‹ Mémoires inédits de Pétion et mémoires de Buzot & de Barbaroux, accompagnés de notes inédites de Buzot, et de nombreux documents inédits sur Barbaroux, Buzot, Brissot, etc.;Chapitre 19 sur 61 · I.XIX · texte numérisé non relu

I.XIX

indivisible. » — 30 décembre . Grande fête par la société populaire pour la reprise de Toulon. On se rend à la cathédrale, sur la porte de laquelle on avait inscrit : « C’est ici le temple de la raison et de la philosophie. » Les bustes de Brutus, Lepellctier, Marat, furent mis sur le maitre-autel. On se rend sur la place de la fédération, on y brûle les saints et les vierges pris à la cathédrale avec les livres d’église. Puis les effigies de Buzot, de l’abbé Lecerf, de Puisaye, furent brûlées parle bourreau au bruit de la musique. Ces effigies consistaient en trois paniers d’osier, comme ceux qu’on emploie au chauffage du linge dans les bains. L’un était recouvert d'une soutane, l’autre d'un vieil uniforme, et tous les trois surmoutés d'un casque. On dansa autour du feu au chant de la Carmagnole.

1794. 3 janvier. On transféra d’Evreux les personnes détenues pour l'affaire du Calvados. Letellicr, maire constitutionnel d'Evreux, se suicida dans sa prison la veille du départ.

Le 23 pluviôse an II (Il février 1794) furent vendus les meubles et objets mobiliers retirés le 26 juillet de la maison de Buzot. Nous avons sous les yeux l'inventaire dressé par l'huissier ilérissey. — Nous n’y avons rien remarqué qui nous révèle les goûts ou les habitudes de Buzot. Il appert seulement de sa lecture que beaucoup des objets appartenant à la femme furent vendus avec ceux du mari. Le produit des neuf vacations de la vente à la criée s’éleva a 28,689 livres ; mais les assignats avaient déjà perdu 59 sur 100 ; la vente ne produisit donc réellement qu’environ 13,000 livres.

L’anniversaire du 31 mai fut célébré à Evreux, en 1794, par une fête publique. — Les autorités du temps fêtèrent, au mois de juillet, la nouvelle de la fin misérable de leur malheureux compatriote.

« Le 17 juillet . Le conseil général de la commune d’Evreux étant assemblé, les citoyens Bourdct (Le Roi) et Vauquelin, députés de la Société populaire, sont venus proposer à l'Assemblée d’entendre lecture d’une adresse qu’ils envoient à la Convention nationale au sujet de la mort méritée du scélérat Buzot , pour ensuite , par le conseil général, y donner son adhésion s’il le juge à propos.

■ Pendant la lecture de cette adresse chaque membre a exprimé les sentiments d’indignation que lui inspire le nom de cet infâme scélérat, et après l’avoir voué à l’exécration, l'Agent National entendu, il a été arrêté que le conseil général donne pleine et entière adhésion à ladite adresse et qu’elle sera signée du président. » (Note extraite des registres de la municipalité.)

Huit jours après, le 27 juillet (9 thermidor), Robespierre était renversé. Mais la pyramide élevée sur l’emplacement de la maison Buzot resta debout jusqu’au 24 février 1795.

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