‹ Mémoires inédits de Madame la comtesse de Genlis (volume 2)Chapitre 18 sur 63 · TOME VI II · texte numérisé non relu

TOME VI II

l5o MÉMOIRES

début d'un journal parlant du département du Gard : cet article qui m'est resté dans la tête commençoit ainsi * :

(( Nous jouissons encore de la tranqidlUié dans notre malheureux département. » On ne pouvoit nier que ce malheureux département qui jouissoit toujours de la tranquillité ne fût par conséquent très-heureux j mais on prévoyait qu'il cesseroit de l'être. Avec cette p/es^ojante manière de juger, il faut avouer qu'il n'est point d'action digne de louange, ni de situation dont on puisse être satisfait.

Et que n'a-t-on pas dit contre les missionnaires , dont les travaux sont si bienfaisans î A Marseille , ils ont fait faire une infinité de restitutions , entre autres chez MM. Rey frères , M. Vintimille, M. Bergerac et beaucoup d'autnes ; à Mantes , ils ont eu les mêmes succès , et leurs sermons, comme partout, ont produit une infinité de réconciliations. A Aix, ils ont apaisé des querelles violentes , empêché des duels ; et à Dole ( Jura ) , ils ont de même fait chérir leurs prédications , rétabli l'union dans

• La llenonimcc . mardi i8 janvitM' 1820.

DE MADAME DE CE X LIS. l5l

plusieurs familles , et Tesprit de charité dans toutes les classes.

L'AUTEUR

Tant que la France n'aura pas un plus grand nombre de curés , les missions seront non-seulement utiles mais nécessaires ; ces nouveaux apôtres poursuivent leur sainte carrière avec le courage héroïque de la foi , noircis et calomniés par les ennemis de la religion, rien ne les intimide , rien ne les rebute , rien n'excite leurs craintes ou leur ressentiment ; on pourroit leur appliquer ces belles paroles de Bossuet : « Le monde vous hait , parce que » vous n'en voulez pas suivre les œuvres ni » marcher dans ses sentiers ; on vous hait » gratuitement , vous êtes heureux , vous por- » tez le caractère de J.-C. , vous devez dire : » Venez, calomniateurs, venez, que je vous » embrasse ! vous imprimez sur moi ce beau » caractère de J.-C. ; Us mont haï graiuite- » ment, etc. »

(Sermon de Bossuet, sur la Calomnie.) LA COMTESSE.

Quant à vous , chère amie , consolez- vous des injustices en pensant au bien que vos ouvrages ont fait , surtout relativement à Tédu-

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cation ; ils vous ont procuré une multitude d'amis dans toutes les classes ; vous leur devez la vive et tendre afFeetion de toute la jeunesse des deux sexes , sensible et studieuse , de tous les pays....

L'AUTEUR

Et votre amitié ( si fidèle ) depuis votre première enfance.

Il est vrai que sur ce que j'entendois dire de vos ouvrages je me passionnai pour vous avant même d'être en état de les lire; mais la plus digne récompense de vos travaux en ce genre est au Palais-Royal !....

L'AUTEUK.

Ah ! je le sens du fond de l'âme !....

La bienfaisance, la bonté, les talens, l'instruction et la conduite de LL. AA. PiR. Ms^ et Mademoiselle d'Orléans sont assurément l'éloge le plus parfait de vos ouvrages sur l'éducation.

L'AUTEUR

Et je n'en désirerai jamais d'autre.

J'aI (Tonné le détail des événemens de ma vie et de mes oni nions morales et religieuses : je dois, •pour compléter eet ouvrage, parler aussi de me5 opinions littéraires.

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