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tique de Bachelier , et où il maltraita durement M. le comte de Caylus. Celui-cy parut mépriser cette misère , mais en fut si cruellement blessé qu'il prit en haine, non-seulement Diderot(i). mais encore tous les auteurs de ce dictionnaire , et qu'il suffisoit d'y avoir contribué pour être son ennemi.
Il eut niéme peine à conserver la même affection pour M . Wattelet depuis qu'il eût accepté de faire les articles des arts (2). En général M. de Caylus halssoit un grand nombre des gens de lettres d'alors , en qui il n'avoit pas trouvé de docilité , aussi bien que la plupart des membres de l'Académie françoise contre laquelle il se
nie n'a pu €tre suggérée que (wr l'envie : nous sommes convaincus que M. Diderot se respecte trop à tous égards pour prêter la plume à l'indécence et au mensonge. • ( DicHcmtaire portatif dt peinture , page Iviij Ji la note).
(1) « Je connais peu Diderot parce que je ne l'estime point ; mais je crois qu'il se porte bien. Il y a de certains bougres qui ne meurent pas tandis que pour le malheur des lettres de l'Europe d'honnêtes gens comme Mélot meurent dans leur plus grande force ( Lettre du Comte de Caylus à Paciaudi du i6 février 1761 dans la Correspondance inédite, tome 1 . page 237). Nous n'avons pas besoin d'ajouter que Diderot n'accordait guère au Comte de Caylus plus de témoignages d'estime qu'il n'en rece> ▼ait lui-même. Les Observations sur la sculpture et sur Boucher don se terminent par cette anecdocte : - J'allai l'autre jour voir Cochin; je trouvai for sa cheminée cette brochure du Comte de Caylus. Je l'ouvris, je lus le titre : Eloge de Bouchardon. Un malin avoit ajouté au crayon : ou Tart de ùÀTt un petit homme d'un grand. * Cependant Diderot semble avoir eu les premiers torts ; on sait à quel artifice les Souvenirs de Madame de Caylus durent de paraître.
(s) « Il est aimable , mais son genre d'esprit et sa société ne vont pas avec la fiiçon dont je pense sur certaines choses. ( Lettre écrite à Paciaudi entre le to et le a mai iy6s dans la Correspondance inédite . tome 11 , p. 126).
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lâchoit volontiers. Quelques uns prétendoient qu'il ne les avoit ainsi pris en haine, que depuis que , lassés de l'aider de faire ses écrits dont il les accabloit trop fréquemment , ils avoient renoncé, comme disoit Duclos. à lui raccommoder ses savates.
Je n'ay pu m'empecher d'avoir une pensée à ce sujet dont je n'ay cependant nulle certitude mais qui n'est pas sans vraisemblance ; je crois ' qu'intérieurement il auroit désiré d'être de l'Académie françoise ; il avoit beaucoup écrit (i) et ne s'imaginoit pas écrire mal. Il étoit honune de condition et l'on n'exige pas autant d'eux que des auteurs de profession; mais, haut conune il étoit , il n'auroit jamais voulu marquer ce désir , il auroit voulu que l'Académie le devinast et le prévint , elle ne s'en avisa pas , et de là le mépris qu'il en témoignoit. Beaucoup de gens sont à l'yard de ce corps conune le renard et les raisins de la fable.
Quant à Bachelier il ne paraissoit pas que M . le comte de Caylus ait eu occasion de s'en vanger plainement , mais on est fondé à croire qu'il le lui gardoit. On entrevoyoit facilement quelques traces de son inimitié ; lorsque Bachelier obtint d'être reçu de l'Académie (2) conmie peintre
(1) Voyez notre Appendiu. II (p. 151) et le Cabmet des Fies, Amster^ dam 1786, in-8^ tomes XXIV et XXV.
(3) Le 2 septembre 1755. Bachelier, malgré le dédain que Cochin pro» fesse ici pour son talent, devint Professeur en 1770 et fut même élu Adjoint à Recteur en 1792.