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VU dans ma vie de touchant et de noble eoninie la reconnoissanee du chevalier, et le bonheur de tous les trois ; ils avoient un quatrième frère , qui n'étoit point mêlé dans leur malheureuse affaire, qui étoit à Paris , et que j'avois vu sans cesse , pour le charger de commissions pour eux; il étoit présent à cette scène. Je les conduisis tous chez Gerbier, d'où, ils dévoient aller remercier le baron de Vioménil; et je les invitai tous les quatre, ainsi que Gerbier, à dîner à Belle-Chasse, le jour même.
J'entrai à Belle-Chasse à midi dans le pavillon charmant bâti au milieu du jardin , et sur mes plans : ce pavillon communiquoit au couvent par un long berceau de treillage recouvert de toile cirée et chargé de vigne. Toute la communauté, conduite par la prieure, vint recevoir mes petites princesses à la grande porte du couvent : nous les conduisîmes à l'église, ensuite nous allâmes nous établir dans notre jolie maison. Je n'éprouvai nullement cette émotion dont m'avoit parlé madame de Barbantane ; je ne sentis que de la joie en entrant dans ce paisible asile où j'allois exercer un si doux empire : je pensai que je pourrois
me livrer à mes véritables goûts , et que Je ne serois plus en butte à la méchanceté qui m'avoit causé tant de chagrins ! Je ne fus pas fort tranquille les premiers jours, parce que la curiosité attira à Belle-Chasse toutes les personnes du Palais-Royal et tout ce. que je connoissois d'ailleurs. Tout le monde fut enchanté de mon établissement , qui étoit en effet charmant. J'avois dans ma chambre à coucher une grande alcôve, dont mon lit n'occupoit que la moitié; il s'y trouvoit un passage qui donnoit dans la chambre des princesses à côté de la mienne, et dont je n'étois séparée que par une porte de glaces sans tain et sans rideau , de sorte que je pouvois voir de mon lit tout ce qui se passoit chez elles. Une des pièces de l'appartement contenoit dans des armoires de glaces tout mon cabinet d'histoire naturelle : je n'avois emporté du Palais-Royal que cela et mon bureau. J'ai été la première femme qui ait eu un bureau ; ce que l'on critiqua beaucoup d'abord, et ensuite presque toutes les femmes en eurent. M. de Genlis, qui me le donna , l'avoit mis dans mon cabinet , au-dessous d'une grande glace. Mon frère fit à ce sujet de jolis vers cpi'il écrivit et lit encadrer dans un petit ta-
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bloau qu'il plaça au-dessous de la glace* de mon bureau , et que voici :
Qu'un vieux notaire en long manteau ,
Avec un pâle et long visage,
Se sèche devant un bureau ,
Cest son devoir, c'est son usage;
Mais que ce meuble du barreau , ,
Que ce noir et triste bureau
Se trouve chez vous, ma Thémire,
Je ne puis m' empêcher de dire,
Dussiez-vous en être en courroux,
Qu'un bureau n'est pas fait pour vous.
Non , ce n'est point ici sa place.
Quoi ! vit-on jamais une Grâce
Assise à côté d'un bureau!
Voilà le bizarre tableau
Que vous nous présentez vous-même ,
Lorsqu'avec une peine extrême ,
Appliquée à votre bureau.
Vous faites un extrait nouveau.
L'amour le plus vif, le plus tendre ,
N'osera jamais entreprendre
D'avouer le feu le plus beau.
Dans un cabinet à bureau ;
De son aspect, de sa présence,
Telle est la fâcheuse influence :
Oui des Amours c'est le tombeau.
Levez les yeux, voyez , de grâce.
Au-dessus de votre bureau ,
Ce que vous offre cette glace :
Sur vos traits vous verrez la trace
D« l'ennui , source de tous maux ,
Et c'est là l'effet des bureaux.
Ah ! si du soin qui me travaille , Vous pouviez , partageant les soins, Avec moi venir à Versaille , Je pourrois me flatter du moins De vous guérir de la folie Des bureaux; et de votre vie , Vous n'v voudriez retourner, vil même en entendre parler.
Du bureau quittez la manie ; De l'étude les vains travaux, Lorsqu'on est aimable et jolie.
Ne valent pas un doux repos.
Oui, c'est là le bonheur suprême, Le seul qui soit toujours nouveau , Et je ne tolère un bureau.
Que pour écrire à ce qu'on aime.
On me consçrva mon logement au Palais- Royal, parce cju'il étoit destiné à ma fille ainëe, à laquelle une place étoit promise pour son mariage; il étoit meublé magnifiquement, tapissé en damas bleu avec des baguettes dorées de la plus grande beauté; il contenoit pour dix-buit mille francs de glaces ; je n'en ôtai rien , et je me fis meubler à Belle-Chasse avec une extrême simplicité, parce que, suivant l'usage de la maison, quand l'éducation étoit finie, les meubles appartenoient à la gouvernante. Les appointeraens de gouvernante étoient
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de six millo francs; mais comme je prenoîs les princesses au maillot, M. le duc de Chartres m'en offrit douze; je les refusai; je me contentai de six mille francs , ne voulant point que Ton pût croire que je m'en étois chargée , si jeunes, par un motif d'intérêt. On a beaucoup accusé M. le duc de Chartres d'être avare, et c'étoit une injustice; je l'ai vu payer deux fois, de fort bonne grâce, les dettes de madame la duchesse de Chartres , et donner fort libéralement l'argent nécessaire pour son voyage d'Italie, pour celui de Hollande, et pour l'éducation de ses enfans ; je l'ai vu faire des actions particulières très-généreuses ; en voici trois traits , et j'en pourrois citer beaucoup d'autres. Le chevalier de Barbantane , qu'il ne connoissoit point, étoit, en Allemagne, attaché au duc de Deux-Ponts ; quand ce prince mourut , le chevalier se trouva sans place et sans fortune ; M. le duc de Chartres me vit affligée de sa situation , et de lui-même , sans nulle espèce de sollicitation de ma part, il me dit de lui écrire pour l'engager à recevoir de lui une pension de quatre mille francs ; le chevalier eut la délicatesse de la refuser, parce qu'il n'y avoit aucun droit; mais comme cette délica-
tesse n'étoit pas commune , M. le duc de Chartres ne s'attendoit certainement pas à ce refus, J'étois encore au Palais-Royal lorsque M. le duc de Chartres eut le malheur de blesser à la chasse à tirer son coureur, et sans qu'il y eût de sa faute : ce coureur étoit couché dans un fossé, sans que M. le duc de Chartres pût le savoir; une perdrix sortit de ce fossé, M. le duc de Chartres tira au moment où son coureur se soulevoit; il reçut le coup dans la tête ; le fusil n'étoit chargé qu'à plomb ; mais il fut grièvement blessé. M. le duc de Chartres , désespéré,, le prit dans ses bras, le porla dans sa voiture , et le conduisit sur-le-champ à Paris chez un des meilleurs chirurgiens ; le coureur guérit; nous l'avons vu même reprendre son service ; mais sa santé fut visiblement détruite, et il mourut au bout de huit mois. M. le duc de Chartres fit à sa veuve une pension viagère de quinze cents francs, réversible sur la tête de sa fdle unique âgée de douze ou treize ans ; et comme cette femme avoit une fort mauvaise conduite ,• il ota de ses mains cette enfant qui étoit fort jolie; il la mit dans un couvent cloîtré, et il paya à part sa pension , outre celle de quinze cents francs.
Ellr ivs(a cinq ans dans ce couv(Mit; ensuite M. le duc de Chartres lui donna un Irousseau , de l'argent comptant, et la maria.
Un jour au Palais -Koyal , M. le duc d(; Chartres me chargea de lui trouver pour Mousseaux un bon jardinier , qui voulût épouser une jeune laitière. Je me rappelai aussitôt une jeune Rose, fille de la laitièn; du ciiàteau de Genlis, je calculai qu'elle devoit avoir dixhuit ans , et j'écrivis à madame Foret , sa mère, qui m'apprit qu'elle n'étoit point mariée : alors je la fis venir, je la mis à Paris, chez madame Adam, la plus célèbre laitière; elle apprit là à faire d'excellens fromages à la crème, et à se perfectionner dans tout ce qui avoit rapport à cet état, elle y resta trois mois; pendant ce temps, je cherchai un jardinier; j'en trouvai un qui a été fort célèbre dans son art : il étoit Allemand, et s'appcloitEtickausen. Rose étoit jolie et d'une honnêteté parfaite, mon jardinier en devint tout de suite amoureux; je lui donnai un joli trousseau, je la mariai , et ie la menai moi-même à l'église ; ensuite j'eus le plaisir de la conduire à Mousseaux, dans une charmante petite maison que M. le duc de Chartres avoit fait bâtir exprès
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pour eux , vn forme d'une grande laiterie ornée, toute meublée, avec des armoires remplies de linge de ménage, de faïence, de casseroles, et contenant en outre douze couverts d'argent. M. le duc de Chartres, en ma faveur, leur donna mille écus de gages , et Etickausen, pour compléter le bonheur de sa femme , imagina une chose charmante : à son insu il fit venir de Genlis sa mère qu'elle trouva dans sa maison, sans s'y attendre. J'étois seule dans la confidence; Etickausen, pour lui causer cette surprise, n'avoit pas voulu qu'elle assistât au mariage; il garda toujours avec lui cette bonne femme, dont il eut tous les soins possibles, et qu'il ne quitta que lorsque je la lui demandai par la suite , pour en faire notre laitière à Saint-Leu : je n'ai jamais passé une matinée plus agréable.
J'ai conduit la maison de Beîle-Chasse et l'éducation des princesses et des princes, leurs frères, avec une économie remarquable et qui a été citée : mon premier principe étoit d'y avoir l'œil , de compter tous les jours , et de savoir le prix des choses, et surtout les doses de comestibles donnés chaque jour à la cuisine pour les repas. Les doses ne changent ja-
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mais, et c'est là-tlessus principalement qu'on est friponne, ou (pi'il y a du gaspillai^e quand on n'y fait pas inic extrême attention. Je savois donc ce qu'il falloit donner de vermicelle ou de riz, pour un potage de quatre, huit, douze personnes , etc. ; car il suflit de savoir ce qu'il en faut pour une ou deux; j'avois fait la même combinaison pour le sucre des compotes, des crèmes, etc., pour l'huile, le beurre, le laitage, etc. Enhn, j'envoyois secrètement toutes les semaines à la halle un homme dont je connoissois la scrupuleuse et délicate probité : il s'informoit du prix courant de toutes les denrées, et il me rapportoit ce détail par écrit. Pour se soustraire à la redoutable inimitié des cuisiniers, il m'avoit fait promettre le plus profond secret, que j'ai si fidèlement gardé, que jamais on ne s'est douté de notre intelligence à cet égard. Cet homme étoit un valet de chambre de Mademoiselle , il s'appeloit Horain. J'aime à le nommer, parce que je lui ai dû en très-grande partie l'économie tant louée de la maison de Belle-Chasse, et la réputation de bonne ménagère , qu'on accorde avec tant de répugnance aux femmes qui aiment la lecture, et qui cultivent la littérature et les arts.
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J'entre dans ce minutieux détail, i". parce qu'il tient fort peu de place dans ces mémoires; 2°. parce que c'est un devoir pour moi de ne rien omettre à cet égard; puisque je m'étois chargée de la dépense , la seule probité m'imposoit la loi de ne négliger aucuns des moyens de la bien conduire. Je n'ai jamais voulu me charger de l'argent pour la dépense : un trésorier payoit sur mes mémoires arrêtés ; c'est encore une règle que j'avois établie. On lit avec plaisir dans les Lettres et les Mémoires de madame de Maintenon les conseils de ménage y qu'elle donne sans cesse à son frère et à sa jeune belle-sœur, leur prescrivant ce qu'ils doivent se faire servir à leur dîner, les instruisant du prix des comestibles , etc. Cette bonhomie et ces petits soins plaisent dans une personne qui vivoit dans im si grand monde ; mais ce n'étoit point pour elle un devoir : ainsi, j'espère qu'on me pardonnera cette courte digression. Mon second principe étoit d'engager mes élèves à donner avec magnificence dans toutes les occasions , mais de ne les faii'c acheter et payer que comme des particuliers ; et mon troisième , <Je ne me servir personnellement d'aucuns de
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leurs marchands ou tournissours. M. le duc <lc (Ihartrcs ap]>lau<li( à celte ccononiic, mais ne la demandoit point; et quand je lui ai pro- ])0sé, pour l'avantage de cette éducation, des dépenses tout-à-fait inusitées, il les a toujouis faites, non-seulement sans opposition, mais avec empressement et plaisir; comme, par exemple, tous les joujoux instructifs, les palais d'architecture, se démontant, et qui ont coûté si cher, et tant d'autres choses de ce genre, et enfin l'acquisition de la belle terre de Saint-Leu, celle du château de la Motte, seulement pour leur faire connoître la mer , nos courses, nos voyages dans l'intérieur de la France, etc. J'avois taché de rendre utile à l'éducation, jus(pi'à l'ameublement de Belle- Chasse. La tapisserie de la chambre des princesses leprésentoit peints sur toile à l'huile, sur un fond bleu , les médaillons en grisaille , d'après les médailles , des bustes des sept rois de Rome, des empereurs et des impératrices jusqu'à Constantin-le-Grand. Les dessus de porte représentoient des traits particuliers de la même liistoire; à chaque médaillon se t renvoient la date et le nom des personnages. Deux grands paravens représentoient les rois
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de France; les écrans montés, les écrans de main, et les dessus de la porte de la salle à manjTfcr représentoient des traits mythologiques. Tout Tescalier étoit recouvert de cartes de géographie, que l'on pouvoit détacher pour les leçons ; j'avois mis les cartes du midi dans le bas de l'escalier, et celles du nord dans le haut. J'ai détaillé toutes ces choses dans Adèle et Théodore. Enfin, j'avois fait graver, en lettres d'or , au-dessus de la porte grillée qui nous renfermoit, ces paroles d'Addisson, tirées du Spectateur anglois : (c True happiness is )) of a rctired nature and an enemy to pomp » a?id noise, n
M. de Schombçrg venoit souvent me voir. Il m'amena d'Alembert , pour lequel je n'avois aucun penchant naturel. Sa figure ignoble, et sa voix aigre et de fausset me déplaisoient. Il étoit, dans la conversation, acre, boufl'on, burlesque et caustique ; je ne le reçus que par complaisance pour M. de Schomberg.
Je donnai successivement, dans les dix premiers mois de mon séjour à Belle-Chasse, mes autres volumes du Théâtre d éducation, dont les journaux parlèrent avec les mêmes éloges '.
' Voici en quels termes Grinmi en parle dans sa Cor-
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A ])ropos (le celui des pièces tirées de rÉcriture sainte, d'Aleinbert, en présence de M. de Schomberg, me dit amicalemeîit qu'il me couseilloit de ne jamais parler à l'avenir de la religion , parce que cette mode étoit passée ; qu'il falloit employer ma belle ima'gination sur des sujets seulement moraux ( on savoit que je travaillois à Adèle et Théodore) ; et qu'alors je serois sûre d'obtenir les suffrages les plus ëclatans , et que lui , par exemple , proposeroit à l'Académie de créer quatre places de femme , afin de me mettre à leur tête; et qu'il étoit certain d'obtenir cette grâce . qui me couvriroit de gloire, parce que le public penseroit bien que l'on n'auroit nommé les trois autres que pour avoir le droit de me faire cette faveur, en diminuant un peu l'envie qu'elle exci teroit. Je lui demandai quelles seroient mes
vespondancc liudrairc -. « Il paroît trois nouveaux volumes du Tliéâtre d' éducation de madame la comtesse de Genlis. Ces nouveaux volumes soutiendrant ia réputation du premier. C'est la même morale présentée avec toutes les grâces de l'imagination la plus heureuse et de la sensibilité la plus douce. Il est impossible de rendre la vei'tu plus aimable , et d'intéresser le cœur par des impressions plus innocentes et plus pures.
(TNolc de l'cdileiir.)
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trois compagnes. Il me nomma mesdames de Montesson , d'Anf^ivilliers et Necker. Je répondis qu'il m'étoit impossible de séparer la religion de la morale, et que je n'aurois aucune espèce de talent, si je voulois la priver d'une telle base ; que non-seulement je parlerois sans cesse de la religion , mais que je combattrois de tous mes foibles moyens la fausse philosophie qui l'attaque et la calomnie. Il me répondit , avec colère et avec dédain, que je m'en repentirois. Il ajouta du ton le plus ironique et le plus amer, que \a. grâce pourroit être de mon côté, mais que la Jbrce n'y seroit pas. Je répondis qu'avec la raison, la droiture et la persévérance, on est toujours fort. La dispute devint très - piquante de part et d'autre, malgré tous les efforts de M. de Schomberg pour nous adoucir et nous concilier. D'Alembert s'en alla furieux contre moi ; depuis ce jour -là je ne l'ai plus revu. Tel a été le commencement de ma brouillerie avec les philosophes.
J'ai oublié de dire que, parmi les lettres de complimens sans nombre que je reçus au Palais-Royal , sur le premier volume du Théâtre déducalion , j'en reçus luie de madame d'Epi-
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nav ', ^jne je ne connoissois pas du tout. C'étoit alors une femme de cinquante ans, très-infirme, et qui ne sortoit point; elle me demandoit avec instance d aller la voir. Sa lettre ëtoit aimable, je me décidai à lui faire une visite; elle me reçut si bien, que je promis d'y retourner. M. Grimm logeoit chez elle ^, et il
■ Madame d'Épinay a composé pour la jeune comtesse Emilie de Belzunce un livre intitulé, les Conversations d'Emilie , qui a été souvent réimprimé, et dont les maximes sont la condamnation de cette vie licencieuse dont elle nous a révélé les écarts dans les mémoires qu'elle a laissés, et qui ont été imprimés après sa mort arrivée en 17 85. Ce livre sur l'éducation fut couronné par l'Académie.
(Note de l'éditeur.)
' Grimm, né eu Bavière, vint en France long-temps avant la révolution. Son goût pour la musique et les beaux-arts le lia avec J.-J. Rousseau et Didei'ot; le premier l'introduisit dans la maison de madame d'Epinay, et le second dans la société d'ïlelvétius , du baron d'Holbach , de d'Alembeit, etc. Il étoit caustique et tranchant dans la conversation , et Ion a prétendu qu'il mettoit du rouge et du blanc , ce qui lui fit donner le sobriquet de Tyran le Blanc. Dans la dispute entre les Gluckistes et les Piccinistes, quoiqu'Allemand, Grimm prit parti pour la musique italienne. Il rendoit compte à la duchesse de Saxe-Gotha de toutes les nouveautés littéraires qui se