LUI
INTRODUCTION
citoyen membre d’une législature ne puisse être nomme à une nouvelle avant une interruption de deux années. — 19 juin. Ruent est élu vice-président du tribunal criminel ; l'étion en était le président et Robespierre l’accusateur public : aucun d’eux n’accepta. — 25 juin. A l'occasion de la fiiite à Varenues, Buzot appuie la motion de Robespierre : • Le roi et la reine sont des citoyens soumis aux lois, on doit leur en appliquer les principes ; » l'etion, Buzot et Roland pensant que c’était une abdication , il fallait préparer les esprits a la République. L’épisode de Varennes avait terrifié Robespierre, il croyait à une Saint-Rartliélcmi contre les députés. Il se cacbc, car il était, en raison d’un ses votes, sous la menace d'une accusation. — Madame Roland va trouver Buzot pour le prier de prendre- sa défense aux Feuillants. — Buzot hésite, enfin il promet. — 15-16 juillet. Discours de Ruzot sur l’inviolabilité royale (applaudi par le côté gauche et les tribunes publiques). — 8 août. Ruzot fait partie du comité de constitution ; il prend une très-faible part À sa rédaction ; Duport lui reproche de ne s'élre pas rendu aux séances du comité. Il prend la parole sur la déclaration des droits (il est appuyé par Pétion). Il reste membre de la société ries Jacobins avec Ra-derer, Pétion, Robespierre, Antoine, Corollcr; beaucoup de députés s'en étaient retirés. — 11 août. Il défend la constitution, il rejette la condition du marc d'argent pour les éligibles. — 15 août. Il fait réduire à deux ans au lieu de quatre la prohibition pour les députés de recevoir dons, pensions, traitements, emplois (applaudissements de la gauche). — 21 septembre. Il demande le renvoi à la prochaine législature, du décret sur l'instruction publique. — 29 septembre. 11 s'oppose au décret sur les sociétés populaires.
A cette époque Buzot jouissait dans son pays natal d'une trèsgrande popularité. On en trouve le témoignage dans le Détail îles fêles don nées à MM. Buzot et Lindet, députés à la Constituante, à leur arrivée à Evreux (le 30 septembre), imprimé par ordre de la Société des amis de la constitution dt Evreux. L’évêque l.indet ne vient qu’en seconde ligne ; son collègue est toujours nommé avant lui. Nous ne reproduirons pas le menu insipide de ces ovations, revue, repas patriotiques, allocutions, etc., dont l’objet seulement change, objet désigné aujourd'hui à l'admiration, demain peut-être à l'exécration. Buzot se rappelait avec amertume ces triomphes éphémères, lorsqu’il écrivait dans ses Mémoires :
■ Tout se dissout à la fois, et les Français désenchantés passeront rapidement d’une extrémité à l'autre opposé ; tel est le peuple et surtout le peuple de France. L’a-t-on vu conserver pendant une année les mêmes affections? » P. 8.
NOTES
LSI!!
Nous nous bornerons à citer, comme échantillon de la littérature locale du temps, deux couplets chantés à cette fête :
Sur l'air de Ca ira :
Ah ! le» voila, les voilà, les voilà.
Nos législateurs si chers A la France!
Ah! les voilà, les voilé, les voilà!
Leur nom parmi nous *au« cesse vivra.
On écrasait le pauvre tiers état;
Mais du peuple ils ont etc l’avocat;
Ah ! les voilà , etc.
C'est en vain que le danger menaça.
C’est en vain que le tonnerre gronda.
On les vit avec constance De la foudre braver l'éclat ;
Ah ! les voilà, etc.
Et vous, qu'Kvreux dans son sein éleva.
Dont le cœur pur jamais ne varia,
Ah ! vous voilà, etc.
Rival des Pétion et des Robespierre,
Ali ! vous voilé, etc.
Toujours la probité vous conseilla :
En vain la liste civile brilla.
Jamais l’or séducteur uc vous ténia ;
Incorruptible et sévère,
Vous mîtes l'intrigue à quia :
Ab ! le voilà , rie.
L'ami des Pétion cl des Robespierre,
Ah ! le voila, etc.
Sou uom parmi nous sau» cesse vivra, etc. , etc.
Mais reprenons la suite des finis.
1792. I.e 7 février, Duzol est installé grand juge criminel dans la cathédrale d L vieux, où le tribunal tenait ses séances. « C'était, dit l’auteur d'une note des Souvenirs d' un bourgeois tf Evreux (p. 48), un homme brun , à l'œil injecté de bile, de ring pieds cinq pouces environ, plus mince que gros ; son aspect était grave et sévère ; il portait, comme juge, le chapeau à la Henri IV, orué de trois plumes d’autruche noires. •
1792. Septembre. fluzot est élu député à la Convention nationale. A cette élection avaient été nommés : Brissot , Carra, Condorcet. L’unité de l’opinion nationale se reconnaît à celle époque dans le nombre des élections multiples. Certains noms sont désignés par le corps électoral , au nord , an sud , au centre , à l'est et à l'ouest : donc ce corps avait un esprit commun, savait ce qu’il voulait et voulait partout la même chose. La France, eu 1792, était tjiromline . De la part de la Gironde, se dérober a ses devoirs
INTRODUCTION
et à ses principes, c’eût été non-seulement une lâcheté, mais une trahison envers le pays tout entier. — Brissot, Carra, Condorcet ayant été nommés ailleurs, il fallut les remplacer par les suppléants : Vallée 1 remplaça Brissot. Buzot était de ceux qui inclinaient déjà pour la République. Brissot, dans une brochure imprimée le 14 octobre 1793, intitulée A tous les républicains de France sur la société des Jacobins , écrivait ; * Il n’y avait que trois républicains, Buzot , Pétion et moi. » — 27 septembre. Accusation contre Robespierre. H démontre, avec Vergniaud et Lanjuinais, l'insuffisance des lois pénales. — 8 octobre. Rapport de Buzot au nou» de la commission militaire sur l’établissement d’une garde particulière prise dan» tous les départements pour la défense de la Convention. Robespierre, dans une lettre à ses commettants , attaque vivement le rapport et le rapporteur. Aux Jacobins, Bentabole, Tallien, Chabot, ltillaud- Varennes, Levasseur, portent les mêmes accusations. — Marat également dans 1 e Journal de la République. — Prud’homme, dans les Révolutions de Paris , traite Buzot de conspirateur. — 9 octobre. Extrait d’une lettre de Buzot (cité dans le Recueil des travaux de la Société libre de t Eure , juillet 1847) :
« 0 mes concitoyens, il n’est plus temps de vous reposer
dans une insouciance funeste sur ce qu’on peut faire ailleurs pour vous et en votre nom. Sortons, sortons tous de cette coupable léthargie et prenons enfin le caractère vigoureux et fier qui convient à des républicains ; qu’aucune considération particulière ne
1 11 est question à plusieurs reprises de Vallée dans les lettres de Barbaroux i Duperret (p. 5, ti, 8 de notre Etude sur madame Roland). Qu’on nous permette de reproduire ici une note relative à ce représentant, que nous tenons de l’obligeance de M. Germain , dont l'intention est de publier une notice biographique sur son parent Vallée (de l’Eure), l’ami particulier, le camarade de Buzot. — ■ 1193. 3 octobre. A la suite du rapport d'Amar, il est décrété d’accusation et renvoyé devant le tribunal révolutionnaire, comme complice de Barbaroux, et accusé de conspiration contre C unité et f imlivisibilité de la République et la liberté du peuple français. — C'est lui qui, déguisé en gendarme, allait à Sainte-Pélagie chercher les feuilles des Mémoires de madame Roland. — C’est par des crieurs publics qu’il entendit au Palais-Royal sa proscription et condamnation : il était dans la boutique de librairie tenue plus tard par Louvet. — 11 arriva à Êvretix avec Buzot, Pétion, Barbaroux, Louvet, etc.; Ü avait fait préparer un gîte chez son frère, curé du Vieil- Evreux, pour Buzot. — Lui, il se réfugia chez un cordonnier d’Évrcux qui l’accueillit malgré les menaces de mon. — C’est dans notre maison de famille que les Giroudins à leur passage à Evreux reçurent l'hospitalité, des vêtements, etc. — Vallée resta à Evreux pour organiser la résistauce dans le departement. — An II. Il fut mis hors la loi pour s’étre soustrait i l’exécution des décrets des 31 mai et 3 octobre. — Merlin (de. Douai) le Ht maintenir éloigné de la Convention, mais sans qu’il puisse être inquiété. —
Il Hnit par être réintégré à la suite d’une motion eu sa faveur. »
NOTES
nom arrête, il n’e»t qu’une chose qui «oit digne de no» respect» et de nos hommage» »ur la terre... c’est la liberté ! »
A cette époque on l’engageait sans doute, comme les compatriotes de Barbaroux engageaient leur député, à vivre en bonne harmonie arec la Montagne, sans savoir à quel prix. Buzot s’écrie dans ses Mémoires :
• Eh ! que pouvions-nous de plus dans Paris, au milieu des égorgeurs de septembre et comme plongés dans la fange de eette ville corrompue? Quand nos départements nous engageaient bêtement à nous unir à ces gens-là, y songeaient-ils bien cux-inêmes ? Quelle opinion avaient-ils donc de nous ou de leur propre dignité, en nous proposant une telle alliance? Sans doute nous devions à notre pays le sacrifice de notre vie ; mais celui de notre honneur, celui de notre liberté, pouvions-nous le faire? »
19 octobre. Buzot insiste pour la discussion du projet d'une force armée pour la Convention ; des commissaires de quarantehuit sections de Paris viennent protester contre cette proposition. — 21-22 octobre. Buzot demande le bannissement à perpétuité des émigrés, et la mort s'ils remettent le pied en France. Parlant de sa participation au décret , qui fut voté , il dit dans ses Mémoires (p. 31) :
• Il en fallait un si on voulait prévenir de nouveaux massacres qui se préparaient déjà dans le silence de la nuit. On décréta ainsi le principe dont un grand nombre de modifications équitables devaient être suivies. Mais bientôt il ne fut plus possible d’en parler à la tribune sans être à l'instant interrompu par les plus odieuses vociférations. <*
27 octobre. Buzot , au nom de la commission des neuf, fait un rapport et propose un décret contre les provocateurs au meurtre et à l’assassinat. — 29 octobre. Rapport de ltoland sur la situation de Paris. On en demande l’impression. Robespierre s’y oppose. Buzot prend plusieurs fois la parole, il fait décider le renvoi du rapport à Ta commission des neuf. — 30 novembre . Réponse à Robespierre au sujet des troubles et des émeutes. — 4 décembre. Buzot demande que quiconque proposera le rétablissement en France de la royauté, sous quelque dénomination que ce puisse être , sera puni de mort (applaudissements). Bazire combat ce projet de décret. Buzot : * J’ajoute , sous quelque dénomination que ce soit, pour mieux connaître les ennemis de la royauté. Je demande que ma proposition soit mise aux voix par appel nominal (applaudissements: Aux voix, aux voix...).» Philippeaux , Ba/ire s'opposent.
INTRODUCTION
La proposition est votée par acclamation à la presque unanimité. — Buzot répond a Robespierre, veut que Louis XVI soit entendu et ne soit pas condamné sur-le-champ a mort. U faut déclarer * que Louis li a point été roi des Français, et qu'il sera jugé » . — 1 1-1 décembre. — Buzot demande le bannissement de tou* les pourbons, sans en excepter Philippe d’Orléans, représentant du peuple. Discours (appiaiidisseuieuts, murmures). Louvet appuie. Adopté. Sauf Mispension à l’égard de d'Orléans. — 10 décembre . Robespierre demande qu’on rapporte ce décret (vive discussion). — 27-28 décembre. Commencement du procès de Louis XVI. On sait que dans ce procès Ituzot vota la mort avec sursis et appel au peuple.
1793. 14 janvier. On avait fait fermer pour ce jour les théâtres, Ituzot demande qu'ils soient ouverts comme à l’ordinaire. — 15 janvier. Ituzot lait décréter que les absents auront la faculté d’émettre leur vœu après l’appel, que tous les membres pourront motiver leur opinion, et que les motifs en seront insérés au procèsverbal . — 10 mars. Cambacérès demande l’organisation d’un tribunal révolutionnaire; Buzot, très-agité, se précipite à la tribune (murmures); il déclare être las du despotisme que l’Assemblée exerce par la cnmulation des pouvoirs. Jullien, de Toulouse, dit :
“ C’est pour empêcher l’organisation du tribunal <pii doit punir les contre-révolutionnaires, que Buzot bavarde si longtemps. » — 29 avril. A l’occasion du renouvellement du tribunal criminel, Buzot signale des abus, il cite des arrestations faites à Évrcux. Legendre attaque Buzot en termes violents. — 30 avril. Guadct demande le transfert de l'Assemblée à Versailles. Buzot appuie cette motion; il attaque certains membres de la société des Jacobins; des membres de la Montagne l’apostrophent violemment et le traitent d’ infâme , de scélérat , d' assassin de la patrie (applaudissements dans les tribunes). — 1er mai . Une députation du faubourg Saint- Antoine menace la Convention et se déclare eu insurrection. Observations de Buzot. — 8 mai. Des rassemblements ont lieu aux Champs- Elysées. Cris: à bas la Jiépublùfue , à bas la Montayne , vive la loi ! Dans ces rassemblements, le domestique de Buzot est arrête. Buzot se plaint de cette arrestation. Legendre répoud. Mot courageux de Buzot. — 14 mai . A l’occasion d’une adresse des citoyens de Bordeaux, Guadct, Barbaroux, prennent la parole. Buzot appuie leur* observations ; * P ai' suite des emplois confiés à des députés , il voit de la corruption , des fortunes subites et scaudalcuses ; il demande que chaque député douue l'état de sa fortune et en indique l’origine. » Cambacérès propose la question préalable. Buzot lui ré|>ond et insiste pour la motion de Barbaroux, qui est adoptée en principe. — Il y avait là une investigation inquisitoriale des actes
NOTES