CORBESPONDASCE UE UAIIBAHOUX AVANT SON ENTBÉK DANS LA. VIE: POLITIQUE
Nous ne pouvons essayer de suppléer, comme nous l'avons promis plus haut, à la première partie des Mémoires de Barbaroux , sans recourir à la notice faite en 1822 par le fils du conventionnel. Nous nous approprions les termes mêmes de ce travail, en y intercalant les pièces, documents et renseignements qui peuvent servir à le compléter, et dont nous devons la communication à la gracieuse et parfaite obligeance de l’auteur.
« Cbarles-.Jean- Marie Barbaroux naquit à Marseille le 6 mars 1767. Son aïeul était capitaine dans la marine marchande, son père négociant. Des malheurs forcèrent celui-ci à passer en Amérique, dans l’espérance de rétablir sa fortune. Une des épidémies fréquentes à la Guadeloupe l’emporta peu d’années après.
» Il avait laissé son fils aux soins de Catherine Pons, sa femme, qui, se voyant veuve jeune encore, se retira dans sa famille, et se voua tout entière à l’éducation de l’enfant, sur lequel elle fonda dès lors toutes ses espérances.
Barbaroux entra fort jeune au collège des Pères de l’Oratoire à Marseille. À quinze aus, il avait achevé son cours de physique et gagné une bourse fondée par M.' de Montignon ; il sortit du collège à seize ans.
256 JEUNESSE DE BAH B A HOUX
Barbaroux avait un goût très-prononcé pour les sciences, niais il n’avait pas négligé les lettres, et elles lui fournirent le moyen d’exprimer sa reconnaissance, et même un sentiment plus tendre.
A seize ans , l’écolier faisait à son professeur ce compliment :
* O vous qui sur nos tendres cœurs A tant de droits régnez en maître,
Recevez de ma main ces fleurs Que Flore pour vous a fait naître.
Nous célébrons la fête des vertus En célébrant aujoui d’hui votre fête.
A dix-sept ans, le jeune homme écrivait à Pliilis, sur une piqûre d’épingle :
Pourquoi donc, épingle cruelle.
Percer la main de ma Pliilis?
Pourquoi sur ses doigts si jolis Lancer ta pointe criminelle?
Ali! non, non, ce n’est point sa main...
De quoi serait-elle coupable?
C'est son cœur, sou cœur intraitable.
Qu’il faut punir de son dédain.
Pour toi, quej exploit mémorable,
Quel beau triomphe et quel honneur,
Si tu pouvais blesser un cœur Que l'Amour crut invulnérable.
Voici d’autres vers de l'année suivante :