‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 137 sur 178 · UR LA LANGUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

UR LA LANGUE FRANÇAISE

celte expression, je commencerois ainsi l'article : Disons aussi que la doctrine de leur Christ est fort différente de celle que le nôtre nous enseigne.

Texte. Je réserve , etc.

Remarque. Tout cet article roule sur une objection et sur la réponse qu'on y fait; mais il y a ce défaut, à mon avis, que l'objection est bien plus forte que la réponse; ce qui rend tout l'article non-seulement inutile, mais préjudiciable à la cause qu'on traite. Voici donc comment je voudrois le tourner :

Je réserve mon cœur à Jésus-Christ, dis-tu? je le veux croire; mais ne sals-tu pas que si cela est vrai aujourd'hui, il peut ne l'être plus demain, parce que Dieu, qui veut le dehors aussi bien que le dedans, et de qui nous tenons le vouloir et le parfaire^ selon qu'il lui plaît, toute bonne donation descendant de lui, te punira du vol que tu lui as fait de ton corps, par la privation de son esprit, et permettra que pour châtiment de ce que tu as commencé ù le renier de bouche, tu viennes enfin à le renier absolument de cœur; je veux que tu ne lui aies pas soustrait ce cœur tout entier, mais peux-tu nier que ve ne soit ce cœur séduit qui lui a soustrait ta langue et tes mains dans la fausse vue de te conserver ?

Texte. Fôtres,

Remarque. Mettez tiennes. C'est une négligence qui règne presque dans tout cet ouvrage, que dans un même article l'auteur prend incessamment le change au sujet des vous et des tu ; et qu'après avoir commencé par l'un il continue ou finit par l'autre, les entrelaçant sans aucune distinction. Je veux croire, au reste, que ce sont à son égard de simples inadvertances.

Texte. Aux sacrifices.

Remarque. }\eiWz au sacrifice, 11 faut, en cet endroit, s'exprimer plutôt parleiin^terque par lep/ttHe/; car nonobstant la désignation qu'on voit bien que l'auteur veut faire de cette multitude de lieux où Ton fait ce prétendu sacrifice^ il vaut toujours mieux rapporter l'expression au sacrifice mt^me, qui en soi est toujours un singulier et non pas un pluriel.

Texte. Y a-t-il donc rien de plus impertinent et de plus insoutenable^ etc.

Remarque. Mettez : }' a-t-il donc rien de plus mal à propos et déplus insoutenable, etc. ; car ce terme (ïimpertinent est trop injurieux, et ce ne sont pas les grossièretés qui donnent de la force , ce sont les raisonnements.

202 REMARQItS CRITIQUES DE ROI*

Texte. Que ton père n'y a adoré que Dieu , et que tu y adoreras ta créature.

Remarque. C'est une maxime générale dans toutes les langues que toutes les fois qu'on peut faire une antithèse juste et surtout naturelle, c'est-àdire sans donner dans Taffectation, ni sortir des termes qui naissent, comme d'eux-mêmes, du sujet que vous traitez, il faut l'embrasser. L'auteur en a manqué ici une de cette sorte, en mettant Dieu au lieu de Créateur. Qu'il dise donc : Que ton père n'y a adoré que le Créateur ^ et que tu y adoreras la créature.

Texte. Salomon devint idolâtre par le commerce qu'il eut avec des Jemmes idolâtres.

Remarque. Dites : Salomon tomba dans Pidolàtrie par le commerce qu'il eut avec des femmes idolâtres. Car cette opposition ù'idolâtre avec idolâtrie est plus agréable à l'oreille que celle û'idolâtre avec idolâtres, I cause de la cacoplionie et de la rime.

Texte. Tu es le froment, r arbre et la maison de Dieu, Remarque. Voilà qui est bien laconique, et il y a des laconismes qui n'OM pas tant de grâce que quelque chose d'un peu plus étendu, particulièremat dans la langue française que l'on sait être un peu plus diffuse que lalaliie; j'allongerois donc ceci par une petite répétition de la nature de celles qid font une figure et non pas un vice, et je dirois : Tu es le froment, tu esfarbre, tu es la maison de Dieu, etc. ; cela réussira d'aulant mieux en cet endroit, que preniicreincnt celte petite période est oppnsée à une trop jînmde t|nilasuit, disproportion qu'il est bon d'éviter; et qu'en second lieu cette petite période a, par son laconisme, ses trois parties si proches Tune de l'autre qu'elles semblent n'en faire rien qu'une, au lieu que la période suivante a, au contraire, les trois siennes fort distinctes cl entièrement sépirées.

Tfate. D habitation,

I^EMARQi E. Mettez: (le r habitation; car les autres articles qui suiveni élanl déllnis, celui-ci ne doil pas être seul indéfini, ou si vous voulei qu»* celui-ei soit indélini, il faudra que les autres le soient aussi; el, eneffrt. quand j*y fais bien réilexion, je serois plutôt pour ce dernier; je dirois doiK-: Non-seulement d'habitation^ mais de repas ; non-seulement de repfis. mais de salutation ; non-seulement de salutation, mais de regards, t^f

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