‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 140 sur 178 · BKMARQLIS CRITIQUES DE ROU · texte numérisé non relu

BKMARQLIS CRITIQUES DE ROU

nue qu'on peut l*avoir fait par Tentremise d'autrui ? 3IaJs une pareille induelion ne mérite pas qu'on dise positivement ces procureurs^ comme û tivement on avoit déjà employé ce terme.

Texte. Ou Us n'y ont pas été, etc.

RiMARQUEs. Cette expression est équivoque, et tout au plus le sens k moins douteux, et que tout le monde suivra d*abord, est justement cdoi qui n'est pas de l'intention de Fauteur. Car, ou cela veut dire qu'au pied de la lettre personne n'a été chez les prêtres, et c'esr ainsi que tout le monde le prendra, contre l'intention de l'auteur ; ou il veut ûïrequ'on y est biemaliéj mais qu'on ta fait sans ordre; et c'est sans doute ce que l'auteur veut dire, mais que personne n'entendra, puisqu'il n*est pas exprimé ; or, les pensées ne doivent pas demeurer ainsi au bout de la plume. Je dirois donc : Ou ces procureurs sont allés chez les prêtres par ton ordre j ouilsff sont allés sans ton ordre, etc.

Mais, il y a ici une autre remarque à faire : c'est que, des deux alternatives qui ont été avancées, on n'en examine qu'une. Qu'est devenue l'autre : Ou ces procureurs sont allés par ton ordre, ou ih sont allés sans ton ordre ? On satisfait bien au dernier ou, et tout le reste de l'article ne rouie que là-dessus ; mais il n'est pas dit un root de l'autre; cependant, l'oreille et l'esprit s'y sont attendus, et on les laisse à cet égard sans satisfaction.

Texte. Tu vois, lu parles, tu caresses Ion messager.

KKMAngrE. Ouand plusieurs termes ainsi entassés n'ont rien qu'une rela lion, ils ne doivent être tous que (Fun même régime ; «:'est-A-(lire que si et sonl des verbes ils doivent tous, ou demander un ae(us;ilif, ou demander tous un datif, (u vois, tu parles, tu caresses ton messager; cet accusatif /o»' messager s'accorde bien avec tu vois et avec iu caresses, mais il ne s'aicorde point du tout avec tu partes-, car on ne dit ^ix^ parler que Iqu un. w dil parler à quelqu'un. Dites donc : Tu vois ton messager, tu lui parles, tu le caresses, tu vas à laviesse, etc.

ÏEXTK. Sailli Faulqui vous crioil,eU:.

lUi.MAHv.K K. OU(.' fait là ce vous tout seul à la î>uile de tant d, tu cl dvtoi. D'ailleurs, pourquoi cet imparfait crioit, pliilùt (|ue Vindicatif crie * i -r uu imparfait ne st! doll jamais employer sans man}uer quelque lemp», ^*i' lixe et défini , comme hier, il y a huit jours, U y a un mois, il y aus un, etc., ou bien vague et indéllni , comme autrefois, au temps pasu,tk Dites donc, tant pour l'un que pour l'autre égard : Saint Paul quino^f

SUR LA LANGl'B FRANÇAISE. 207

crie; Car un homme, quoique mort, nous parie encore tous les jours par ses écrits.

Texte. Fous imitez plutôt Urie, etc.

Remarque. Un plutôt entraine ordinairement un que, et l*oreille ne sauroit s'empêcher de Tattendre ; cependant il n*y en a point ici , comme, on effet, le sens n'y en demande pas ; ôtez donc le plutôt^ et dites tout court : Fous imitez Urie^ etc.

'Texte. Sous lajaveur, etc.... amertume d'abjuration.

Remarque. On dit à la faveur. D'ailleurs, que veut dire cela, se sauver sous ou à la faveur des lénififs et des amertumes d abjuration ? Ces phrases sont trop licencieuses, et j*aimerois mieux tourner la chose ainsi : Se sauver à la faveur de ces correctifs dont ils croient avoir réparé le scandale de leur abjuration.

Texte. Ont-ils fait quelque fraude aux prix de nos possessions, etc.

Remarque. Cela nVst point français ; et d'ailleurs prix n'a guère de pluriel dans notre langue, du moins prix qui répond à pretium, car pour ce qui est de prix prxmium on en convient, et c'est autre chose ; dites dose : Ont-ils usé de fraude sur le prix de nos possession ?

Texte. Toucher iarche^ etc.

Rkmarque. On ne dit pas toucher quelque chose si ce n'est en matière d'argent, toucher de r argent, toucher quelque chose dune somme due, etc. On dit encore toucfier les malades, et ainsi de quelques autres phrases privilégiées; mais hors cela toucher gouverne un dat\f; dites donc : Toucher à t arche.

Texte. Dans la nécessité, etc.

Remarque. Dites : ./ la nécessité. On dit réduire à et non pas réduire dans, outre qu'il y a un autre dans à trois mots de là, qui feroit une répétition louche.

Texte. Mais ce nest, etc...., titnaiscest, etc.

Remarque. Voilà deux mais qui sont trop proches l'un de l'autre ; dites : Mais ce n'est pas en suivant mon conseil, c'est en suivant celui de mes amis, etc.

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TnTB. Vtm ne ^jf verrMpUu^ etc.

Rbmaiqub. Dites : Vfm ne U verrM plus dans de pareils UemXi or cet y est trop éloigné de soo corrélaUf église^ y ayant entre-deux idniienn interrogations qd donnoit d'autres idées.

Texte. N*as4n pas damné ion sung, n*t ae4n pas été depuis ?

Ru AiQUB. Qui est-ce çpA ne dlroit pas que ce rdalif »> se rapporte à mIn^» qui est tout prodie de lui, selon l'exigence des relations? il se doit rapportera église qui est à troto ou quatre lignes de là; donc vos interrogationSy et dites : If y as-iupas éié depuis? n'oa-to pas donné ion seing f

TiXTB. Eipardomnesb'moi si je nous dis avec tÀpôire : Eiee-vams^iU^ RmABQirB. Voilà encore un de ces mélanges de jilérfeff avec des Hngu Hersy dont nous avons tant parlé ; Fauteur Ta fait sans doute à canse èi passage suivant» qui est sous une idée de pluriel« nuds fl faut ^rfi^Miii^ h préparation d'une autre manière, et Je dhrois : Et ne Uromoepae éiramgesi avec tAp&êre^ je dis e^ àioiei aies sembUMes : Eies-wmSfeu.

TsxTB. De, etc.

RBHAmQOB. Mettez des^ et vous souvenei premièrefflent de l*emploi qil faut faire, tantôt du premier, tantôt du second, savoir : que Ton se sertit l'article indéfini de^ lorsque ra€{/ecl{f précède le subsianiff; et quand I te suit on se sert de Karticle défini des ; ainsi l'on dira de saoatUs hommes^ d'habiles maîtres, et au contraire des hommes savanis^ des maitres habiles.

Remarquez eu second lieu que dans cet article, qui commence par ces mots : // est vrai^ etc., il y a une opposition trop vicieuse entre ces termes : gauchir et monstre, lâche cl damnable; Je veux dire, pour m'expUqucr mieux, qu'on ne doit pas traiter de simple gauchissement j ce qu'on regaide comme une action monstrueuse, et n'appeler que lâche œ qu'on troive digne de fer^fer.

Texte. Donnons encore quelque ATTEim-E, etc.

Rehaeque. Cette phrase par laquelle j'ai commencé ces remarques i*fsi pas si mal placée là qu'elle î'étoit au commencement du traité que J'exaaiM; mais il y a pourtant encore quelque chose à redire, parce que cette apression n'est pas assez forte; et J'aimerois mieux dire : Portons encore fitf'ques coups^ etc. La raison est qu'atteinte ne veut dire qu'un coup fort léger et le mot de coups^ quoique seul, emporte de grands coups.

Sin LA LAMGUE FRANCAk^E.

Texte. Inclus.

Remarque. U faut dire enclos. Inclus ne se dit qu'au féminin, et à un seul égard, savoir en parlant d'une lettre (4), comme par exemple : Je vous prie cTenvoyer f incluse à son adresse; si i incluse ne peutpartir par le premier ordinaire y je vous prie de ne pas manquer le second^ etc. Sur quoi vous noterez que comme la langue française est une espèce de dialecte de la latine, la première tire de Tautre la plupart de ses termes, mais avec cette observation que le français s'écarte ordinairement de l'économie latine dans les termes simples ^i primitifs y et qu*il s'en rapproche dans les dérivés et composés.

: Damnum^

dommage ,

indemniser.

Ecclesia,

église,

ecclésiastique.

Fructus,

fruit,

injructueux.

Frater,

frère.

fraternité.

Immutabilis ,

immuable,

immutabilité.

Impossibilis y

impossible,

impossibilité.

infemumy

enfer.

infernal.

Includere,

enclore,

inclus et inclusivement.

lUeliory

meilleur,

améliorer.

Pater,

père.

patrie et rapatrier.

Clavis,

lîlef,

enclaver.

Fulmefi,

foudre,

fulminer.

Paganusy

païen.

paganisme.

Turbare,

troubler,

turbulent.

Et une infinité d'autres semblables, comme :

Ihesaurusy trésor, thésauriser.

Je ifai plus qu'une chose à dire touchant M. Maturiu, mais qui me navre le cœur. Fort peu de temps après la publication de son ouvrage, il disparut tout d'un coup dans ces provinces ; et, à rheure qu'il est, je ne puis, nonobstant toutes mes enquêtes, dire positivement s'il est mort ou vif (2). L'on a cru,

(1) Par la même raison, il se dit aussi d'un billet , daiis le gtfiire masculin, à cause que lettre et billet «jut quelque sorte d'analogie . iSote de Fauteur,]

(i) W parait, d'après les papiers d'Antoine Court (Bibliothèque de Genève), que llathurin obtint la liberté, à la )>aix (rutrecht, sur les réclamations des puissances protestantes. U était depuis vin^-cinq ans en prison et eu dernier lieu aux Ucs Sainte-Marguerite. (Voyez Haag, France protestante.)

Voir les documents inédits que M. Charles Rcad a rassemblés sur Mathmin, Brousson, etc., dans le Bulletin de la Société de C Histoire du Protcitantitmr français, 1. 111, p. 390.

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