‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 145 sur 178 · OPINION I»K K(U · texte numérisé non relu

OPINION I»K K(U

Ku voici une troisième, qui me vient dans ce moment : La manne dans le désert^ avec ces mots : Omnia et omnibus^ tin'*s de saint Paul (2 Cor. IX, 22}.

« Je ne vous propose ces trois nouveaux s) mboles que par mo- " nière d'acquit, car le premier, je veux dire celui de VOiscaM « de Paradis, est incomparablement plus juste; ainsi, je m'y " arrêterai.

La réponse de M. Rumpf à cette lettre, ne contenant que do grandes louanges de tout ce quelle contenoit, je ne la rapporterai point ici. Mais, comme le sieur Cavalier, à qui M. Rumpf avoit communiqué tout ce que je lui avois écrit, en me répondant aussi de son côté, à cause de la part qu'il avoit en la matière, toucha quelque chose d'une diversité de sentiments que M. Robin son lui avoit fait paraître sur la préférence que je donnois à la première de mes quatre devises, cette considération me porte à la copier ici :

Lettre du stet/r davatier a fi sfpur Ron,

« Monsieur.

" Plusieurs personnes distinguées ont admiré les de\iM' « que \ous avez eu la bonté de nous envoyer; mais, jemecrob obligé de vous dire que M. Robinson a paru plus porté pour • la devise de la nianire toinbé(» au désert ([ue pour celle qiu' « vous avez préférée à toutes les autres. Peut-étn» que cet il- «' lustre étantcomme il est, protecteur des livres saerés, je \ou\ dire ministre du saint Evangile aussi bien (jue ministre d'Ktnt. ^ il aura été plus porté pour eequi sort de cette source. (ic|Kii- •^ dant, 3Ionsieur, comme je fais l'ouvrage à mes déjK'iis.j^' suivrai plutôt ce qui aura une approbation générale qu'un sentiment particulier, etc.

Ca\amkr.

« A Stockholm, le :j() mai .n. st.) HiO(J. »

SL'K LA XAllflE lŒS UEVISK:r. 221

Fratjmcnf de la rtiponse que je fis à cel extrait de la lettre du siettr Cavalier.

« 3Ionsieui%

K Quand vous iic m'auriez pas fait confidence de la cause à « laquelle vous attribuez la préférence que M. Bobinson donne « à la devise de la manne, je n'en eusse pas fait un autre jugc- « ment que le vôtre, et vous avez frappé au but en rapportant •« cela au caractère théologique. J'aurois, tout le premier, donné « moi-même dans le sentiment de M. Bobinson ; mais l'intérêt « de la cause, je veux dire Yesprit de devine^ l'a emporté dans « mon esprit par-dessus toutes autres considérations. Il s'agit •« de choisir, entre toutes les devises proposées, celle sur la- « quelle il y a le moins à gloser et à reprendre ; or, constam- « ment des quati*e que j'ai produites, c'est celle que j'ai préfé- " rée, à qui cet avantage convient le mieux. Elle est noble, " elle est simple, et elle est intelligible par elle-même ; les au-

- très, et particulièrement celle qui a eu le bonheur de plaire " à 3f . Bobinson , ont bien quelque chose de chatouillant û

• cause de la sainteté de leur source, mais elles ont chacune " un faible que cette première n'a point. Le Kikajon de Jonas a ■> en soi de la bassesse, et si je ne l'ai pas rejeté entière- " meut, cela ne vient que de ce que l'emploi qu'en a fait le

• Saint-Esprit relève en quelque sorte ce qu'il semble y avoir " d'abject dans cette image; mais, enliu, cette image est tou- ^ jours basse en elle-même. Le Chariot d'Elie a un vide qui de-

- mande absolument un commentaire^ et la devise doit porter " d'elle-même toute son explication ; de prétendre remplir ce ^ char de la figure de la reine, ce seroit (si j'ose m* exprimer « ainsi) comme placer deux prédicateurs dans une chaire, " c'cst-à-d're faire une répétition et tomber dans le pléonasme; carie portrait de la reine est originalement dans la médaille même, et le revers ne doit ramener votre sujet qu'en

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« symbole. La tnanne, enfin, a deux faibles : premièrement k « peinture qu'on en peut faire dans un aussi petit tenvin que « seroit le disque d*une médaille» présentera plutôt k Tespril « des spectateurs Timage d'une neige que celle d'une flROJuie, par « cette raison que la première est un météore que nous Toyoos « immanqnaUement plusieurs lois tous les hÎTen, aa fieu qu"! « 7aprè8de4,000anBquerautrene8evoitplQsdntoiit(l);flt»^ « en second lieu, le| mot que j'ai donné pour Ame àeettedevae « n'est ni rers, ni portion de vers, condition que j*ai « tant être une de celles qui contribuent le plus à la « tion d'une deyise. Ces deux incouTénients floàt inecotaria* « Ues et ne se trouvent point dans la devise de rOîasaw A Jtttt radU. Si, néanmoins, nonobstant tontes ces raiaoBS, vos «■§ <« persistent dans leur sentiment, je ne m'y oppoaeni pHi « parce que je vous avoue encore une Mb que j'ai d*abovd ci m le même penchant que H. Bobinson, et voos pouvei « déterminer d'autant plutôt à cette préftrence que le « que j'ai choisi pour Ame, est tiré de ce célèbre endroit d» « saint Paul (1 Cor. IX, 22), qui fût comme toute celle de m « saint apôtre, et sur quoi aussi quelqu'un {PamI nmrtÊs) i « fait autrefois cet excellent distique, en forme d'épitapbe << pour son tombeau :

Quisjacet hic f Nullus ; tumulo quis conditus i Omnis ; Omnibus omnis erat^ qui sibi .nullus erat,

« Je suis, Monsieur, etc.

Il m'a paru, par des lettres subséquentes de M. Bumpf, qne Ton se rangeoit à mon opinion, et que ma devise de V(H$esni^ Paradis seroit frappée au derrière de la médaille de la reine ; mais je ne saurois dire si cela fut exécuté, à cause d*un dépiri tout subit du sieur Cavalier, précédé d*une petite brouiDeric

(1) La manne des apoUiicaires fxX d'une tout autri* natun*. i .VW« et

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