([ues modernes était reconnue par les rois. Elle avait du Talliance de la France à Tamour de la liberté, que les écrits des philosophes du siècle avaient fait germer dans tous les cœurs. Son triomphe donna plus dVxallation à ce sentiment.
On sait quelle suite d'abus dans Tadministration, de prodigalités de la par^ de la cour, de faiblesses de la part du roi, amenèrent la ruine du crédit et la réunion des notables, remède impuissant pour tant de maux. La nation, que les intérêts provinciaux occupaient seuls jadis, fut attentive cette fois à la discussion de ses intérêts généraux. Un mouvement extraordinaire agita la France, et se propagea de ville en ville jusqu'aux extrémités du royaume. La nation , à peine éveilh'e, fut bientôt instruite de rinsutlisance des mesures prises par le gouvernement: elle voulut la convocation des étatsgénéraux.
Barbaroux crut voir le salut de la France dans les réformes qui se préparaient, et en devint dèslors le zélé partisan. De retour à Marseille, il s^oc-