‹ Mémoires inédits de Pétion et mémoires de Buzot & de Barbaroux, accompagnés de notes inédites de Buzot, et de nombreux documents inédits sur Barbaroux, Buzot, Brissot, etc.;Chapitre 3 sur 61 · LES MEMOIRES DE BARBAROUX ET SA CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LES MEMOIRES DE BARBAROUX ET SA CORRESPONDANCE

Trois noms sont invoqués avec une particulière affection clans ces courtes pages si fières, si honnêtes, si désespérées ; Brissot : « Nous nous moquions quelquefois de sa simplicité, de sa bonhomie, et nous disions en riant : De tous les BrissoLins possibles, c’était le moins Brissotin. » (1*. 16.) — Pétion , le bon Pétion, comme il l’appelle, — et Barbaroux. Brissot était mort : les deux autres furent les compagnons du proscrit.

On sait que Marseille avait pris une purt des plus importantes au premier mouvement de la révolution , h ce mouvement qui fut celui de la nation tout entière, tandis que le mouvement contre-révolutionnaire, comme l’appelle Buiot, du 2 juin, fut l'oeuvre de Paris seul, qui, au moyen de la concentration des forces, étouffa une action molle, indécise, fractionnée, incapable de concert, et subjugua la province.

11 y a assurément un grand intérêt, quand on veut faire la part de la nation, et non celle d’une ville, si gronde que soit celle-ci par l’héroïsme, dans l'histoire de la Révolution, àsuivreréveil,ledéveloppement,ladirectionderéIan provincial. Pour apprécier la conduite d’un représentant, il n’est pas d’ailleurs inutile de connaître ses relations avec ses mandataires, d’entendre le langage qu’il leur

1 » ...La peur comprime tous les coeurs. Otez la guillotine, et à l'instant la libertc1 de la presse reparatt et les tyrans de la France sont renverses. « Note de la page 33 des Mémoires de Buzot.

INTRODUCTION

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tient au nom- de l’intérêt général, de savoir les instructions qu’il en reçoit dans un intérêt souvent particulier et local, puisque la difficulté comme le mérite de sa tâche est de savoir concilier, dans une mesure réglée par les circonstances, l’intérêt local avec l’intérêt général. Indépendamment de ces motifs, une autre raison encore nous a déterminé à publier la correspondance de Barbaroux avec la municipalité de Marseille. Des écrivains contemporains 1 ont prétendu qu’il était venu sans mission à Paris avant le 10 août, se donnant faussement comme l’agent de sa ville nutule, et prenant pour seul guide ses instincts révolutionnaires.

Les lettres que nous reproduisons font connaître et la nature de la mission qu’il avait reçue et le véritable caractère de Barbaroux. Ceux qui ont prétendu le juger à sa jeunesse , à sa parole impétueuse , à son bouillant courage, qu’aucun obstacle n’auruit fait reculer, se sont parfois grossièrement mépris. Cet impétueux jeune homme avait beaucoup de sagacité, de justesse et même de modération relativedans l’esprit. Ces qualités sont surtout. sensibles dans la seconde partie de sa correspondance, pendant l’exercice de ses fonctions à la Convention.

Envoyé par la ville la plus ardente dans le sens de la révolution , son premier soin, en arrivant à l’Assemblée, fut de combattre les uUrn de la république. Son exemple entraîna duns la Gironde la majorité de la députation des Bouches-du-Rhône. Toutefois la situation de Barbaroux vis-à-vis de ses compatriotes ne

1 « Il sc trouvait à I’ari» avant cette époque (avant les élections à la Convention), et prenant, sans avoir la mission, le titre <le député des Marseillais, il contribua bcauconp à l'insurrection du 10 août. » Dictionnaire bioijrajiliique tics hommes marquants, Londres, 1800, 3 vol. iu-8°. — Article Barbaroux.

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