‹ Mémoires inédits de Madame la comtesse de GenlisChapitre 12 sur 38 · C)G M É MOIRES · texte numérisé non relu

C)G M É MOIRES

allâmes sur-le-clianip à la cour. Madame la duchesse de Chartres fut reçue sèchement, toute la disgrâce so horiia à cel^; et très-peu de temps après, on n'eut plus Tair de penser à noire escapade. Au bout d'un mois j'eus une fièvre intlammatoire, causée par le peu de précautions que j'avois prises contre le brûlant soleil d'Italie. On me saigna , et je me rétablis promptement.

La campagne de mer de M. le duc de Chartres dura deux mois : il revint, et avec l'approbation unanime du public. M. le duc de Chartres fit encore une campagne de mer, et qui en fut une de guerre; il s'y conduisit avec la plus grande bravoure. A son retour madame la duchesse de Chartres alla au-devant de lui jusqu'à Mortagne. Je la suivis, la marquise de Fleury fut aussi de ce voyage, qui fut un véritable triomphe. Rien ne peut donner l'idée de l'enthousiasme que l'on montra pour ce prince durant toute cette route, et qui fut le même à Paris. 11 se manifesta aux spectacles d'une manière véritablement passionnée ; mais ce triomphe fut bientôt souillé par l'envie et la calomnie!... et ces jn-emicrs jours si brillans ont flétri sa vie

DE MADAME DE GENLIS. Gj

entière. Dans ce, beau inonicnl , son âme s'ouvrit, et se livra à tous les seiitiiiions élevés et généreux; mais l'envie, la calonnûe , Tinjustice le révoltèrent, TaigTirent proloiuK-ment. 11 se (]i( que la gloire avoit besoin de bonbeur et d'appui, il la dédaigna, il y renonça. Ce dépit funeste eut la plus malbeureuse influence sur son caractère et siu* sa destinée! Si Ton eut été équitable pour lui, il n'auroit jamais souillé un nom clier à la France, et une grande renommée. Madame de Montesson, dans cette circonstance, fut pour lui d'une extrême perfidie; il ne put l'ignorer , et il le lui pardonna généreusement à la mort de son père.

Je reviens à mon récit , que j'ai laissé à l'époque de notre retour d'Italie. Madame la duchesse de Chartres n'étoit point grosse, comme je l'avois cru en Italie, mais elle le devint aus^ sitôt après le retour de M. le duc de Chartres* Elle avoit déjà deux garçons : l'ainé s'appeloit duc de Valois. J'avois vainement représenté que ce nom est malheureux, cette petite superstition n'empêcha pas de le nommer ainsi. Je proposai le joli nom de Nemours, qui ne fut point accepté. J'espère que le malheur pu-

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