‹ Mémoires inédits de Pétion et mémoires de Buzot & de Barbaroux, accompagnés de notes inédites de Buzot, et de nombreux documents inédits sur Barbaroux, Buzot, Brissot, etc.;Chapitre 15 sur 61 · LIS · texte numérisé non relu

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C’est le 27 mars 1789 que Buzot fiit élu à l'assemblée des États généraux. Il prêta serment de fidélité le même jour dans l’église cathédrale d’Évreux. Le 27 avril eutjlieu à Versailles son admission dans l'Assemblée.

Voici des fragments de lettres écrites par Buzot à ses compatriotes (extraits du registre de la correspondance administrative tenu à l'hûtel de ville).

A MM. les membres du comité permanent et de sûreté publique de la ville ifEvreux.

■ Versailles, le 5 août 1789, avenue de Paris, 67.

» Messieurs et chers concitoyens,

• L’Assemblée nationale me charge de vous envoyer la déclaration du 20 juillet 1789. Je vous prie de la faire publier partout , parce qu’elle intéresse tout le monde.

• Je joins à cet envoi un arrêté de l’Assemblée nationale du 4 de ce mois.

• Je vous fais observer à cet égard que tous les objets de cet arrêté ont été délibérés et votés le quatre , mais que l’Assemblée nationale en a renvoyé la rédaction ail comité nommé à cet effet, qui s’en est occupé le cinq et l’a présenté aujourd’hui a la discussion de l’Assemblée.

• Tous les articles en seront conservés pour le fond, mais il pourrait se faire qu’on y changeât quelque chose en la ferme. D’après cette réflexion, j’aurais dû peut-être attendre que l’Assemblée eût définitivement arrêté les articles de son décret , mais je n’ai pu résister au désir de vous en envoyer le projet, dont les idées tranquillisantes peuvent produire un bon effet dans les circonstances fâcheuses où vous êtes.

• Aussitôt que le décret sera passé, je me ferai un devoir de vous le faire parvenir.

- Permettez-moi aussi, messieurs et chers compatriotes, de vous offrir la collection entière des procès-verbaux de l’Assemblée nationale et des ouvrages imprimés par ses ordres. Vous y verrez surtout que nous nous occupons sans relâche de la Constitution que vous attendez avec tant d’impatience et d’empressement, et dont des circonstances qui vous sont bien connues n’ont que trop longtemps retardé le travail et l’avancement ; enfin , il est permis actuellement d’espérer j mais restons toujours sur nos gardes, et surtout que le peuple continue à se protéger lui-même et à mériter d’être libre et d’obéir aux lois décrétées librement par ses représentants.

» J’ai appris avec la plus douce satisfaction, messieurs et chers concitoyens, que vous aviez établi une milice bourgeoise à Evreux

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et formé un comité permanent sur le modèle de celui de Paria. Je vous prie de donner tous vos soins à consolider cet heureux établissement, qui, sans doute, sera étendu, sous les auspices et l'autorisation de l'Assemblée nationale, dans toutes les parties du royaume. De grâce, g aidez- moi une place dans cette milice patriotique, afin que je puisse, si de nouveaux malheurs nous survenaient encore, y mourir près de vous en combattant pour notre commune patrie.

• Je dois vous apprendre qu’il a été fait mention dans les procèsverbaux de l'Assemblée nationale d'une adresse de la municipalité d’Êvreux ; mais ne croyez-vous pas que les communes de cette ville dussent particulièrement , et en leur nom , présenter une adresse de remercîment et de reconnaissance respectueuse à l'Assemblée nationale et d'adhésion à ses arrêtés?

• J'ai l’honneur d’être avec un profond respect, messieurs et chers concitoyens, votre très-humble serviteur et fidèle député.

» Rczot. ■

Une lettre de Buzot, du î février 1790, transmit à ses compatriotes la copie du décret de l'Assemblée nationale déterminant les divisions du département de l’Eure et désignant Evreux pour en être le chef-lieu :

• Plus de deux mille députés extraordinaires, dit Buzot, sont venus à Paris des extrémités du royaume, solliciter de pareils départements, et quatre-vingt trois villes seulement jouiront avec vous de cet avantage immense. Un très-grand nombre de députés se seraient contentés pour leurs villes d'un district ou de l’assurance d'une justice dont beaucoup même sont privées. Et vous, vous avez un département de trois cent trente-cinq lieues (?) et un district considérable, et vous aurez vraisemblablement une justice trèsiinporfante. Je ne vous rappelle pas ces faits pour foire valoir le succès de mes nombreuses démarches et de mes peines ; un tel sentiment, je vous l'assure, est bien étranger à mon cœur; en pensant à l’intérêt de mon pays, je ne puis m’occuper que de lui seul; mais au nom de cet intérêt, qui est le vôtre, de la liberté et de la régénération de l'Empire français, veuillez pénétrer tous mes concitoyens des idées de grandeur, de richesse et de bonheur qui sont attachées aux établissements qui vont se former dès le 15 de ce mois dans le sein de leur ville fortunée ! On n'a peut-être pas encore une idée bien nette et bien précise de l’administration dont seront chargés les dictricts et les départements ; mais en jetant les yeux sur le décret et l’instruction que je vous envoie, il est impossible à un cœur honnête et sensible à la prospérité de son pays de

NOTES

ne pas se livrer à toutes les espérances de bonheur que présente à tous nos concitoyens la formation de ces établissements dans la ville d’Évrcux. »

Plus loin il ajoute : « Il ne m’a pas été possible de satisfaire toutes les villes de votre département; plusieurs d’entre elles sont mécontentes de moi, et m’accusent d’avoir sacrifié leur intérêt et leur bonheur aux vôtres. Je ne dissimulerai point en effet que j'aime avec passion mon pays, que j'ai fait tout ce qui a dépendu de moi pour le rendre heureux et florissant, et que je le ferai toujours; mais ces affections si douces, si chères, si naturelles, ne m’ont jamais rendu injuste, partial, dur envers les autres. J’en atteste tous ceux qui ont travaillé avec moi, et ma correspondance avec vous peut servir encore à ma justification, si je n’étais trop fier pour in’abaisser jusqu’à faire soupçonner que j'aie besoin de justifier la pureté de mes intentions et de ma conduite. Des raisons d’économie, de bonne et sage administration, et d’une politique saine et amie de l’ordre, de l'égalité et d’une émulation nécessaire dans la discussion de grands intérêts , émulation qui ne peut naître que de la plus active concurrence, ont déterminé mon suffrage. Il ne suffit pas «le l’improuver par des motifs d'intérêt personnel, il faut combattre mes raisonnements et démontrer non pas seulement que je me suis trompé, mais encore que mon erreur supposée est inexcusable, et que je n’ai pas été de bonne foi. Or, sur ce point, je ne crains personne, et cela me suffit. *

Cette lettre et toute la correspondance de Buzot, conservée dans les registres delà municipalité, prouvent bien «pie c’est à lui qu’Évreux dut son titre de chef-lieu du département de l’Eure. Buzot n’épargna aucun effort pour faire obtenir à sa ville natale cette grande faveur; de là des inimitiés qui ne lui pardonnèrent jamais de l’avoir emporté dans cette circonstance. Il faut tenir compte des rivalités locales dans l’histoire de la Révolution et particulièrement dans l'histoire de la Convention. Ainsi Bernay, étant l’ennemie d'Évreux, ne prit aucune part à l'insurrection normande, et Lindet était le défenseur de Bernay.

Si l’élection d’Évreux pour chef-lieu est un titre à la reconnaissance des Ébroicicns pour Buzot , cet acte a moins d’importance à nos yeux que ceux qui signalèrent la carrière politique du représentant. En voici l'énumération sommaire ;

En 80, en 90, rien d’important à noter.

En 1791, 28 avril. Buzot appuie la proposition d’admettre les citoyens non actifs dans la garde nationale. — 10 mai. Il appuie le droit de pétition ; — 16-17 mai. Il opine avec Pétion pour qu’un

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