SUR LA LANGUE FRANÇAISE
Texte. La doctrine de Dieu,
Remarque. Dites : La loi de Dieu. On dit bien la doctrine de Christ, soit purœ qu'efTectivemem il a enseigné et prôcbé sur la terre, soit pour quelque autre raison ; mais je n'ai jamais ouï dire la doctrine de Dieu ; ce n'est pas qu'il y ait rien là contre le bon sens, mais c'est que cela est hors de l'usage.
Texte. Sortez, dit l'Etemel, hors de Babylone, fuyez arrière, etc.
Remarque. Mettez : Sortez de Babylon, dit l'Etemel, /uy^s, etc. Baby- Um et Babylone ne sont qu'une seule et même ville, et il est vrai qu'on dit aujourd'hui Babylone et qu'on ne dit pas Babylon ; mais quand il s'agit de la citation de ce passage et de quelques autres qui ont une pareille désignation typique, le mot de Babylon semble y être consacré, et il se doit retenir; cela est si vrai que dans la suite, lorsqu'il ne s'agit point de citations, ni de passages typiques de l'Ecriture, je laisse Babylone et ne mets pas Babylon,
Texte. Mais nous y sommes rf' autant plus obligés, etc.
Remarque. Lorsque d'AUTANT plus ne finit pas une période, il demande nécessairement un régime, et l'oreille attend toujours un que. Dites donc : MiUs il semble que nous y soyons encore plus obligés, etc.
Texte. Des disgrâces, etc.
Remarque. Le propre de la gradation est d'aller toujours en augmentant; et pour ne point sortir des idées de notre article, les préparatifs d'une chose ne sont pas tant que la chose même, et tout ce qui tient lieu de précurseur, afin de me servir des propres termes de mon texte, est moindre que ce qui vient après lui ; cependant l'on fait ici tout le contraire, puisque de l'effroi des châtiments l'on tombe sur la simple disgrâce, ce qui est baisser au lieu de monter; dites donc : Des épouvantables supplices. Au reste, ne dites pM : Prépare contre les, etc. ; dites : Prépare aux.
Texte. QuHl y en a Vautres.
Remarque. Ce d'AiiREs fait une équivoque avec danger qui ie précède, pouvant être rapporté à lui; c^r c'est une erreur de prétendre qued'AUTRBs, tom seul, signifie et emporte d'AUTRSs personnes ou d'AUTRES gens à moins que ces mots gens et personnes ne précèdent en effet; dites donc : qu*U y a des misérables, etc.
i04 RDUMQtlS GEITIQUIB MC ROI'
Trtc. Foire rU ioii converti en pleur.
RnutQtTE. Dites : yatrUeoieiUamoerUienpieurs; eârrUHpIemn ne se disent pins an singulier ; cels étoit bon an temps de la vieille sion.
Tjntn. Jlfoife, qui,... s'est opposé à ce retour qui, etc.
Rbhaequb. Ces deux qui, si proches Tnn de l'autre, font noe expwtrioi loudie. Pour Téfiter, dites : Mtfiise, qui, comme unepuissmiiedigm, t^esi of^posiàce retour^ doiU laprédpUaiUm^ comme un torrent^ alKolf,eCB.; et dtes l'épUhète de damnabk^ qui ne eonvient point à torrent, damnaUe que l'action des Israélites fttt en soi.
Tnn. Ils n'awHeni pas piu.
RnuBQUB. Dites : Ils n*avoient pu; le pas^ nécessaire aOleors, est tile en cet endroit; et ce pbu, ainsi orthographié, fait éqnhroque avec le m de parum ou de paueus^ au lieu qu'il s'agit de potuU on de jBoliiemil.
Ttxn. Exils les phts cruels et les suppHeês les pkiêkorriblêêf eus.
RmASQUi. Dites : Exils les plus insuppartables et les suppOem ks plus cruels; car cette dernière épithète confient mieux au mot de. qu'à celui d'exU^ pour lequel l'idée de cruauté a trop de fèrce, afant plus de rapport avec les souffrances du corps qu'avec celles de l'e^Mit. El, notez en général, au sujet des épitbètes, qu'il les faudroit choisir d'one â grande propriété qu'elles ne pussent, si cela étoit possible, être appliqnto à aucun autre sujet.
Trxtb. Que Ion y appuie.
Remarque. Dites : Que Ion y insiste fortement; car on ne dit pas ^ puyer Ky on dit appuyer sur; or, le relatif y suppose toujours la préposi* tion à.
Texte. // n'y ait pas retourné.
Remarque. On ne dit pas fai retourné, tu as retourné^ quand fl sIlA de reversus sum; cela n'est bon qu'à l'égard do repolvi^ revolvisti; on it - Je suis retourné, tu es retourné, etc. Dites donc : // n'y soit pas retoem.